Ce soir, le marché des cryptomonnaies ressemble à un mélange de notes de Wall Street, de projets de Washington et de scènes de thriller criminel.
Commençons par les flux financiers. Matt Hougan, directeur de Bitwise, prévoit que les stablecoins pourraient passer de 300 milliards de dollars actuellement à 4 trillions d’ici 2030, grâce à leur utilisation dans les paiements transfrontaliers par les géants de la tech comme Meta et DoorDash, transformant ces monnaies en infrastructures.
Les institutions traditionnelles aussi s’engagent : BNY Mellon, avec 59 trillions de dollars de custodie, étend ses activités crypto en Abu Dhabi avec la mise en place de services régulés pour Bitcoin et Ethereum. En Suisse, la banque d’actifs numériques AMINA offre la première garde régulée pour le Canton Coin à destination des institutions. Bitwise, de son côté, élargit ses fonds tokenisés, notamment avec le fonds Crypto Carry de Superstate.
Les plateformes s’agrandissent aussi, avec Kraken qui prévoit d’acquérir Reap Technologies pour 600 millions de dollars afin de renforcer ses services en stablecoins en Asie, et Bithumb en Corée du Sud qui s’associe avec SSI Digital pour créer une plateforme locale réglementée.
Parallèlement, les législateurs américains s’apprêtent à finaliser un projet de loi sur la structure du marché crypto, visant à clarifier la réglementation des actifs numériques, tandis que le gouvernement prépare un projet de réserve stratégique de Bitcoin et de stockpile d’actifs numériques.
À l’étranger, la Corée du Sud impose une taxe de 22 % sur les gains en actifs virtuels à partir de 2027, et les autorités américaines mettent la pression sur Binance pour renforcer sa conformité.
Côté sécurité, des affaires de vol, notamment une opération de 250 millions de dollars, rappellent que la criminalité crypto reste un problème majeur. Toutefois, des succès comme la liquidation des positions liées au hack du Kelp DAO montrent que la communauté peut aussi réagir efficacement.
Les aspects humains ne sont pas en reste : Keonne Rodriguez, cofondateur de Samourai Wallet, sollicite des dons pour couvrir ses dettes légales, tandis que Michael Saylor commence à vendre une partie de ses bitcoins pour optimiser ses investissements.
Le secteur minier, représenté par American Bitcoin, affiche des pertes importantes malgré ses réserves record, illustrant la volatilité persistante.
En résumé, la crypto n’est plus une expérience marginale : banques, tech, gouvernements et régulateurs s’impliquent de plus en plus. Le futur s’écrit autant dans les salles de réunion que dans les forums en ligne.

