OpenAI a sécurisé une première tranche d’environ 11 milliards de dollars dans un tour de financement qui valorise l’entreprise à 1 250 milliards de dollars. Ce chiffre marque un recul par rapport aux 1 400 milliards évoqués au départ, alors que le marché public de l’intelligence artificielle se montre plus prudent, que l’introduction en bourse a été repoussée et qu’Anthropic prépare sa propre cotation.
🔑 En bref
- Première tranche d’environ 11 milliards de dollars encaissée, pour un montant total pouvant atteindre 20 milliards.
- Valorisation fixée à 1 250 milliards de dollars, soit 150 milliards de moins que la valeur discutée au départ.
- Introduction en bourse d’OpenAI potentiellement repoussée à 2027.
- Anthropic visée pour une cotation en novembre 2026, avec des valorisations discutées entre 1 200 et 1 500 milliards de dollars.
Une levée réduite dans un contexte plus exigeant
Selon Bloomberg, les fonds ont été virés à OpenAI vendredi, à l’issue d’un premier closing qui ne représente qu’une étape. Le montant total de ce tour pourrait atteindre 20 milliards de dollars, la finalisation étant attendue dans les semaines à venir. Selon The Verge, cette valorisation placerait OpenAI parmi les entreprises les plus valorisées au monde. La collecte fait suite à plus d’un mois de discussions, durant lesquelles les termes ont été revus à la baisse.
Au départ, OpenAI cherchait à réunir 30 milliards de dollars ou davantage à une valorisation de 1 400 milliards de dollars. La valeur discutée a ensuite reculé de 150 milliards de dollars, pour s’établir à 1 250 milliards, tandis que l’objectif de 30 milliards est devenu incertain. Bloomberg relie ce changement à un recul marqué du marché public des valeurs liées à l’IA.
Les sources ne concordent pas entièrement sur le point de départ. Bloomberg et le Wall Street Journal évoquent un objectif initial de 1 400 milliards, alors que Reuters indique une valorisation recherchée descendue depuis 1 500 milliards, avec un objectif pouvant atteindre 30 milliards. Les documents ne précisent pas si cet écart reflète des discussions distinctes, des niveaux différents selon les investisseurs ou une évolution des termes. Dans tous les cas, la valeur retenue est de 1 250 milliards.
| Étape | Montant | Valorisation |
|---|---|---|
| Tour de mars 2026 (réalisé) | 122 milliards | 852 milliards |
| Objectif initial de novembre | 30 milliards ou plus | 1 400 milliards (1 500 selon Reuters) |
| Première tranche (novembre 2026) | environ 11 milliards | 1 250 milliards |
| Total pouvant être atteint | jusqu’à 20 milliards | 1 250 milliards |
En mars 2026, OpenAI avait levé 122 milliards de dollars à une valorisation de 852 milliards, après réception effective des fonds. L’opération de novembre constitue donc une nouvelle étape à une valorisation nettement supérieure, dans un délai court.

Des investisseurs nombreux, des confirmations partielles
Plusieurs fonds ont participé à la première tranche. Bloomberg cite Coatue Management et T. Rowe Price parmi les contributeurs de ce premier closing. SoftBank Group, Sequoia Capital, Founders Fund et Andreessen Horowitz figurent également parmi les investisseurs du tour, et un syndicat d’investisseurs des Émirats arabes unis s’est joint à l’opération. Reuters indique par ailleurs que SoftBank et MGX y ont participé, tandis que Coatue était pressenti pour codiriger l’opération au stade des négociations.
- Confirmés par Bloomberg : Coatue Management, T. Rowe Price.
- Mentionnés par Reuters : SoftBank, MGX.
- Refus de commentaire : OpenAI, SoftBank, Founders Fund, T. Rowe Price.
- Sans réponse immédiate : Coatue, Andreessen Horowitz, Sequoia.
- Non confirmé : BlackRock, dont la participation restait au stade des discussions.
OpenAI travaille également avec des banques d’investissement pour solliciter des investisseurs fortunés et des particuliers. Cette diversification de la base d’actionnaires intervient avant une éventuelle cotation, et renforce la liquidité potentielle du capital.
Marché hostile et introduction en bourse décalée
Le repli des ambitions intervient dans un marché devenu moins favorable aux entreprises d’IA. Les valeurs technologiques ont reculé après des résultats trimestriels contrastés de Meta Platforms et de Tesla, nourrissant la crainte que les dépenses liées à l’intelligence artificielle deviennent excessives. Les investisseurs s’interrogent notamment sur le coût des infrastructures physiques nécessaires à l’entraînement et à l’exploitation de modèles toujours plus complexes.
La hausse des taux d’intérêt, la volatilité des valeurs technologiques et l’examen des investissements dans les centres de données compliquent les opérations de financement et d’introduction en bourse. Selon Bloomberg et The Verge, l’opinion publique s’est durcie à l’égard des entreprises d’IA et des projets de centres de données à la suite des élections de mi-mandat américaines, avec un risque de nouvelles contraintes à la construction. Bloomberg estime que ce refroidissement a contribué à la réduction de la taille et de la valorisation du tour.
Sur le calendrier, la directrice financière Sarah Friar a indiqué à des employés que l’introduction en bourse pourrait intervenir en 2027, selon CNBC. Ce délai contraste avec les propos plus généraux de Sam Altman, qui n’avait donné aucun échéancier précis lorsqu’il expliquait qu’OpenAI attendait de pouvoir formuler avec davantage de certitude ses affirmations sur la sécurité de ses modèles :
« Je pense aussi que ce serait un peu mauvais pour le monde si OpenAI attendait trop longtemps pour entrer en bourse. »
Sam Altman, directeur général d’OpenAI
Selon The Verge, il a récemment confirmé que l’entreprise privilégiait la sécurité plutôt qu’une marche forcée vers la cotation.
Anthropic, référence concurrente et calendrier serré
CNBC présente la collecte comme un tour « opportuniste » pouvant servir de transition vers une éventuelle introduction en bourse. Elle doit fournir du capital supplémentaire avant l’entrée d’Anthropic en bourse et établir une référence de valorisation face à son rival, l’éditeur de Claude. Reuters indique qu’OpenAI voulait obtenir ses engagements avant que les documents d’introduction d’Anthropic ne permettent des comparaisons plus détaillées.
Anthropic a déposé son formulaire S-1 la semaine précédente, avec une introduction attendue en novembre 2026. Ses valorisations ont elles aussi été révisées à la baisse, comme le montre le tableau ci-dessous.
| Source | Valorisation évoquée |
|---|---|
| Ambition initiale de l’entreprise | jusqu’à 2 000 milliards |
| Pression de certains investisseurs | 1 500 milliards |
| Fourchette des acheteurs potentiels (Bloomberg) | 1 200 à 1 300 milliards |
| Estimation de certains investisseurs (Reuters) | environ 1 500 milliards |
Les sources ne fournissent donc pas de fourchette unique pour Anthropic. Parallèlement, OpenAI négocie avec les Émirats arabes unis un accord commercial destiné à sécuriser une capacité de calcul supplémentaire, selon CNBC. Cet accord répond aux besoins d’infrastructure d’une activité en expansion, qui exige d’importants investissements dans les ressources de calcul et le développement de modèles toujours plus complexes.
Perspectives et scénarios
La levée d’OpenAI illustre une tension : la demande de capital reste massive, mais la valorisation doit désormais composer avec un marché plus exigeant. Le scénario central repose sur la finalisation du tour à au moins 20 milliards de dollars et sur le succès de la cotation d’Anthropic, qui fournira une référence publique directe pour comparer les deux entreprises.
Un scénario haussier suppose une stabilisation des valeurs technologiques, la confirmation de l’objectif de 30 milliards et une introduction en bourse plus rapide que prévu. À l’inverse, un scénario baissier verrait le tour se réduire davantage, l’introduction en bourse glisser au-delà de 2027 et les valorisations de référence se comprimer. Les investisseurs devront surveiller les résultats trimestriels des grands acteurs, l’évolution des taux et la réaction du marché au S-1 d’Anthropic.
Sources
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.


