Phaze, startup de l’Utah issue de l’équipe de Parsec, annonce une levée d’amorçage de 8,75 millions de dollars menée par Andreessen Horowitz (a16z). Son pari : transformer les postes de travail sous-utilisés en ressource de calcul partagée, accessible aux salariés comme aux agents d’intelligence artificielle.
🔑 En bref
- Levée d’amorçage de 8,75 M$, menée par Andreessen Horowitz ; valorisation non communiquée.
- Plateforme de bureaux distants à faible latence, ouverte aux salariés comme aux agents IA.
- Accès via un serveur Model Context Protocol (MCP), sans logiciel d’utilisation d’ordinateur à installer sur le poste client, selon SiliconReport.
- Connexion des agents encore considérée comme expérimentale ; aucun chiffre d’affaires ni client nommé publié.
Une levée d’amorçage adossée à l’expérience de Parsec
Phaze Inc. a annoncé le 4 novembre 2026 avoir réuni 8,75 millions de dollars en amorçage. La levée est conduite par Andreessen Horowitz, avec la participation de NextView, Makers Fund et Lerer Hippeau. La valorisation de la société n’a pas été communiquée. Les sources ne concordent toutefois pas sur la liste complète des investisseurs : SiliconANGLE cite Index, NextView, Makers et Lerer Hippeau, tandis que SiliconReport, Pomegra, The SaaS News et The Next Web évoquent Indie, NextView, Makers ou Makers Fund, et Lerer Hippeau. Les versions ne permettent pas de dire si « Index » et « Indie » désignent deux investisseurs distincts ou une même entité sous deux appellations.
L’équipe fondatrice dispose déjà d’une référence solide dans le secteur. Phaze a été créée par les développeurs de Parsec, un logiciel de bureau distant à faible latence utilisé notamment pour les charges graphiques intensives. Benjy Boxer en est cofondateur et directeur général ; Pomegra cite également Chris Dickson comme cofondateur et indique que les deux hommes dirigeaient Parsec. Unity avait acquis Parsec en 2021 pour 320 millions de dollars. Cette expérience constitue un élément central de la thèse d’investissement, comme le souligne Martin Casado, associé général chez a16z.
« Benjy et l’équipe travaillent dans ce domaine depuis plus de dix ans et ils apportent cette expérience à une nouvelle ère de l’accès à distance et de la gestion des machines. »
Martin Casado, associé général, Andreessen Horowitz

Des postes de travail coûteux, souvent inactifs
Phaze part d’un constat économique simple. Les entreprises équipent leurs salariés de stations de travail haut de gamme dont le prix peut dépasser 10 000 dollars. Ces machines servent au rendu de graphiques 3D complexes ou à la compilation de très grandes bases de code, mais elles restent fréquemment inutilisées : pendant les repas, les réunions, les congés ou toute autre absence. Une politique qui attribue une machine à chaque employé immobilise donc un capital important la plupart du temps.
Les agents capables d’utiliser un ordinateur posent un second problème. Exécutés sur le poste d’un salarié, ils peuvent prendre le contrôle de l’écran et perturber son travail. Phaze cherche à éviter cette situation en leur donnant leur propre accès à une machine distante. Selon The Next Web, le serveur MCP peut fonctionner en arrière-plan sans prendre le contrôle de l’ordinateur personnel de l’utilisateur.
| Indicateur | Donnée | Commentaire |
|---|---|---|
| Levée d’amorçage | 8,75 M$ | Menée par Andreessen Horowitz |
| Acquisition de Parsec par Unity (2021) | 320 M$ | Expérience antérieure de l’équipe |
| Prix d’une station haut de gamme | plus de 10 000 $ | Souvent inutilisée hors des heures de travail |
| Valorisation | non communiquée | Aucun chiffre d’affaires publié |
Un accès MCP sans prise de contrôle de l’écran
Pour accéder aux machines, Phaze combine sa technologie propriétaire de diffusion à faible latence avec un serveur Model Context Protocol (MCP) spécialement développé. Le MCP est une norme commune permettant de relier des systèmes d’IA à des outils. Grâce à cette couche, un agent peut naviguer dans le système d’exploitation, lancer des applications et exécuter des tâches directement sur la machine, comme le ferait un employé. L’objectif est de ne pas limiter les agents à des interfaces de programmation (API), que SiliconANGLE décrit comme coûteuses et fragiles.
Les descriptions divergent sur l’emplacement exact du serveur : SiliconANGLE évoque un serveur MCP conçu pour soutenir la diffusion, tandis que Pomegra indique que les agents se connectent au moyen d’un serveur MCP local.
Authentification et permissions
Phaze ajoute des mécanismes d’authentification, de gestion centralisée des accès et d’application des règles de sécurité de l’entreprise. Les permissions au niveau des utilisateurs limitent les ressources accessibles aux agents. Selon The Next Web, un agent ne dispose que des droits de la personne à laquelle il est associé, et il peut travailler en arrière-plan sans empiéter sur l’écran de l’utilisateur. SiliconReport indique par ailleurs que le système ne nécessite pas l’installation d’un logiciel d’utilisation d’ordinateur sur le poste client.
« L’ordinateur posé sur votre bureau ne devrait pas déterminer le calcul auquel vous pouvez accéder. Les personnes ont besoin de postes de travail puissants pour faire leur travail, et désormais les agents IA ont besoin d’ordinateurs qu’ils peuvent réellement piloter. »
Benjy Boxer, cofondateur et directeur général, Phaze
Sessions partagées, concurrence et risques
Le produit prend en charge des sessions partagées entre une personne et un agent. Les deux peuvent intervenir dans une même session distante et se transmettre le contrôle. Phaze cite l’exemple d’un robot de support informatique qui diagnostique un problème à la création d’un ticket, tente de le résoudre, puis transmet la session à un ingénieur humain lorsque la solution dépasse les opérations qu’il est autorisé à effectuer. Pomegra décrit une démonstration où un robot reçoit une demande dans Slack, se connecte à l’ordinateur du salarié et fait appel à un humain lorsqu’il est bloqué. The Next Web précise que la connexion des agents par MCP est encore considérée comme expérimentale.
Un marché déjà disputé
Le segment est déjà occupé. Selon The Next Web, Baseten a racheté Blaxel, qui développe des espaces isolés pour agents, en septembre. Perplexity propose de son côté une plateforme permettant notamment de transformer un Mac mini en agent toujours actif. La demande pour ce matériel est forte : les stocks de Mac mini se sont épuisés aux États-Unis au printemps 2026, signe, toujours selon The Next Web, d’un intérêt croissant pour le matériel dédié aux agents.
Pomegra juge la levée modeste au regard des capitaux investis dans les infrastructures pour agents, et le marché très concurrentiel. La plupart des environnements isolés proposés aux agents sont des conteneurs sans interface graphique, conçus pour exécuter du code. Phaze mise sur un besoin différent : certaines tâches de valeur exigent un ordinateur graphique complet, avec ses applications réelles et la possibilité pour un humain de reprendre la main. L’entreprise distingue aussi son offre des machines virtuelles et des services de postes distants déjà proposés par les grands fournisseurs de cloud.
Plusieurs risques demeurent identifiés dans les sources :
- l’absence de clients nommés et de données d’usage publiées ;
- la possibilité que des fournisseurs de cloud ou de bureaux virtuels ajoutent eux-mêmes des fonctions pour agents ;
- la nécessité d’exposer aux agents des postes contenant potentiellement des sessions authentifiées.
La confiance des acheteurs dans ce modèle de sécurité et de partage de session reste ainsi un facteur déterminant pour l’adoption du produit.
Perspectives et scénarios
La thèse de Phaze repose sur un constat simple : le matériel existant est sous-utilisé, et les agents IA auront besoin d’accéder à de vraies machines. Dans le scénario favorable, la plateforme convainc rapidement quelques clients d’entreprise, démontre des usages récurrents et voit son modèle de sécurité des sessions partagées jugé robuste par les acheteurs.
Le scénario défavorable survient si les grands fournisseurs de cloud intègrent rapidement des fonctions équivalentes, ou si les entreprises restent réticentes à ouvrir des postes contenant des sessions authentifiées. Dans les deux cas, cette levée de 8,75 M$ constitue un signal d’intérêt pour l’accès distant aux agents, sans valider à elle seule un modèle économique.
Sources
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.


