La Banque centrale européenne (BCE) se réunira le 29 octobre 2026 pour décider de l’évolution de ses trois taux directeurs, après une hausse de 25 points de base intervenue en septembre. Le consensus des économistes et les cotes des marchés de prédiction convergent vers un maintien du taux de dépôt à 2,50 %, malgré une inflation zone euro ressortie à 3,8 % en septembre.
🔑 En bref
- La BCE annoncera sa décision de taux le 29 octobre 2026 à 13h15 GMT.
- Le marché parie à 92,5 % sur un maintien des taux inchangés (Polymarket).
- L’inflation zone euro a atteint 3,8 % en septembre 2026, au-dessus de l’objectif de 2 %.
- Le taux de dépôt est à 2,50 % depuis la hausse de 25 pb de septembre 2026.
- La révision du PIB zone euro prévue le 20 octobre sera scrutée avant la réunion.
Le contexte monétaire post-septembre 2026
Le 10 septembre 2026, la BCE a relevé l’ensemble de ses trois taux directeurs de 25 points de base, mettant un terme à la séquence d’assouplissement qui avait ramené le taux de dépôt de 4,00 % à 2,00 % entre septembre 2023 et juin 2026. Les nouveaux niveaux sont les suivants :

Cette décision, conforme aux attentes des économistes, a marqué le retour du resserrement monétaire après une pause d’environ trois mois. Le taux de la facilité de dépôt est ainsi ressorti à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %.
| Taux directeur | Niveau avant septembre 2026 | Niveau actuel |
|---|---|---|
| Facilité de dépôt | 2,25 % | 2,50 % |
| Opérations principales de refinancement | 2,40 % | 2,65 % |
| Facilité de prêt marginal | 2,65 % | 2,90 % |
L’inflation, moteur de la prudence
L’inflation constitue le facteur central de la décision d’octobre. Selon l’estimation flash d’Eurostat, l’inflation annuelle de la zone euro a atteint 3,8 % en septembre 2026, en hausse par rapport aux 3,2 % enregistrés en août. L’inflation énergétique a spécifiquement atteint 18,8 % en septembre. Ces chiffres dépassent significativement l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
« Après l’action décisive de la BCE le mois précédent, il n’y a pas d’urgence à relever à nouveau les taux d’intérêt ce mois-ci. »
Michael Field, chef stratège européen des marchés chez Morningstar
La composition de cette inflation soulève néanmoins une interrogation stratégique. Les taux d’intérêt plus élevés freinent la demande et le financement, mais ne peuvent pas augmenter directement l’offre d’énergie. Une poussée inflationniste liée à l’énergie plaide donc plutôt en faveur d’un maintien si les décideurs estiment que ses effets s’estomperont et que la pression sous-jacente restera contenue.
Ce que disent les marchés de prédiction
Sur Polymarket, les cotes du marché tablaient sur une probabilité de 92,5 % pour un maintien des taux inchangés en octobre, contre seulement 6 % pour une hausse de 25 points de base. Les probabilités de baisse de 25 points de base ou de baisse de 50 points de base ou plus étaient chacune estimées à 0,1 %.
| Scénario | Probabilité implicite |
|---|---|
| Maintien des taux | 92,5 % |
| Hausse de 25 pb | 6,0 % |
| Baisse de 25 pb | 0,1 % |
| Baisse de 50 pb ou plus | 0,1 % |
Le contrat se règle sur la variation, en points de base, du taux de la facilité de dépôt résultant de la réunion d’octobre, par rapport à son niveau antérieur. La source de règlement est ecb.europa.eu, avec une date limite prévue au 30 octobre 2026 à 3h59 UTC. Au 9 octobre 2026 à 9h37 UTC, le volume échangé s’élevait à 510 460 dollars, la liquidité à 117 440 dollars et les intérêts ouverts à 130 820 dollars.
Les arguments pour un statu quo
Plusieurs éléments d’analyse soutiennent le scénario de statu quo. La hausse de septembre a offert aux décideurs un délai pour évaluer les effets de cette décision sur l’inflation et les conditions de financement avant d’agir à nouveau. Un maintien permettrait de laisser la hausse précédente jouer son rôle tout en accumulant davantage de données. À l’inverse, une nouvelle hausse signifierait que les responsables politiques estiment le risque inflationniste suffisamment urgent pour continuer à resserrer avant d’avoir pleinement évalué les effets du mouvement précédent.
Ulrike Kastens, économiste senior chez DWS, a expliqué que le Conseil des gouverneurs pouvait réagir lors de sa réunion de septembre sur la base des nouvelles projections d’inflation et de croissance, et disposerait alors de deux mois supplémentaires de données inflationnistes pour juillet et août avant la décision d’octobre.
Le pétrole, facteur modérateur
Les prix du brut Brent ont augmenté d’environ 16 % depuis la résurgence des tensions au Moyen-Orient début juillet, en raison de préoccupations renouvelées concernant la sécurité des routes maritimes dans le Golfe et de la rhétorique escalatoire entre Washington et Téhéran. Cependant, selon DWS, les prix du pétrole ont de nouveau augmenté récemment, mais pas dans la mesure observée en mars et avril. Sur la base des marchés à terme du pétrole, les prix devraient refluer davantage, ce qui aurait un effet plus désinflationniste à venir.
La révision du PIB comme catalyseur
Un élément important à surveiller avant la réunion d’octobre est la révision des données du PIB de la zone euro prévue par Eurostat le 20 octobre. Un tableau d’activité plus fort affaiblirait l’argument basé sur la croissance contre une nouvelle hausse, sans pour autant établir une persistance inflationniste. Une révision plus faible renforcerait le cas d’une attente, particulièrement si elle s’accompagne de preuves de conditions de financement plus serrées.
Le cycle de taux en perspective
La BCE a lancé un cycle de hausses de taux en juillet 2022, portant le taux de dépôt de -0,50 % à 4,00 % grâce à dix augmentations consécutives. De septembre 2023 à juin 2026, elle a abaissé les taux à huit reprises, ramenant le taux de référence à 2,00 %, avant de reprendre le resserrement en juin 2026.
Les projections du personnel de la BCE de juin 2026 tablaient sur une inflation annuelle moyenne de 3,0 % en 2026, 2,3 % en 2027 et 2,0 % en 2028. Pour l’inflation cœur (qui exclut les composantes volatiles comme l’énergie et l’alimentation), le personnel projetait une moyenne de 2,5 % en 2026 et 2027, et 2,2 % en 2028.
Conclusion : statu quo en vue, mais vigilance requise
Tous les indicateurs convergent vers un maintien des taux directeurs lors de la réunion du 29 octobre 2026. Le marché anticipe à 92,5 % cette décision, plus de 90 % des économistes la prévoient également, et la BCE dispose désormais de deux mois de données supplémentaires pour évaluer les effets de sa hausse de septembre. Le scénario d’une nouvelle hausse n’est pas totalement écarté, notamment si la révision du PIB du 20 octobre révèle une résilience économique marquée ou si l’inflation énergétique persiste au-delà des marchés à terme.
La conférence de presse de Christine Lagarde à 13h45 GMT sera scrutée pour tout indice sur le calendrier des prochaines décisions. Les opérateurs surveilleront notamment les déclarations sur la trajectoire de l’inflation sous-jacente, la transmission de la politique monétaire et l’évolution des salaires dans la zone euro. Le ton hawkish ou dovish du communiqué orientera directement les anticipations de la réunion suivante, prévue en décembre 2026.
Sources
- CryptoSlate — ECB Interest Rate Decision: October 2026
- Investing.com — Calendrier économique BCE
- Equals Money — ECB Interest Rate Decision
- Morningstar — ECB Rate Decision Analysis
- CentralBank Watch — Outils de calendrier
- BCE — Communiqué de politique monétaire du 30 octobre 2025
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

