Ethereum: course aux 128 bits de sécurité sur les zkEVM avant 2026

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La Fondation Ethereum a officialisé le 18 décembre 2025 la fin de la phase de latence pour les preuves zkEVM, mais un problème bien plus structurel émerge: plusieurs conjectures cryptographiques au cœur des systèmes STARK ont été brisées, poussant l’organisation à imposer une nouvelle barre de sécurité à 128 bits avant le 1er décembre 2026.

🔑 En bref

  • Temps de génération d’une preuve: de 16 minutes à 16 secondes, coût divisé par 45
  • 99 % des blocs mainnet désormais prouvables en moins de 10 secondes
  • Plusieurs hypothèses de proximité des SNARK/STARK ont été mathématiquement invalidées
  • Trois jalons durs: soundcalc (février 2026), 100 bits (mai 2026), 128 bits (décembre 2026)
  • JPMorgan lance son premier fonds monétaire tokenisé (100 M$) sur Ethereum

Vitesse acquise, sécurité à reconstruire

En une année, les délais de génération d’une preuve pour un bloc Ethereum sont passés de 16 minutes à 16 secondes, les coûts ont chuté d’un facteur 45 et 99 % des blocs mainnet peuvent désormais être prouvés en moins de 10 secondes sur le matériel cible. Ces chiffres, publiés par la Fondation Ethereum le 18 décembre 2025, ont été mesurés sur le tableau de bord public EthProofs. La performance semblait acter la fin officielle de la phase de latence de la preuve en temps réel.

Mais la fondation a aussitôt posé un caveat: la vitesse sans sûreté est une responsabilité, pas un acquis. Au cours des derniers mois, plusieurs conjectures mathématiques sur lesquelles reposent de nombreux zkEVMs à base de STARK ont commencé à être infirmées. En particulier, les hypothèses de proximité utilisées dans les tests de faible degré des SNARK et STARK basés sur les fonctions de hachage ont été mathématiquement brisées, abaissant le niveau de sécurité effectif en bits des jeux de paramètres qui en dépendaient.

« Si quelqu’un peut forger une preuve zkEVM, il peut forger l’arbitraire: miner des jetons à partir de rien, réécrire l’état, voler des fonds. »

Fondation Ethereum, billet de blog du 18 décembre 2025

Trois jalons durs et un outil canonique

Pour répondre à cette menace, la fondation a structuré sa réponse autour de trois jalons calendaires présentés le 18 décembre 2025 puis détaillés en février par Dmitry Khovratovich, Arantxa Zapico et George Kadianakis de l’équipe de recherche en cryptographie. L’outil central est soundcalc, un calculateur public qui évalue la sécurité d’un système de preuve à partir des bornes cryptanalytiques courantes et des paramètres du schéma: chaque équipe doit y intégrer ses circuits, et toute nouvelle attaque peut être immédiatement répercutée sur les estimations.

M1, M2, M3: calendrier et exigences

JalonÉchéanceExigence principaleTaille de preuve
M1Fin février 2026Intégration des circuits dans soundcalc
M2 (Glamsterdam)Fin mai 2026≥ 100 bits de sécurité prouvable via soundcalc + esquisse d’architecture≤ 600 KiB
M31er décembre 2026128 bits prouvables + argument de sécurité formel≤ 300 KiB

Le jalon M3 recule discrètement par rapport à la feuille de route initiale qui tablait déjà sur 128 bits et 300 KiB pour décembre 2025. Le décalage à décembre 2026 laisse le temps aux revues avant les fêtes, selon l’équipe de recherche. M2 fonctionne comme un palier intermédiaire à 100 bits, jugés suffisants pour un déploiement précoce mais incompatibles avec une mise en production sensible.

Un whitepaper d’architecture en trois étapes

En parallèle, les équipes doivent publier un document d’architecture zkVM en blanc en trois jalons: W1 au 1er mai avec une vue d’ensemble (segmentation, structure récursive); W2 au 1er septembre avec les détails (bus, mémoire, fetch d’instruction, récursion); W3 au 1er décembre avec un argument de sécurité formel prouvant que le zkVM constitue bien un argument de connaissance.

WHIR, JaggedPCS et le défi better.codes

La fondation s’appuie sur des avancées cryptographiques récentes pour rendre ces objectifs atteignables. WHIR, un nouveau test de proximité Reed-Solomon servant aussi de schéma d’engagement polynomial multilinéaire, offre une sécurité post-quantique transparente et produit des preuves plus petites et une vérification plus rapide que les schémas FRI traditionnels à niveau de sécurité équivalent. Le billet cite également JaggedPCS, un ensemble de techniques évitant le sur-remplissage lors de l’encodage des traces en polynômes: les prouveurs évitent du travail inutile tout en produisant des engagements concis.

Un défi public, better.codes, mesure en temps réel l’écart de sécurité sur des paramètres précis. Le 21 août à 15h44 UTC, le tableau de bord affichait pour le profil koalaIRS12 (paramètres fixes pour une réduction Reed-Solomon entrelacée) un certificat inférieur de 63,99 bits et un certificat supérieur de 116,13 bits, laissant 52,14 bits non résolus après neuf soumissions promues de sept solveurs. L’objectif de production exige 128 bits au niveau système, ce qui reste hors de portée tant que l’intervalle n’est pas refermé.

« Une fois que les équipes ont atteint ces objectifs et que les architectures zkVM se stabilisent, le travail de vérification formelle que nous avons investi peut atteindre son plein potentiel. »

George Kadianakis, équipe cryptographique de la Fondation Ethereum

Ethereum mise sur l’adoption institutionnelle

En parallèle du chantier cryptographique, la fondation a lancé en octobre un portail dédié aux institutions financières: « Ethereum for Institutions ». La plateforme met en avant la fiabilité décennale du réseau, avec plus de 1,1 million de validateurs et une disponibilité continue. Elle souligne le rôle des preuves à connaissance nulle, du chiffrement entièrement homomorphe et des environnements d’exécution de confiance pour les applications conformes.

JPMorgan ouvre la voie des fonds monétaires tokenisés

MétriqueValeur
Part des actifs réels tokenisés hébergés sur Ethereum66 % (source: RWA.xyz)
Apport initial au fonds MONY (JPMorgan)100 M$
Placement minimum requis1 M$ (investisseurs qualifiés)
Plateforme de distributionKinexys Digital Assets

John Donohue, responsable de la gestion d’actifs de JPMorgan, a déclaré au Wall Street Journal qu’il existe un « intérêt massif » de la clientèle pour la tokenisation et que la banque entend diriger le secteur avec des offres conçues pour reproduire les fonds monétaires traditionnels sur la blockchain.


Conclusion: la sécurité comme prérequis, pas comme garantie

Le repositionnement de la Fondation Ethereum replace la barre cryptographique au centre du projet. Atteindre 128 bits prouvables sur soundcalc et publier un argument formel pour la topologie de récursion ne clôt pas le débat: il ouvre un cycle d’audit et de revue où chaque rupture de conjecture devra être intégrée. Les whitepapers W1 à W3 et le défi better.codes transforment la sécurité en processus vivant plutôt qu’en chiffre marketing.

Si les jalons M1 et M2 sont tenus, le déploiement d’un zkEVM avec 100 bits serait crédible dès le milieu de 2026. Si M3 est manqué, le réseau resterait prisonnier d’un compromis entre coût de preuve et confiance cryptographique. Dans les deux cas, l’institutionnel — JPMorgan en tête — n’arrive qu’après la garantie mathématique, et non avant.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

Telemac
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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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