Chômage caché, IA et Bitcoin : le paradoxe involontaire de Bill Gates

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Bill Gates a publié le 26 août 2026 un essai sur son blog GatesNotes qui marque un tournant dans son discours sur l’intelligence artificielle. Le cofondateur de Microsoft y décrit l’IA comme une source potentielle de « plus grand égalisateur jamais inventé » ou de « pire source d’injustice », tout en reconnaissant que ses constats sur la précarité du marché du travail américain rejoignent, involontairement, les critiques formulées par les défenseurs de Bitcoin depuis 2009.

🔑 En bref

  • Bill Gates appelle à un organe international de régulation de l’IA, sur le modèle de l’AIEA ou de l’OACI.
  • Le « True Rate of Unemployment » atteint 24,9 % aux États-Unis en juillet 2026, contre 4,1 % pour le chômage officiel.
  • La fondation Gates engagera 200 milliards de dollars d’ici 2045, dont une part croissante pour des projets liés à l’IA.
  • Sam Altman (OpenAI) admet qu’il faudra « peut-être ralentir » le rythme de développement de l’IA.
  • Hostile au Bitcoin depuis 2018, Gates cite pourtant des arguments proches de ceux des défenseurs de la cryptomonnaie.

L’essai alarmiste de Bill Gates sur l’IA

Dans son texte intitulé « The turbulent AI era is here and the choices we make now are critical », Bill Gates prévient que l’IA pourrait devenir « la plus grande disruption depuis la révolution industrielle ». Le milliardaire redoute la disparition des postes d’entrée de gamme — service client, développement logiciel, support technique — ceux par lesquels une génération entière apprend les rudiments du métier. Il pointe également la baisse des barrières techniques pour les cyberattaques et pour certaines recherches biotechnologiques risquées.

« L’IA sera soit le plus grand égalisateur jamais inventé, soit la pire source d’injustice. Même dans les meilleures circonstances, la transition vers cette nouvelle ère de l’IA sera l’une des périodes les plus tumultueuses de l’histoire de l’humanité. »

Bill Gates, cofondateur de Microsoft

Pour contenir ces risques, Gates avance plusieurs pistes : création de zones réservées aux humains dans la santé et l’éducation, taxe sur les robots et sur les contenus générés par l’IA, émission de tokens IA dédiés au financement de la reconversion professionnelle. Il plaide surtout pour la mise sur pied d’un organe international inspiré de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), et souhaite rencontrer le président chinois Xi Jinping cette année pour poser les bases d’une coopération sino-américaine sur les usages dangereux de l’IA.

Des propositions qui font écho aux critiques du capitalisme financier

Plusieurs des mesures défendues par Gates — taxation des gains de productivité, financement public de la reconversion, gouvernance mondiale des technologies de rupture — recoupent des revendications historiquement portées par les défenseurs de Bitcoin et de la finance décentralisée. Le parallèle est d’autant plus piquant que le milliardaire qualifiait encore Bitcoin de « pure théorie du grand fou » sur CNBC en 2018, position qu’il n’a pas réévaluée depuis.

« Je n’aime pas annoncer de mauvaises nouvelles aux gens ou dire que l’innovation peut avoir des conséquences globalement négatives, mais nous en sommes là. »

Bill Gates, interview au New York Times

Le chômage caché : un thermomètre contesté

Le Ludwig Institute for Shared Economic Prosperity (LISEP) publie chaque mois le True Rate of Unemployment (TRU), un indicateur alternatif qui agrège les chômeurs officiels, les travailleurs à temps partiel subi et tous ceux dont le revenu annuel tombe sous le seuil de pauvreté fixé à 26 000 dollars. En juillet 2026, ce taux atteignait 24,9 %, en hausse pour le quatrième mois consécutif, quand le chômage officiel du Bureau of Labor Statistics (BLS) affichait 4,1 %. Chez les femmes, le TRU grimpe à 31 %, son plus haut niveau depuis mars 2021.

PériodeTaux officiel (BLS)TRU (Ludwig Institute)
Décembre 2025n.d.25,2 %
Juin 20264,2 %24,7 %
Juillet 20264,1 %24,9 %

La méthodologie du LISEP ne fait toutefois pas l’unanimité. Gregory Daco, économiste en chef chez EY-Parthenon, a déclaré à CBS News qu’« un taux de chômage dans la zone des 20 % ne correspond à rien de ce qu’on observe dans l’économie américaine ». Oren Etzioni, fondateur de l’Allen Institute for AI, partage le diagnostic de Gates mais conteste ses remèdes : taxer les tokens IA revient selon lui à « taxer les frappes sur une machine à écrire ». Il prévient par ailleurs que ralentir l’IA américaine offrirait un boulevard à la concurrence chinoise. Aucun des deux ne soutient cependant que le marché du travail américain se porte bien : ils contestent le thermomètre, pas la fièvre.

L’IA et Bitcoin : même facture énergétique

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation électrique mondiale des centres de données est passée à environ 415 térawattheures (TWh) en 2024. Elle devrait doubler d’ici 2030, pour atteindre près de 945 TWh, sous l’effet des serveurs dédiés à l’IA, en croissance de 30 % par an. Cette trajectoire énergétique rapproche mécaniquement les débats sur l’IA de ceux qui entourent le minage de Bitcoin : deux industries gourmandes en électricité, dont l’empreinte carbone est désormais scrutée par les régulateurs et les gestionnaires de réseau.

Le marché crypto à l’écoute du prochain NFP

Le prochain rapport sur l’emploi américain (Non-Farm Payrolls) est attendu début septembre 2026, et le marché crypto le surveillera de près. À chaque publication récente, le cours de Bitcoin a bougé de plusieurs pour cent en quelques minutes, signe d’une sensibilité croissante aux indicateurs macroéconomiques. Le décalage entre les chiffres officiels (4,1 %) et les mesures alternatives (24,9 %) pourrait renforcer le narratif crypto d’un système monétaire traditionnel qui sous-estime la fragilité économique réelle.


Conclusion : un narratif involontaire

Le virage de Bill Gates illustre un paradoxe révélateur : l’un des critiques les plus virulents de Bitcoin valide, sans le vouloir, les thèses que la communauté crypto défend depuis 2009 — précarité salariale, érosion du pouvoir d’achat, aveuglement des indicateurs macroéconomiques traditionnels. Reste à voir si les marchés intégreront ce nouveau narratif dans les semaines à venir, à l’approche du rapport NFP de septembre et alors que plusieurs voix du secteur tech — Sam Altman, Dario Amodei, Mark Zuckerberg, Demis Hassabis — se sont elles aussi publiquement inquiétées des conséquences sociales de l’IA.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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