Jonathan Levin, éditorialiste à Bloomberg Opinion, met en garde contre le brouillage des frontières entre Banques centrales et ministères des Finances, provoqué par la hausse de la dette publique. Pendant trois décennies, le cadre institutionnel séparait clairement politique monétaire et gestion de la dette, mais cette indépendance est désormais compromise. La crise financière mondiale et la pandémie de COVID-19 ont accéléré cette tendance, faisant passer les Banques centrales d’intervenants ponctuels à partenaires permanents des Finances publiques. Kevin Warsh, nouveau président de la Réserve fédérale, et la Banque d’Angleterre font face à ce défi structurel, dans un contexte où les tarifs douaniers américains compliquent davantage la donne. Selon Levin, le risque principal réside dans la prime de risque souveraine : si les investisseurs perçoivent une érosion de l’indépendance de la Banque centrale, les coûts d’emprunt augmentent de manière auto-renforçante.
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