Le boom de l’IA pèse sur la stabilité financière, alerte la BIS

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Le boom de l’intelligence artificielle, dont les dépenses d’infrastructure pèsent déjà sur l’économie mondiale, crée de nouveaux risques systémiques, a averti Pablo Hernandez de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BIS), jeudi 10 septembre 2026 à Mumbai.

🔑 En bref

  • Les cinq plus grandes entreprises tech mondiales investiront plus de 1 000 milliards de dollars dans l’IA entre 2025 et 2026.
  • L’investissement mondial dans l’IA pourrait passer de 500 milliards à 4 000 milliards de dollars d’ici 2030.
  • Le boom est financé de plus en plus par l’endettement et le crédit privé, souvent opaques et interconnectés.
  • La dette souveraine record et le poids des hedge funds créent un nouveau nexus avec la stabilité financière.
  • La RBI juge l’économie mondiale « remodelée » par la fragmentation géopolitique et la disruption IA.

L’ampleur sans précédent du capex IA

Les chiffres cités par le directeur général de la BIS donnent le vertige. Selon les estimations de l’institution basée à Bâle, les cinq plus grandes entreprises technologiques mondiales—toutes américaines ou chinoises—devraient investir plus de 1 000 milliards de dollars dans l’IA entre 2025 et 2026. À l’échelle globale, les projections du secteur évoquent un bond de 500 milliards à 4 000 milliards de dollars d’ici 2030.

Cette dépense d’équipement, ou capex, n’est plus un épiphénomène sectoriel : elle modifie les conditions financières globales et la géographie commerciale. Les économies fortement liées à la chaîne d’approvisionnement technologique—Corée du Sud, Singapour, Malaisie, Taïwan—bénéficient d’une hausse marquée des prix à l’exportation pour les puces et équipements d’IA. À l’inverse, les gains de productivité restent très inégalement répartis selon le niveau de préparation numérique et la taille du secteur tertiaire.

IndicateurValeurHorizon
Capex IA, top 5 hyperscalers>1 000 milliards USD2025-2026
Investissement mondial IA500 → 4 000 milliards USD2026 → 2030
Gains productivité, tâches ciblées+10% à +65%court terme
Hausse PTF attendue~+0,5 point de %/anannuel

« La promesse de l’IA est réelle, mais l’impact à long terme dépendra des choix politiques, des investissements dans les compétences et les infrastructures, et de la répartition des bénéfices. »

Pablo Hernandez de Cos, directeur général de la BIS

Un financement de plus en plus opaque

Hernandez de Cos a relevé un point devenu central dans le rapport économique annuel publié par la BIS le 28 juin 2026 : le boom de l’IA n’est plus financé par les bénéfices des entreprises elles-mêmes, mais de manière croissante par l’endettement et le crédit privé. Une grande partie de ces structures—fonds de dette privée, véhicules ad hoc, prêts syndiqués—demeure « opaque et interconnectée », selon ses mots.

Le rapport annuel de la BIS identifie d’ailleurs quatre points de pression majeurs : la remontée de l’inflation, les incertitudes sur la durabilité du boom IA, les vulnérabilités financières et le nouveau lien entre dette souveraine et stabilité financière. Le message est sans ambiguïté.

Productivité, emploi et nouvelles vulnérabilités

Les études citées par la BIS montrent que l’IA générative peut accroître fortement la productivité sur des tâches précises : +10% à +65% ont été observés dans le codage, le conseil et la rédaction professionnelle. La question—toujours ouverte—est celle du passage à l’échelle de l’économie entière. Les estimations actuelles tablent sur une hausse de la productivité totale des facteurs (PTF) d’environ 0,5 point de pourcentage par an.

Les économies avancées, dotées de grands secteurs de services et d’une meilleure readiness numérique, capteront l’essentiel de ces gains. Pour les émergents, les perspectives sont plus hétérogènes, bien que l’Inde dispose, selon Hernandez de Cos, d’une « véritable opportunité » grâce à ses infrastructures numériques publiques.

Côté emploi, les pertes restent limitées mais apparaissent déjà dans le service client, la programmation et les fonctions administratives, rendant la reconversion et le perfectionnement cruciaux pour limiter les frictions sociales.

Dette souveraine et hedge funds : un nouveau nexus

Le patron de la BIS a mis en garde contre la conjonction de valorisations élevées, d’une forte concentration des marchés et de structures de financement opaques. Si les bénéfices des entreprises ne répondent pas aux attentes, ces vulnérabilités pourraient se matérialiser. Le parallèle avec l’expansion des chemins de fer du XIXe siècle ou la bulle internet est explicitement dressé.

Frank Smets, directeur par intérim du département monétaire et économique de la BIS, a souligné que ce nouveau nexus dette souveraine–stabilité financière pourrait se traduire par des baisses plus fréquentes et plus marquées des obligations d’État, resserrant rapidement les conditions financières mondiales.

« Je ne dis pas que c’est là où le boom de l’IA doit mener, mais l’ampleur et la vitesse du boom d’investissement actuel, ainsi que le poids des rendements attendus, justifient une certaine prudence. »

Pablo Hernandez de Cos, directeur général de la BIS

Recommandations politiques de la BIS

La banque des banques centrales appelle les décideurs à donner la priorité à la stabilité des prix, à assurer la soutenabilité budgétaire, à coordonner et renforcer la surveillance au-delà du secteur bancaire, et à poursuivre les réformes structurelles. Le rapport pointe aussi l’urgence de réduire les niveaux d’endettement dans les économies clés, la dette étant largement financée par des intermédiaires non bancaires.

« Les décideurs doivent agir maintenant. Tout retard ne fera qu’augmenter le coût des ajustements nécessaires. »

Pablo Hernandez de Cos, directeur général de la BIS

Conclusion : vers un cycle à haut risque

Le diagnostic de la BIS est sans complaisance : le boom de l’IA n’est pas un simple épisode sectoriel, mais un cycle d’investissement dont l’ampleur redessine simultanément la demande, l’offre et les marchés financiers. Pour les banques centrales, l’enjeu n’est pas de modifier leur mandat monétaire, mais de naviguer dans une économie plus difficile à interpréter, où l’ancrage des attentes d’inflation reste la priorité absolue.

À court terme, les marchés pourraient rester portés par les attentes de gains de productivité. À moyen terme, deux scénarios s’opposent : une diffusion généralisée et ordonnée, avec un reflux prudent des valorisations, ou une correction brutale déclenchée par une révision à la baisse des revenus attendus et un stress sur la dette privée. La gouvernance publique, plus que jamais, sera déterminante.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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