Qivalis obtient sa licence EMI : un stablecoin euro made in Europe

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Le consortium bancaire européen Qivalis, qui regroupe désormais 37 banques issues de 15 pays, a décroché le 14 octobre 2026 son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la DNB. Une étape réglementaire décisive avant le lancement, attendu au second semestre, de son stablecoin libellé en euros et conforme à MiCA.

🔑 En bref

  • Qivalis a obtenu le 14 octobre 2026 une licence EMI (établissement de monnaie électronique) auprès de De Nederlandsche Bank
  • Le consortium compte désormais 37 banques membres réparties dans 15 pays européens
  • Le stablecoin euro prévu sera adossé 1:1 à l’euro, sans intérêt, conformément au règlement MiCA
  • Le lancement effectif reste soumis à la publication préalable du livre blanc réglementaire
  • Le projet vise à contrer la domination du dollar, qui capte 99,8 % des transactions en stablecoins

Un agrément EMI sous la supervision de la DNB

Après des mois de préparation réglementaire, Qivalis a reçu de la De Nederlandsche Bank (DNB), la banque centrale néerlandaise, son agrément d’établissement de monnaie électronique (Electronic Money Institution, EMI). Cette licence, délivrée le 14 octobre 2026, autorise la société à émettre des jetons de monnaie électronique (Electronic Money Tokens, EMT) libellés en euros et adossés 1:1 à la devise unique. Les détenteurs pourront les échanger à leur valeur faciale à tout moment, conformément aux exigences du règlement européen sur les crypto-actifs (MiCA), qui interdit par ailleurs le versement d’intérêts sur les EMT.

Avant toute émission effective, Qivalis devra publier un livre blanc détaillant les caractéristiques techniques et juridiques du token, comme l’impose MiCA. La société prévoit un lancement au second semestre 2026, avec une distribution via les banques membres, les principales plateformes d’échange de cryptomonnaies et les fournisseurs de services de paiement.

Un consortium européen en pleine expansion

Fondé le 25 septembre 2025 par neuf banques européennes — Banca Sella, CaixaBank, Danske Bank, DekaBank, ING, KBC, Raiffeisen Bank International, SEB et UniCredit — le consortium s’est depuis étoffé de manière significative. BNP Paribas a officiellement rejoint l’alliance le 1er décembre 2025, portant à dix le nombre de fondateurs élargis, avant que l’alliance ne compte désormais 37 banques membres couvrant 15 pays européens.

JalonDateÉvénement
Fondation initiale25 sept. 20259 banques lancent le consortium
Élargissement1er déc. 2025BNP Paribas entre dans l’alliance
OfficialisationFin 2025Nom Qivalis et gouvernance définis
Agrément EMI14 oct. 2026Licence DNB obtenue
Lancement prévuS2 2026Émission du stablecoin euro

Le conseil de surveillance est présidé par Sir Howard Davies, ancien dirigeant de la Financial Services Authority (1997-2003), ex-directeur de la London School of Economics (2003-2011) et ancien président de RBS/NatWest (2015-2024), anobli en 1999 pour ses services à la régulation financière. Le consortium reste par ailleurs ouvert à l’adhésion de nouvelles banques européennes.

Fireblocks aux manettes techniques

Pour la couche technique, Qivalis a sélectionné Fireblocks comme fournisseur d’infrastructure d’actifs numériques, une référence du secteur utilisée par de nombreuses institutions financières. L’équipe dirigeante combine une expertise réglementaire et crypto poussée : le directeur général Jan-Oliver Sell a notamment dirigé Coinbase Germany, où il a obtenu la première licence de garde de cryptomonnaies jamais émise par le régulateur allemand BaFin, après des postes de direction chez Binance et iFunded. Le directeur financier Floris Lugt vient pour sa part d’ING, où il pilotait les actifs numériques wholesale banking.

« La monnaie de l’Europe mérite les règles de l’Europe, onchain. Nous croyons que l’Europe devrait disposer d’un actif de règlement onchain libellé en euros, émis sous le droit européen et soumis aux normes réglementaires européennes. »

Jan-Oliver Sell, directeur général de Qivalis

« Cette infrastructure est essentielle si l’Europe veut rester compétitive à l’échelle mondiale dans l’économie numérique tout en préservant son indépendance économique. Nous ne construisons pas seulement des rails de paiement ; nous veillons à ce que les valeurs européennes en matière de protection des données, de stabilité financière et de conformité réglementaire soient intégrées dans l’avenir du prochain niveau de monnaie numérique. »

Sir Howard Davies, président du conseil de surveillance de Qivalis

Un enjeu de souveraineté monétaire face au dollar

Au-delà de l’aspect technique, Qivalis inscrit son projet dans une logique de souveraineté monétaire européenne. Dans un podcast Fintech Garden, Jan-Oliver Sell a rappelé que près de 99,8 % des transactions en stablecoins s’effectuent en dollars, alors qu’environ un quart de l’activité mondiale en stablecoins provient géographiquement d’Europe. Ce décalage alimente, selon lui, un risque réel de « dollarisation » de la finance européenne : si les banques du Vieux Continent migrent leurs processus sur blockchain et règlent tout en stablecoins adossés au billet vert, elles convertissent de facto leurs actifs en bons du Trésor américains et assèchent le système financier européen.

Pour Sell, l’obstacle principal n’est plus technologique mais réside dans la liquidité. Le stablecoin euro de Qivalis vise précisément à fournir cette profondeur de marché manquante, en permettant des paiements transfrontaliers 24/7, quasi instantanés et à faible coût, ainsi que des cas d’usage programmables, du règlement d’actifs tokenisés à la gestion de la chaîne d’approvisionnement. Le consortium affiche ainsi l’ambition de stimuler l’innovation dans les paiements, le règlement et les actifs numériques à l’échelle du continent.


Conclusion

Avec son agrément EMI néerlandais, Qivalis devient l’un des projets de stablecoin euro les plus avancés du continent, à la fois par la solidité de son consortium bancaire et par la conformité réglementaire de son architecture. Le lancement effectif, attendu au second semestre 2026, constituera un test grandeur nature : si la liquidité suit et que les utilisateurs institutionnels adoptent l’EMT, le projet pourrait rebattre les cartes du marché des stablecoins, aujourd’hui massivement dominé par l’USDC et l’USDT. À l’inverse, un déploiement trop lent ou un manque d’intégration côté banques membres risquerait de laisser le champ libre aux initiatives adossées au dollar.

Pour l’Europe, l’enjeu dépasse la simple commodité technique : il s’agit de préserver son autonomie monétaire à l’ère numérique. La réussite — ou non — de Qivalis dira si le continent est capable de produire, à l’échelle, une infrastructure de paiement onchain réellement compétitive face aux géants américains du secteur.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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