Datavault AI chute de 49,55 % : 817 BTC bloqués chez Biconomy

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Le titre Datavault AI a chuté de 49,55 % mardi 27 octobre 2026, à 0,067 dollar, après l’aveu d’un blocage de bitcoin détenus chez la plateforme Biconomy. Le dossier révèle aussi une correction comptable majeure : ces bitcoin n’auraient pas dû figurer parmi les actifs crypto de l’entreprise.

🔑 En bref

  • Environ 244 millions d’actions échangées lors de la séance du 27 octobre, pour une baisse de 49,55 %.
  • 1 309,04 BTC crédités par Scilex sur le compte de Datavault AI chez Biconomy, dont 491,4 BTC revendus pour 40,5 millions de dollars.
  • Environ 817 BTC immobilisés sur Biconomy, sans possibilité de transfert vers un portefeuille externe depuis juin 2026.
  • États financiers à corriger : actifs réduits de 92,2 millions de dollars au 31 décembre 2025 et de 49 millions de dollars au 30 juin 2026.

Une demande de retrait restée sans suite

Datavault AI, société cotée présentée comme active dans les données et l’intelligence artificielle, avait intégré des bitcoin à sa trésorerie. Selon le dépôt effectué auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine le lundi 26 octobre 2026, une demande visant à transférer ces bitcoin depuis un portefeuille de la plateforme Biconomy vers un compte externe avait été adressée en juin 2026. À la date du dépôt, la procédure était toujours en attente.

La difficulté d’accès a donc duré environ quatre mois entre la demande initiale et la publication du dépôt. Le blocage concerne des fonds que la société comptabilisait jusqu’ici comme des liquidités mobilisables pour soutenir la poursuite de ses activités.

Un problème de garde, non de marché

Le cas illustre la différence entre la propriété d’un actif, sa garde (custody) et sa disponibilité effective. Un solde affiché sur le compte d’une plateforme n’est pas équivalent à des bitcoin transférables sur la blockchain publique. Lorsque la plateforme ne permet pas le retrait, l’actif existe dans les écritures, mais pas dans les faits pour l’entreprise.


Un investissement de Scilex réglé hors chaîne

Le dossier remonte à un accord conclu en septembre 2025 entre Datavault AI et Scilex Holding Company. Selon cet accord, Scilex devait acheter pour 150 millions de dollars d’actions Datavault AI ainsi que des bons de souscription, en utilisant des bitcoin. Le rapport financier de Scilex daté de juin indique que la société a vendu pour 200 millions de dollars les actions de sa filiale Semnur à Biconomy, contre des bitcoin. Scilex a ensuite utilisé 150 millions de dollars de ces fonds pour acquérir des titres Datavault AI.

Les transferts ont été réalisés hors chaîne, ce qui signifie que les soldes ont été modifiés à l’intérieur de la plateforme d’échange, sans transaction correspondante sur la blockchain de Bitcoin. Scilex a ainsi crédité 1 309,04 BTC sur le compte de Datavault AI chez Biconomy. Datavault AI a ensuite revendu 491,4 BTC à Scilex contre environ 40,5 millions de dollars en espèces, soit un prix implicite d’environ 82 400 dollars par bitcoin, cohérent avec le cours de marché cité.

ÉlémentVolume ou montantCommentaire
BTC crédités à Datavault AI1 309,04 BTCTransferts hors chaîne
BTC revendus à Scilex491,4 BTCContre environ 40,5 M$ en espèces
BTC immobilisés sur Biconomy817,64 BTCSans retrait externe possible

Ground News décrit ce solde comme environ 817 BTC immobilisés ou impossibles à retirer. Les deux chiffres sont cohérents, le premier étant plus précis, car il découle directement de la différence entre les montants crédités et revendus.

Une correction comptable qui touche les capitaux propres

La question centrale ne se limite pas à l’impossibilité de transférer les bitcoin. Datavault AI a reconnu que les bitcoin crédités dans le cadre de l’investissement de Scilex n’auraient pas dû être enregistrés comme un actif crypto détenu par l’entreprise. Selon la société, il aurait fallu comptabiliser une créance due par Scilex au titre des actions acquises.

« Le bitcoin crédité dans le cadre de l’investissement de Scilex n’aurait pas dû être enregistré comme un actif crypto détenu par l’entreprise. »

Datavault AI, dépôt auprès de la SEC du 26 octobre 2026 (synthèse)

Cette reclassification retire les bitcoin du poste d’actifs crypto et réduit en contrepartie les capitaux propres des actionnaires. Les actifs totaux sont diminués de 92,2 millions de dollars au 31 décembre 2025 et de 49 millions de dollars au 30 juin 2026. La société doit désormais réexaminer la part de sa trésorerie qu’elle estimait réellement disponible.

Ce que les documents ne précisent pas

Les sources disponibles ne précisent pas la cause de la suspension. Le blocage peut être présenté comme une difficulté d’accès, mais aucun élément communiqué ne permet d’établir qu’il provient d’un incident technique, d’une contrainte de liquidité, d’un contrôle réglementaire ou d’un désaccord entre Biconomy et Datavault AI. Biconomy n’a pas détaillé le mécanisme des transferts hors chaîne ni la manière dont les soldes étaient garantis.

CoinDesk a contacté Biconomy au sujet de la demande de retrait. La plateforme n’avait pas répondu mercredi 28 octobre en fin de journée asiatique. Tant que cette réponse fait défaut, la nature exacte du blocage reste non vérifiée.

Une réaction boursière isolée

La réaction des actionnaires a été immédiate et sévère. Le titre a perdu presque la moitié de sa valeur en une seule séance, pour clôturer à 0,067 dollar, sur un volume d’environ 244 millions d’actions. Dans le même temps, le marché du bitcoin n’a pas connu de mouvement comparable. Selon le résumé de Ground News, le bitcoin se négociait autour de 80 823 dollars, et la page de suivi de Robinhood montre des niveaux proches de 80 000 dollars sur la même période.

Cette divergence indique que la baisse de DVLT est liée aux problèmes d’accès et de comptabilisation propres à Datavault AI, et non à un mouvement général du bitcoin. Plusieurs observateurs rattachent toutefois l’épisode à la multiplication des trésoreries en bitcoin dans les sociétés cotées. Ces stratégies visent à diversifier la trésorerie, mais le cas Datavault AI met en évidence les risques de garde, de contrepartie et opérationnels liés à la détention d’actifs numériques sur des plateformes tierces.

La valeur déclarée de ces positions dépend donc de leur accessibilité, et pas seulement de leur prix nominal sur le marché. Un actif qui ne peut pas être retiré ne peut pas être considéré comme disponible, quel que soit le cours du bitcoin.


Perspectives et scénarios

Trois scénarios se dessinent à court terme. Dans le premier, la plateforme débloque les 817 BTC environ, la société publie une version corrigée de ses états financiers et la confiance se rétablit progressivement. Dans le deuxième, la procédure reste bloquée plusieurs mois, ce qui prolongerait la pression sur le titre et l’incertitude sur la liquidité réelle. Dans le troisième, des ajustements comptables supplémentaires révèlent d’autres postes à réévaluer, avec un impact plus large sur les capitaux propres.

Au-delà du cas particulier, l’épisode rappelle que la détention de bitcoin par une entreprise suppose une diligence renforcée sur la garde, les contrats avec les plateformes et la traçabilité des transferts. La distinction entre propriété, garde et disponibilité devient un critère central pour les investisseurs.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

Avertissement : ce contenu est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont très volatiles : vous pouvez perdre tout votre capital. Faites toujours vos propres recherches. Mentions légales
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