Binance ciblé par une enquête fédérale pour violations de sanctions

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En septembre 2026, des procureurs fédéraux américains enquêtent sur Binance pour des transactions présumées ayant violé les sanctions contre l’Iran entre janvier 2018 et mai 2022, ravivant un dossier judiciaire déjà lourd pour la première bourse crypto mondiale.

🔑 En bref

  • Le DOJ et le bureau du procureur de Manhattan enquêtent conjointement sur Binance
  • Une plainte civile du 14 septembre 2026 vise 61 millions de dollars en USDT liés au pétrole iranien
  • Un réseau lié à Hexa Whale et Blessed Trust aurait blanchi 1,5 milliard de dollars
  • En 2023, Binance avait plaidé coupable et payé 4,3 milliards de dollars d’amende
  • La plateforme affirme que 25% de ses effectifs (~1 500 personnes) travaillent sur la conformité

Une enquête criminelle conjointe relancée en septembre 2026

Selon plusieurs sources proches du dossier citées par Bloomberg News, Reuters et CoinDesk, l’enquête est conduite conjointement par le bureau du procureur américain de Manhattan et la division criminelle du département de la Justice (DOJ) à Washington. Les autorités cherchent à déterminer si Binance a sciemment (knowingly) permis des activités de trading en violation des programmes de sanctions américains, notamment à l’encontre de l’Iran.

Les procureurs affirment qu’entre janvier 2018 et mai 2022, la plateforme a causé plus de 898 millions de dollars de transactions entre des utilisateurs américains et des utilisateurs normalement résidents en Iran. Les détails précis des flux scrutés n’ont pas été divulgués, mais le DOJ rappelle qu’une procédure fédérale peut aboutir sans aucune poursuite.

Une plainte civile visant 61 M$ en USDT

Le 14 septembre 2026, le DOJ a déposé une plainte civile de confiscation devant le tribunal de district américain pour le district sud de New York. Elle vise 61 millions de dollars en USDT (stablecoin émis par Tether) prétendument issus de ventes de pétrole brut iranien réalisées sous couvert de sanctions.

Deux sociétés enregistrées à Hong Kong sont au cœur du dispositif :

  • Hexa Whale — aurait ouvert des comptes sur Binance pour négocier les bénéfices tirés du pétrole iranien
  • Blessed Trust — aurait servi de relais dans le schéma de blanchiment selon la plainte

Le réseau aurait permis de blanchir plus de 1,5 milliard de dollars de bénéfices issus de ventes illégales. Le procureur de Manhattan n’a pas formellement mis en cause Binance dans cette procédure, les autorités pointant la misrepresentation des deux entreprises hongkongaises sur la nature réelle de leurs activités.

Le précédent de 2023 : un règlement record à 4,3 milliards

L’épisode actuel n’est pas le premier affrontement entre Binance et la justice américaine. En novembre 2023, l’OFAC (Bureau du contrôle des avoirs étrangers du Trésor) avait annoncé un règlement civil de 968 618 825 dollars avec Binance Holdings Ltd., résolvant la responsabilité potentielle de la plateforme pour 1 667 153 violations apparentes des programmes de sanctions. Entre 2017 et 2022, Binance avait participé à l’exportation de biens et services depuis les États-Unis vers des juridictions sous sanctions, ou par des personnes américaines.

ÉvénementDateMontant / Sanction
Règlement civil OFACNovembre 2023968 618 825 $
Amende pénale (Binance)Novembre 20234,3 milliards $
Condamnation Changpeng Zhao20244 mois de prison
Moniteur de conformité indépendant20235 ans
Transactions US-Iran contestées2018-2022>898 millions $
Blanchiment via Hexa Whale / Blessed Trust>1,5 milliard $
USDT sous saisie (plainte 2026)14 sept. 202661 millions $

En parallèle, Binance avait plaidé coupable à des violations des lois bancaires et accepté de conserver un moniteur de conformité indépendant pendant cinq ans. Le fondateur et ancien directeur général Changpeng Zhao (CZ) avait plaidé coupable à ne pas avoir maintenu un programme efficace de lutte contre le blanchiment, démissionné, puis purgé quatre mois de prison avant de bénéficier d’un pardon du président Donald Trump l’année suivante.

La défense de Binance et la pression politique

Dans un communiqué transmis après le dépôt de la plainte, Binance affirme ne pas permettre de transactions avec des personnes sous sanctions et dit coopérer pleinement avec les autorités. Selon la plateforme :

  • Avril 2025 : contactée par les forces de l’ordre concernant Hexa Whale et des adresses liées au financement du terrorisme
  • Juin 2025 : transmission de données KYC et de transactions
  • Août 2025 : délistage d’Hexa Whale de Binance.com
  • Janvier 2026 : offboarding de Blessed Trust après source-of-funds checks

« Nous maintenons une politique de tolérance zéro pour les violations des sanctions. Nous coopérons pleinement avec les forces de l’ordre, et nous restons engagés à éradiquer et à fermer les mauvais acteurs. »

Porte-parole de Binance, communiqué officiel

En février 2026, la plateforme publiait un chiffre destiné à marquer les esprits : 1 500 personnes, soit ~25% de ses effectifs mondiaux, travaillaient sur la conformité. Mais plusieurs épisodes récents fragilisent cette posture :

  • Février 2026 : le sénateur Richard Blumenthal lance une enquête sur 1,7 milliard de dollars de violations présumées
  • Mars 2026 : Binance dépose une plainte en diffamation contre Dow Jones (Wall Street Journal) après un rapport liant l’Iran à la plateforme
  • Avril 2026 : le New York Times rapporte que Binance a compliqué l’accès des enquêteurs à certaines données utilisateurs

Conclusion : un test de résilience pour la première bourse crypto

Cette nouvelle procédure place Binance face à un risque juridique et réputationnel considérable, à un moment où la plateforme cherche à consolider sa position post-2023. Les procureurs fédéraux peuvent décider de ne pas engager de poursuites, mais le contexte géopolitique — sanctions américaines renouvelées contre les mandataires iraniens au Moyen-Orient — maintient une pression réglementaire élevée.

Pour l’ensemble de l’industrie crypto, ce dossier confirme que la conformité aux sanctions devient un axe structurant de la supervision américaine, à l’image du cadre MiCA (Markets in Crypto-Assets) en Europe. Les plateformes centralisées devront démontrer une traçabilité irréprochable de leurs flux transfrontaliers pour conserver leur licence opérationnelle aux États-Unis.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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