Inflation US : le dollar bondit, Wall Street recule en septembre

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L’inflation américaine a surpris à la hausse en septembre, le CPI Core progressant de 0,3 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, au-delà des attentes. Le dollar s’est envolé, les taux longs ont sauté et Wall Street a reculé, les opérateurs intégrant désormais une probabilité accrue d’une nouvelle hausse des taux de la Fed.

🔑 En bref

  • L’inflation Core US a atteint 2,6 % sur un an en septembre, au-delà des 2,5 % attendus.
  • Le dollar index a bondi de 0,68 %, à son plus haut depuis avril 2025.
  • Le rendement du Trésor US à 2 ans a gagné 7,2 points de base, à 4,87 %.
  • Les marchés portent à ~41 % la probabilité d’une hausse de taux de la Fed ce mois-ci (contre ~20 %).
  • Le Dow a perdu 0,17 %, le S&P 500 -0,94 % et le Nasdaq -1,3 %.

Un CPI Core plus chaud que prévu

Les chiffres publiés mercredi par le Bureau of Labor Statistics (BLS, ministère américain du Travail) ont douché l’optimisme d’un reflux durable de l’inflation aux États-Unis. L’indice des prix à la consommation dit CPI Core — qui exclut les composantes volatiles de l’énergie et de l’alimentation — a progressé de 0,3 % entre août et septembre, alors que le consensus Reuters tablait sur une hausse de 0,2 %.

Sur un an, l’inflation Core s’établit à 2,6 %, au-dessus des prévisions de 2,5 %. L’indice global a, lui, avancé de 3,7 % sur un an (vs 3,6 % attendu). Le détail montre que la hausse ne provient pas uniquement de l’énergie : elle se diffuse à d’autres catégories, ce qui inquiète particulièrement la Réserve fédérale.

Selon les données du BLS, l’énergie et l’alimentation ont contribué à la hausse du panier global, tandis que les services — notamment le logement et les soins médicaux — sont restés fermes. Cette configuration alimente les craintes que les hausses de tarifs douaniers et les perturbations liées aux tensions géopolitiques ne se diffusent dans l’économie réelle.

« Le chiffre était plus élevé que prévu, pas seulement pour l’énergie mais aussi ailleurs, ce qui suggère que les hausses de tarifs et les perturbations liées aux conflits se répercutent sur d’autres catégories. »

Mark Hackett, stratège en chef chez Nationwide

Le dollar s’envole, les changes sous pression

L’indice DXY — qui mesure le dollar face à un panier de six devises majeures — a bondi de 0,68 % mercredi, atteignant son plus haut niveau depuis avril 2025. Ce mouvement reflète l’écart grandissant de politique monétaire entre une Fed qui semble devoir resserrer et des banques centrales européennes et britanniques qui, au contraire, assouplissent.

DeviseVariationCours
Euro (EUR/USD)-0,73 %1,1117
Livre sterling (GBP/USD)-0,81 %1,3145
Yen japonais (USD/JPY)+0,35 %158,87

L’euro a reculé à 1,1117 dollar, la livre sterling a perdu 0,81 % à 1,3145 dollar, tandis que le yen japonais, traditionnellement sensible aux taux américains, s’est affaibli à 158,87 yens pour un dollar.

Obligations : les taux courts s’ajustent à la Fed

Sur le marché obligataire, les rendements des bons du Trésor américain à deux ans — les plus sensibles aux anticipations de politique monétaire — ont sauté de 7,2 points de base à 4,87 %. Le rendement à dix ans a également progressé, mais dans une proportion moindre, ce qui a laissé la courbe à peu près inchangée.

Cette pentification limitée traduit l’idée que les investisseurs acceptent désormais une inflation plus persistante. Les contrats à terme sur les Fed Funds ont profondément révisé leur scénario : la probabilité implicite d’une hausse des taux dès ce mois-ci est passée d’environ 20 % avant la publication à ~41 % après, selon les données LSEG.

« Les marchés ont raison de supposer que la politique devra devenir beaucoup plus restrictive pour ramener l’inflation à son objectif. La question est de savoir si la Fed est prête à resserrer autant que l’exige la situation inflationniste. »

George Brown, économiste senior chez Schroders

Wall Street dans le rouge, résultats bancaires contrastés

La réaction des actions américaines a été nette. Le Dow Jones a cédé 0,17 %, le S&P 500 a reculé de 0,94 % et le Nasdaq Composite, plus exposé aux valeurs de croissance sensibles aux taux, a abandonné 1,3 %. Les secteurs de la technologie et de l’industrie ont été les plus pénalisés, tandis que la santé, les biens de consommation courante et l’énergie ont mieux résisté.

IndiceVariation séanceSecteur exposé
Dow Jones-0,17 %Industrie, tech
S&P 500-0,94 %Tech, cycliques
Nasdaq Composite-1,30 %Croissance, IA
Stoxx 600 (Europe)+0,47 %Diversifié
MSCI All-World-0,77 %Global

En Europe, le Stoxx 600 a terminé en hausse de 0,47 %, effaçant une partie des pertes essuyées en cours de séance après la publication du CPI. Le MSCI All-World a, lui, reculé de 0,77 %. Les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq indiquaient des baisses respectives de 0,25 % et 0,5 %.

Côté résultats trimestriels, Bank of America a vu ses bénéfices chuter au troisième trimestre, tandis que Morgan Stanley a dépassé les prévisions grâce à de solides revenus du trading actions et de la gestion de patrimoine — un contraste qui rappelle la prime aux maisons les plus exposées aux marchés de capitaux.

Or et pétrole : deux lectures opposées

Le prix de l’or au comptant a reculé de 1,63 % à 4 088,96 dollars l’once, pénalisé par l’anticipation de taux directeurs plus élevés qui rend le métal précieux moins attractif (l’or ne verse pas de coupon). À l’inverse, les cours du pétrole sont restés proches de leurs plus hauts de près de deux semaines, le brut Brent s’affichant aux alentours de 106 dollars le baril.

Le soutien pétrolier provient du contexte géopolitique : deux navires ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz et des responsables iraniens ont annoncé de nouvelles tactiques ciblant les navires marchands, faisant craindre des perturbations des approvisionnements énergétiques.


Conclusion : la Fed dos au mur

La publication du CPI de septembre rebat les cartes du scénario monétaire. Les marchés intègrent désormais un risque réel d’une nouvelle hausse de taux à court terme, ce qui soutient le dollar et pénalise la duration obligataire ainsi que les valeurs de croissance. Pour la Fed, l’équation est inconfortable : maintenir une politique accommodante entretient l’inflation, tandis que resserrer davantage menace la croissance.

Dans les semaines à venir, les yeux se tourneront vers les prochains chiffres d’inflation, les ventes au détail et les déclarations des membres du FOMC pour jauger si le mouvement de taux observé mercredi est durable ou simplement technique. La réunion de ce mois-ci s’annonce comme l’une des plus scrutées de l’année.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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