AWS : +39,3 % au T3 et un objectif de 1 000 milliards de dollars

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Amazon Web Services a enregistré au troisième trimestre 2026 un chiffre d’affaires de 45,99 milliards de dollars, en hausse de 39,3 % sur un an. Porté par l’installation d’un accélérateur d’intelligence artificielle toutes les 14 secondes, le groupe prépare un budget d’investissement record et vise, à terme, un chiffre d’affaires annuel de 1 000 milliards de dollars.

🔑 En bref

  • Croissance : AWS affiche +39,3 % sur un an, soit un rythme annualisé de 184 milliards de dollars, sixième trimestre consécutif de hausse.
  • Investissements : le capex de trésorerie 2026 atteint environ 220 milliards de dollars, avec une dépense nettement supérieure prévue en 2027.
  • Objectif : Andy Jassy vise plus de 40 % de croissance en 2027 et en 2028, puis un chiffre d’affaires de 1 000 milliards dans cinq à dix ans.
  • Vigilance : l’action Amazon a reculé d’environ 6 % en après-bourse, les investisseurs réclamant des indicateurs de rentabilité.

Un trimestre solide, une part plus modeste qu’annoncé

Au troisième trimestre, Amazon a généré 180,17 milliards de dollars de revenus au total. Le segment AWS en représente 45,99 milliards, soit environ 25,5 % du total selon le calcul direct à partir de ces montants. Le document source évoque une part d’environ 68 %, un chiffre incompatible avec les montants publiés ; nous retenons donc le calcul direct. Le rythme annualisé de 184 milliards de dollars, cité par Andy Jassy, correspond bien à quatre fois le chiffre trimestriel.

Le segment conserve toutefois le rythme de croissance le plus élevé du groupe. Les activités de détail et opérations n’ont progressé que de 6 %, avec des marges plus faibles. Prime Video est devenue rentable et génère des revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars, mais reste secondaire face à la dynamique d’AWS.

IndicateurValeurCommentaire
Chiffre d’affaires AWS T345,99 Md$+39,3 % sur un an
Revenus totaux Amazon T3180,17 Md$Tous segments confondus
Rythme annualisé AWS184 Md$Quatre fois le trimestre
Capex T375,9 Md$Principalement pour AWS
Capex 2026 attenduenviron 220 Md$Majeure partie pour AWS

Un programme d’investissement sans précédent

Amazon relève son budget d’investissement pour 2026 à environ 220 milliards de dollars de capex de trésorerie, dont la majeure partie est consacrée à AWS. Les dépenses devraient être sensiblement supérieures en 2027. Au seul troisième trimestre, les investissements en capital ont atteint 75,9 milliards de dollars, principalement pour AWS.

Andy Jassy estime qu’étaler ce programme sur vingt-cinq ans ne correspondrait pas à l’ampleur de l’opportunité, et qualifie l’IA de plus grande transformation de sa carrière. Sur le financement, il se montre direct.

« We can fund this plan, and I think it will forever change the size of Amazon. It will forever change our revenue. »

Andy Jassy, PDG d’Amazon

Une autre reprise de ses propos ajoute que ce programme modifiera aussi le free cash flow, et non seulement la taille du groupe, et qu’Amazon entend rester le leader qu’il est aujourd’hui. Le free cash flow devient ainsi l’indicateur à surveiller pour juger de la rentabilité de ces investissements.

Une demande qui dépasse les accélérateurs

Selon Jassy, environ 85 % des dépenses mondiales de technologies de l’information restent aujourd’hui sur site. Cet équilibre devrait toutefois s’inverser dans les dix à vingt prochaines années. Des charges longtemps considérées comme fixes, notamment les mainframes et les réseaux de stockage, migrent déjà vers AWS.

Les clients qui exécutent des charges d’IA sur AWS ont besoin de systèmes d’inférence situés à proximité de leurs données et applications existantes, ce qui stimule la demande de calcul classique. L’IA consomme elle-même cette capacité pour l’apprentissage par renforcement et le post-entraînement, dans un cycle qui oriente les investissements vers des fonctions cloud plus larges.

Bedrock et marges de l’IA

Le service Bedrock est présenté comme le service à plusieurs milliards de dollars ayant connu la croissance la plus rapide de l’histoire d’Amazon. Les revenus de calcul de base et de stockage d’AWS ont eux aussi progressé au rythme le plus élevé depuis plusieurs années. Jassy indique que les marges des services d’IA dépassent déjà celles des services cloud de base à des stades de développement comparables.

  • Bedrock : croissance la plus rapide de l’histoire d’Amazon pour un service à plusieurs milliards de dollars
  • Calcul et stockage : accélération au rythme le plus élevé depuis plusieurs années
  • Marges IA : déjà supérieures à celles du cloud de base à un stade comparable

Jassy juge pourtant l’adoption de l’IA par les entreprises encore à ses débuts, AWS se trouvant, selon lui, dans « the very early days ». Il estime que sa stratégie fonctionne. Ces formulations restent qualitatives : les sources ne fournissent aucun chiffre de marge.

Le débat des investisseurs : dépenses contre visibilité

Les investisseurs restent sur leurs gardes face au niveau des dépenses. Pendant l’appel, des analystes de Wall Street ont demandé à Jassy de justifier les investissements, mais aussi de préciser les indicateurs permettant de vérifier que la croissance se matérialise et que les marges suivront. Les actions Amazon ont reculé d’environ 6 % en après-bourse.

Le secteur dans son ensemble combine dépenses massives et forte progression des revenus. Microsoft a également publié une nouvelle hausse record de ses recettes, portée principalement par son activité cloud, tout en dépensant fortement. The Register résume ce paradoxe par une formule : Amazon pourrait devenir « a cloud company with a retail side hustle ».

Un commentaire publié dans le fil du Register rapproche migration cloud et valorisation de Dell, dont le cours serait passé de 50 à 400 dollars selon son auteur. Il s’agit d’une réaction individuelle, et non d’une donnée de marché vérifiée dans les sources ; nous ne la retenons donc pas comme élément d’analyse.

Inferentia contre GPU : ce que montre le test d’AWS

Un billet technique d’AWS rappelle qu’après l’entraînement d’un modèle, les équipes de machine learning peuvent passer plusieurs semaines à déterminer les types d’instances, accélérateurs, conteneurs et paramètres de compilation les plus adaptés, en fonction du débit, de la latence et du coût. Amazon SageMaker fournit des conteneurs pour XGBoost, scikit-learn, PyTorch, TensorFlow et Apache MXNet, ainsi que l’accélérateur AWS Inferentia. SageMaker Neo compile automatiquement les modèles pour différents matériels cibles.

Le test porte sur un modèle PyTorch ResNet50 de vision par ordinateur, comparé sur trois configurations : une instance CPU c5.xlarge, une instance GPU g4dn.xlarge équipée d’un GPU NVIDIA T4 et une instance inf1.xlarge fondée sur AWS Inferentia. Les essais utilisent des connexions clientes simultanées afin d’atteindre le débit maximal. L’entrée est une image JPG de 3 × 224 × 224 pixels, de 21 Ko, représentant un chiot beagle, transmise à un point de terminaison SageMaker.

ConfigurationDébitLatenceCoût par million d’inférences
g4dn.xlarge non compiléRéférence (1x)RéférenceRéférence
g4dn.xlarge compilé avec Neo1,9x-50 %-50 %
inf1.xlarge compilé4,1x face au g4dn non compilé-77 %-90 %

AWS annonce en outre qu’une instance Inferentia est 5,4 fois plus rentable en prix/performance qu’une instance g4dn avec modèle compilé, et jusqu’à 2,3 fois le débit avec jusqu’à 70 % de coût en moins par inférence face à des instances EC2 à GPU comparables. Le modèle ResNet50 comporte 48 couches de convolution, 3,8 milliards d’opérations en virgule flottante, et son introduction remonte à l’article « Deep Residual Learning for Image Recognition », publié en 2015.

Ces chiffres sont des données du fournisseur, obtenues sur un seul modèle et une configuration précise. Ils doivent être lus comme des ordres de grandeur, et non comme des garanties transposables à toutes les charges de travail.


Perspectives et scénarios

Le scénario central repose sur le maintien d’une croissance supérieure à 40 % en 2027 et en 2028, comme le suggère Jassy. Les sources ne présentent pas de contradiction chiffrée directe, mais deux nuances méritent d’être retenues : les 184 milliards de dollars sont tantôt qualifiés de rythme annualisé, tantôt de revenu attendu pour l’exercice, deux indicateurs distincts ; et une synthèse secondaire évoque une croissance « de 40 % ou plus », alors que la citation originale parle d’au moins 40 % dans chacune des deux années.

Dans un scénario haussier, la demande d’IA et la migration des charges classiques vers le cloud soutiennent les revenus, et les marges des services d’IA confirment leur avance. Dans un scénario baissier, des dépenses durablement supérieures aux revenus, un retour sur investissement plus lent ou une pression sur les marges pèseraient sur la valorisation, comme l’a laissé craindre la réaction boursière après l’annonce. Entre les deux, les indicateurs réclamés par les analystes, en particulier les marges des services IA et l’évolution du free cash flow, constitueront le principal point de contrôle des prochains trimestres.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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