Le fils de l’ancien président américain Joe Biden s’apprête à lancer le memecoin LAPTOP le 9 septembre 2026 sur Base, la couche 2 de Coinbase. L’initiative, qui entend monétiser la notoriété sulfureuse du célèbre ordinateur portable, hérite d’une tokenomics ultra-concentrée et d’une levée de boucliers quasi générale du secteur crypto.
🔑 En bref
- Lancement du memecoin LAPTOP prévu le 9 septembre 2026 sur Base (couche 2 Ethereum)
- Offre totale d’1 milliard de tokens, dont 30% pour les fondateurs avec vesting de 6 mois
- 80% de l’offre concentrée dans un seul wallet Gnosis Safe multisig
- Coinbase, Base et Kraken prennent publiquement leurs distances avec le projet
- Airdrop de 20% ciblant d’abord les détenteurs perdants du memecoin TRUMP
Genèse du memecoin LAPTOP et structure tokenomique
Le Wall Street Journal a révélé l’information le 7 septembre 2026, confirmée dans la foulée par Hunter Biden sur X avec le ticker $LAPTOP et une vidéo compilant les interventions médiatiques autour du fameux ordinateur portable déposé en avril 2019 dans un atelier de réparation du Delaware puis saisi par le FBI cinq mois plus tard. Le déploiement s’effectuera sur Base, la couche 2 d’Ethereum développée par Coinbase, un réseau reconnu pour ses frais réduits et son ouverture permissionless (sans autorisation préalable).
L’offre totale atteint un milliard de tokens. La répartition prévoit 30 % aux fondateurs — Hunter Biden inclus — avec un blocage initial de six mois suivi d’une libération linéaire sur plus de deux ans. Vingt pourcents supplémentaires seront distribués via airdrops, dont le premier round vise explicitement les portefeuilles ayant subi des pertes sur le memecoin TRUMP lancé par Donald Trump quelques jours avant son investiture de janvier 2025. Les abonnés à la newsletter Substack de Biden ainsi qu’une liste de diffusion du journaliste Andrew Callaghan (Channel 5) figurent également parmi les éligibles. Le solde — soit environ 50 % — demeure non détaillé dans le smart contract actuel, avec une politique annoncée de « burns » (destruction de tokens) jusqu’à 30 % selon des événements politiques.
| Catégorie | Allocation | Mécanisme |
|---|---|---|
| Fondateurs | 30 % | Vesting 6 mois puis libération sur 2 ans |
| Airdrops communautaires | 20 % | Dont détenteurs TRUMP perdants, Substack, Channel 5 |
| Non alloué / burns politiques | 50 % | Politique annoncée, non codifiée dans le contrat |
Cette répartition contraste fortement avec les standards du marché : la concentration entre quelques adresses dépasse les niveaux observés sur la majorité des memecoins lancés via Pump.fun, ce qui pose la question centrale de la gouvernance réelle du projet une fois le token en circulation.

Réactions hostiles de l’écosystème crypto
La réaction du secteur a été quasi unanimement négative. Jordan Fish, alias Cobie, responsable de l’équipe Base au sein de Coinbase, a clarifié qu’aucun partenariat n’existe entre LAPTOP et Coinbase ou Base, rappelant que « n’importe qui peut déployer un token sur Base sans approbation ». Jesse Pollak, fondateur de Base, a confirmé que l’équipe LAPTOP avait pris contact avant le lancement, mais que Base avait pris une « décision consciente » de ne pas participer ni à la conception ni à la promotion du token, invoquant la complexité politique du dossier et un manque de légitimité pour orienter le résultat.
« Base est sans permission et nous invitons toute personne à y construire »
Jesse Pollak, fondateur de Base
Les traders se sont également mobilisés sur les réseaux sociaux. Le développeur DeFi pseudonyme scupytrooples a écrit sur X : « Mec, va te faire foutre. Il est encore temps de revenir en arrière. » Le trader DonAlt a qualifié l’initiative d’« véritable embarras », soulignant que Biden avait « enfin reçu une plateforme » et l’avait utilisée pour lancer un memecoin. L’investisseur pseudonyme Le Général Byzantin lui a simplement conseillé de « ne jamais revenir ». L’émetteur de tokens Pump.fun continuait néanmoins de promouvoir LAPTOP dans ses flux, et des tokens imitatifs portant le même nom étaient échangés sur la plateforme aux heures matinales asiatiques.
La pression communautaire a suffi à faire reculer certaines entreprises. La plateforme Kraken a supprimé un post promotionnel après que les traders ont interrogé dans les commentaires les raisons pour lesquelles une grande place de marché faisait la publicité d’un memecoin à résonance politique. Kraken n’a pas confirmé publiquement l’abandon d’une cotation, mais le site officiel du token indique que les annonces de listings interviendront « lorsque les négociations avec les plateformes débuteront ».
Analyse technique du smart contract et risques on-chain
Selon les données analysées par CoinNess, environ 800 millions de tokens — soit 80 % de l’offre totale — sont concentrés dans un seul portefeuille Gnosis Safe multisig. Les cinq premières adresses détiennent collectivement 99,85 % de l’offre, révélant un déséquilibre extrême dans la distribution. Cette structure implique qu’un nombre très restreint d’acteurs peut dicter la profondeur du carnet d’ordres, la liquidité disponible et, in fine, le prix de marché.
Sur le plan technique, le smart contract s’appuie sur une architecture LayerZero standard, sans fonction de liste noire ni taxe de transaction intégrée. En revanche, le propriétaire du contrat peut étendre les fonctionnalités en définissant des paires cross-chain (interopérabilité entre blockchains), ce qui laisse un risque résiduel lié au contrôle administratif de haut niveau. Les politiques annoncées — vesting des fondateurs, burns politiques jusqu’à 30 %, airdrops de 20 % — ne sont actuellement pas implémentées directement dans le contrat ; leur application effective dépendra de déploiements complémentaires dont la vérification reste à réaliser.
Contexte politique et précédents familiaux
Le laptop de Hunter Biden avait généré des milliers de mèmes lors de la campagne présidentielle de 2020, après la divulgation controversée de courriels, documents financiers et contenus personnels relatifs à sa consommation de drogue. Ses avocats avaient alors affirmé que les fichiers avaient été manipulés. Biden tente désormais de transformer cette notoriété en actif financier, en capitalisant sur l’aura virale du scandale.
Il n’est pas le premier membre d’une famille politique américaine à se lancer dans les memecoins. Donald Trump et son épouse Melania avaient lancé leurs propres tokens avant le retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, générant — selon les estimations — entre 1 milliard et 1,5 milliard de dollars de gains pour la famille Trump, tandis que la majorité des investisseurs particuliers ont essuyé des pertes. Ce précédent alimente la méfiance actuelle du secteur envers les memecoins à coloration politique, perçus comme des véhicules d’enrichissement personnel au détriment des détenteurs finaux.
Scénarios et perspectives à court terme
Trois scénarios se dessinent à l’approche du 9 septembre. Scénario baissier : la concentration de l’offre, l’absence de soutien institutionnel et la défiance des principaux influenceurs crypto provoquent un sell-off (vente massive) immédiat, faisant chuter le token sous son prix d’émission dès les premières heures de cotation. Scénario neutre : une communauté spéculative se constitue autour du narrative politique, maintenant un volume modeste mais suffisant pour assurer la liquidité. Scénario haussier (peu probable) : un retournement d’opinion, catalysé par un effet viral imprévu, permettrait une pump (hausse) courte mais violente, suivie d’une correction brutale.
Pour les investisseurs avertis, la leçon des memecoins politiques TRUMP et MELANIA reste valable : la asymétrie d’information, la concentration tokenomique et l’absence de mécanisme de protection on-chain constituent des facteurs de risque structurels. Le projet LAPTOP, dépourvu de whitelist, de timelock vérifié et de gouvernance décentralisée, se positionne aujourd’hui comme l’un des cas d’école les plus extrêmes de l’année 2026 en matière de déséquilibre entre fondateurs et marché secondaire.
Conclusion
Le lancement du memecoin LAPTOP illustre la convergence croissante entre actualité politique américaine et économie numérique speculative. La tokenomics ultra-concentrée, le désaveu public de Coinbase/Base et la mémoire encore vive des pertes massives sur les memecoins Trump dessinent un terrain particulièrement miné pour les acheteurs du 9 septembre. À court terme, la dynamique dépendra moins de fondamentaux que de la capacité du projet à rallier une frange spéculative prête à ignorer les signaux techniques négatifs — un scénario déjà observé, et historiquement peu profitable pour les retardataires.
Sources
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

