Goldman Sachs a marqué un tournant majeur dans sa lecture de la politique monétaire américaine. Le 17 août 2026, l’économiste en chef Jan Hatzius a qualifié de « très improbable » une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre, invoquant l’amélioration attendue de l’inflation et la décélération du marché du travail. Ce revirement contraste fortement avec les anticipations formulées un an plus tôt.
🔑 En bref
- Le 17 août 2026, Goldman Sachs a jugé « très improbable » une hausse des taux de la Fed en septembre
- Jan Hatzius s’appuie sur l’amélioration de l’inflation, la faiblesse des ventes au détail et le ralentissement de l’emploi
- Le CME FedWatch ne donnait qu’une probabilité de 30,6 % à une hausse de 25 pdb en septembre
- La banque inverse sa prévision de juillet 2025, qui anticipait cinq baisses de taux successives
- Le bitcoin se maintient autour de 63 500 $ dans une fourchette de 62 000 $ à 66 000 $ depuis plus d’un mois
Le diagnostic de Goldman sur l’économie américaine
Dans une note publiée le 17 août 2026, l’économiste en chef de Goldman Sachs, Jan Hatzius, a livré une lecture particulièrement pessimiste sur la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire de la Fed. Selon lui, la conjonction d’une inflation en reflux et d’un marché du travail en perte de vitesse ne justifie aucune hausse supplémentaire des taux directeurs.
« Sous nos prévisions économiques de base, les nouvelles concernant l’inflation ont une probabilité plus grande de s’améliorer encore plutôt que de se détériorer à nouveau au cours de l’année. Nous croyons toujours que la tarification du marché pour le taux des fonds est excessivement hawkish. »
Jan Hatzius, Économiste en chef de Goldman Sachs
Goldman pointe trois indicateurs déterminants : la faiblesse des ventes au détail, le ralentissement de la création d’emplois et la décélération de l’inflation. Ces signaux convergent vers un scénario où la Réserve fédérale n’aurait pas de raison objective de durcir davantage sa politique monétaire.
Le marché a réagi à cette note. D’après l’outil CME FedWatch, la probabilité implicite d’une hausse de 25 points de base (pdb) en septembre s’est établie à 30,6 %, contre des attentes nettement plus élevées quelques semaines auparavant. Les investisseurs intègrent désormais le scénario d’un statu quo prolongé.

Cette nouvelle lecture macroéconomique tranche avec le climat de l’été 2025, lorsque la même banque anticipait un cycle d’assouplissement monétaire marqué.
Un retournement spectaculaire par rapport à 2025
Le changement de cap de Goldman Sachs est d’autant plus significatif qu’il contredit les prévisions formulées à peine un an plus tôt. Le 7 juillet 2025, l’économiste en chef pour les États-Unis, David Mericle, estimait que la Fed pourrait réduire ses taux dès septembre, avec une probabilité « légèrement supérieure à 50 % ».
L’équipe de recherche tablait alors sur cinq baisses successives de 25 pdb : en septembre, octobre et décembre 2025, puis en mars et juin 2026. Le taux terminal avait été revu à la baisse, passant d’une fourchette de 3,5 %-3,75 % à 3 %-3,25 %.
| Date de prévision | Économiste | Scénario anticipé | Taux terminal |
|---|---|---|---|
| Juillet 2025 | David Mericle | 5 baisses de 25 pdb dès septembre 2025 | 3,00 % – 3,25 % |
| Août 2026 | Jan Hatzius | Hausse très improbable, statu quo privilégié | 3,50 % – 3,75 % (inchangé) |
Dans une interview plus ancienne accordée au Brazil Journal, David Mericle défendait déjà la thèse d’un « atterrissage en douceur » de l’économie américaine. Il projetait alors un maintien des taux dans la fourchette de 5,25 %-5,50 % jusqu’au troisième trimestre 2025, avec une première baisse envisagée au quatrième trimestre 2024. Cette conviction de longue date n’a manifestement pas résisté aux données effectivement observées en 2026.
Le FOMC de juillet et les dissensions internes
Le contexte monétaire s’est durci lors de la réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) du 29 juillet 2026. Le taux directeur a été maintenu dans la fourchette de 3,50 %-3,75 %, mais le vote a révélé des tensions internes inhabituelles : neuf voix pour le maintien, mais trois dissensions en faveur d’une hausse de 25 pdb.
Les trois faucons sont Beth Hammack (Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas). Il s’agit du plus grand nombre de dissensions depuis septembre 2016. La probabilité d’une hausse en septembre, telle que calculée par le CME FedWatch, est passée à 71,3 % le lendemain de la réunion, contre 55,8 % la veille.
« Le Comité reste résolu à assurer la stabilité des prix. »
Kevin Warsh, Président de la Réserve fédérale
Le président de la Fed, Kevin Warsh, s’est montré évasif sur la trajectoire future lors de la conférence de presse, refusant de pronostiquer les prochaines étapes. Cette prudence n’a pas empêché les marchés d’intégrer un scénario plus restrictif après la réunion.
Bitcoin, marchés actions et appétit pour le risque
La note de Goldman s’inscrit dans un environnement où le bitcoin, baromètre traditionnel de l’appétit pour le risque, évolue dans une fourchette étroite. Le 17 août 2026, la cryptomonnaie se négociait autour de 63 500 $, en hausse d’environ 1 % depuis minuit UTC. Depuis plus d’un mois, le BTC oscille entre 62 000 $ et 66 000 $, signe d’une stabilité relative malgré les incertitudes monétaires.
Les marchés actions ont réagi de manière contrastée à la décision de juillet 2026. Le Nasdaq a effacé ses pertes pour finir en légère hausse de 0,05 %, tandis que le S&P 500 a reculé de 0,23 % et le Dow Jones a cédé 1,32 %. Les rendements des obligations américaines à deux ans ont baissé, traduisant un repositionnement des investisseurs.
Le PDG de Goldman Sachs, David Solomon, a apporté une nuance importante lors d’une conférence organisée par Barclays le 17 août 2026. Pour lui, l’urgence d’une baisse de taux n’est pas démontrée : « Il ne me semble pas que le taux d’intérêt soit extraordinairement restrictif lorsqu’on observe l’appétit pour le risque. » L’enthousiasme des investisseurs se situerait, selon lui, à l’extrémité haute du spectre.
Cette lecture se heurte aux demandes pressantes de l’administration Trump. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a récemment appelé la Fed à baisser ses taux d’au moins 1,5 point de pourcentage. De son côté, Beth Hammack a réitéré qu’aucun motif ne justifiait une baisse dans l’immédiat, l’inflation restant supérieure à l’objectif de 2 % et sur une trajectoire ascendante.
Conclusion
La note de Goldman Sachs du 17 août 2026 marque un point d’inflexion notable dans le débat sur la trajectoire monétaire américaine. En qualifiant une hausse des taux en septembre de « très improbable », Jan Hatzius valide un scénario de statu quo prolongé, soutenu par une inflation en repli et un marché du travail affaibli. Pourtant, les trois dissensions hawkish du FOMC de juillet rappellent que l’institution n’est pas unanime.
Dans ce contexte d’incertitude, le bitcoin conserve une volatilité contenue dans la fourchette des 62 000 $-66 000 $. Les prochains indicateurs d’inflation et les déclarations de Kevin Warsh lors du symposium de Jackson Hole seront déterminants pour évaluer si le scénario Goldman – statu quo durable – s’impose, ou si la Fed finit par basculer vers un nouveau cycle de resserrement.
Sources
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

