BofA maintient sa prévision de deux baisses de taux de la Fed en 2026

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Bank of America (BofA) maintient sa prévision de deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine en 2026, malgré la révision récente de ses perspectives macroéconomiques. L’économiste Aditya Bhave mise sur l’arrivée prochaine de Kevin Warsh et l’apaisement graduel de l’inflation pour justifier un scénario d’assouplissement monétaire.

🔑 En bref

  • BofA prévoit toujours deux baisses de taux Fed en 2026 (septembre et octobre), malgré une inflation PCE annualisée à 4,1 %.
  • La dernière réunion du FOMC s’est soldée par un vote de 9 contre 3, trois membres plaidant pour une hausse.
  • Le CPI a reculé à 3,5 % en juin contre 4,2 % en mai, et l’inflation sous-jacente a baissé pour la première fois depuis mai 2020.
  • L’outil FedWatch du CME évalue désormais à 60,1 % la probabilité d’une hausse en septembre, contre 78,8 % avant la conférence de presse de Warsh.
  • Kevin Warsh, nouveau président nommé par Trump, devrait entrer en fonction d’ici septembre et orienter le comité vers l’assouplissement.

Le pari de BofA sur un assouplissement monétaire

Aditya Bhave, économiste chez Bank of America Global Research, a justifié le maintien du scénario de deux baisses de taux en 2026 dans une note adressée à ses clients. Le calendrier retenu table sur un premier mouvement en septembre, suivi d’un second en octobre, pour ramener les taux directeurs vers une fourchette jugée plus accommodante. Si la banque reconnaît que ses dernières révisions tablaient sur une croissance légèrement plus faible et une inflation plus élevée, elle estime que ces ajustements restent insuffisants pour modifier la trajectoire des taux.

« Nous prévoyons toujours des baisses cette année étant donné l’inclinaison de la Fed à ne pas tenir compte de l’inflation liée à l’offre, les faibles signes de pressions salariales et la pression politique », a écrit Bhave.

Trois piliers pour le scénario baissier

Trois facteurs clés soutiennent la prévision de BofA. Premièrement, la banque centrale tend historiquement à mettre de côté les chocs d’offre, comme la flambée des prix de l’énergie liée aux tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran. Deuxièmement, les salaires horaires n’ont progressé que de 3,5 % sur douze mois, un niveau non considéré comme inflationniste. Troisièmement, la pression politique exercée par l’administration Trump pour assouplir la politique monétaire reste un déterminant majeur. Selon BofA, d’ici septembre, le nouveau président Kevin Warsh devrait être en poste et disposer de suffisamment de preuves d’un apaisement de l’inflation pour rassembler un soutien à l’assouplissement.

Cette position contraste avec une analyse antérieure de BofA publiée le 9 mai 2026, où les économistes affirmaient ne plus prévoir de baisse de taux cette année et tablaient sur un report au second semestre 2027, principalement en raison d’une inflation persistante et d’un marché du travail résilient. Le scénario actuel marque donc un retour aux attentes initiales de deux baisses en septembre et octobre.

IndicateurValeurTendance
Fourchette des taux Fed3,50 % – 3,75 %Inchangée
CPI sur un an (juin)3,5 %En baisse
Inflation sous-jacente2,6 %En baisse
Salaires horaires (YoY)3,5 %Stable
PCE annualisé 3 mois4,1 %En hausse

Un FOMC profondément divisé

Les minutes de la réunion du FOMC de mars confirment l’attentisme de l’institution. Selon BofA, un « couple » de responsables anticipant toujours des baisses ont repoussé leur calendrier, tandis que « certains » ont même suggéré la possibilité de signaler des hausses. À l’inverse, « de nombreux participants » estiment toujours qu’il serait approprié d’abaisser les taux « en temps voulu ». Lors de la réunion la plus récente rapportée par Charles Schwab, les taux sont restés stables dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, avec un vote de 9 contre 3. Les dissidents Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan ont plaidé pour une hausse afin de contenir les pressions sur les prix.

« Le comité reste résolu. Vous l’avez déjà entendu, mais nous maintiendrons la stabilité des prix. »

Kevin Warsh, président de la Fed

Lors de sa conférence de presse, Kevin Warsh a évoqué une « bonne dispute familiale » tout en soulignant l’unité des membres sur la stabilité des prix. Il a défendu sa décision d’abandonner les orientations prospectives (forward guidance), notant que les rendements nominaux et réels ont augmenté sur la courbe des taux ces dernières semaines. Selon lui, cette évolution reflète l’attention accrue du marché pour les données plutôt que pour les indications de la Fed : « Les acteurs du marché apprennent à jouer le ballon et non l’arbitre ».

Les indicateurs économiques sous surveillance

Inflation : un reflux progressif

Les récentes données ont offert à la Fed un certain répit. L’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 3,5 % en juin sur un an, en net recul par rapport aux 4,2 % de mai, principalement grâce à la baisse des prix du pétrole. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a ralenti à 2,6 % contre 2,9 % le mois précédent, enregistrant même sa première baisse mensuelle depuis mai 2020. En revanche, l’indice PCE — la mesure privilégiée par la Fed — a progressé à un rythme annualisé de 4,1 % sur les trois derniers mois, signe que les tensions persistent.

Consommation et emploi

Les dépenses réelles de consommation n’ont augmenté que de 0,1 % en glissement mensuel en février, ralentissant à un rythme annualisé de 0,8 % sur les trois mois précédents. Ce ralentissement de la demande pèse dans la balance des arbitrages entre inflation et croissance. Le marché du travail est resté solide après s’être stabilisé : les employeurs n’ont ajouté que 57 000 emplois en juin, mais les demandes d’allocation chômage ont touché un plus-bas multi-décennies, confirmant la tension persistante du marché du travail.

Le marché ajuste ses probabilités

Immédiatement après la conférence de presse de Kevin Warsh, l’outil FedWatch du CME a ramené la probabilité d’une hausse des taux en septembre à 60,1 %, contre 78,8 % mercredi matin. Auparavant, après l’escalade des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, l’instrument affichait une probabilité de 35,8 % de hausse, en hausse par rapport à 10,7 % le 15 juillet, reflétant la flambée des prix du pétrole. Le « dot plot » de la réunion de juin reste toutefois orienté vers le durcissement : 9 membres projettent au moins une hausse de taux en 2026, 8 prévoient des taux inchangés, et un seul anticipe encore une baisse cette année.


Conclusion

La prévision de BofA reste un pari à contre-courant du consensus. Si l’arrivée de Kevin Warsh et l’apaisement progressif de l’inflation offrent un terrain favorable à l’assouplissement, les divisions internes du FOMC, la pression des prix énergétiques et la résilience du marché de l’emploi compliquent considérablement le calendrier. À court terme, deux scénarios dominent : soit la Fed valide le scénario de BofA avec deux baisses en septembre et octobre, soit elle maintient ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année en attendant une désinflation plus nette.

Les prochains rapports CPI et PCE, ainsi que l’évolution des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, seront déterminants pour orienter la politique monétaire américaine dans les mois à venir. Le pari de BofA ne pourra tenir que si l’inflation continue effectivement de refluer et si Kevin Warsh réussit à rallier une majorité au sein d’un comité aujourd’hui fracturé.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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