L’or en hausse pour la 3e séance, l’IPC US au centre de l’attention

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L’or consolide ses gains pour une troisième séance consécutive après avoir touché un pic de plus de deux mois à 4 434,84 dollars l’once. Les investisseurs attendent désormais les publications de l’IPC mercredi et de l’IPP jeudi pour évaluer la trajectoire des taux de la Réserve fédérale avant la réunion du FOMC des 15-16 septembre.

🔑 En bref

  • L’or au comptant a culminé à 4 434,84 $/oz mardi, son plus haut depuis le 5 juin
  • Les contrats à terme américains clôturent à 4 430,80 $, en hausse de 0,3 % sur la séance
  • Le CME FedWatch price désormais 52 % de probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre 44 % lundi
  • Calendrier macro chargé : IPC mercredi et IPP jeudi pour calibrer la politique monétaire
  • L’argent recule à 63,45 $/oz, le platine à 1 742,50 $/oz, le palladium chute de 1,1 %

Un pic de plus de deux mois puis une stabilisation

Sur le marché au comptant, l’or a touché mardi un sommet de 4 434,84 dollars l’once, son plus haut niveau depuis le 5 juin, avant de se replier en fin de séance. Lundi 10 août, le métal jaune avait déjà atteint son plus haut en sept semaines — niveau inédit depuis le 17 juin — porté par des données américaines sur l’emploi nettement plus faibles qu’attendu. Spot gold s’est établi à 4 322,28 $/oz lundi à 02h00 GMT (-0,5 %), puis à 4 371,92 $/oz mardi (-0,4 %). Les contrats à terme sur l’or américain ont, eux, clôturé à 4 381,60 $ lundi et à 4 430,80 $ mardi, en hausse de 0,3 %.

« L’or recule légèrement car il succombe à des prises de bénéfices après les solides gains inspirés par les créations d’emplois non agricoles de la semaine dernière, a commenté Tim Waterer, analyste en chef du marché chez KCM Trade. Cela ressemble à une stabilisation naturelle plutôt qu’à un changement significatif de sentiment. Je m’attends à ce que l’or reste soutenu au-dessus du niveau de 4 300 dollars à court terme. »

Rendements obligataires : le frein à la hausse

Les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans ont atteint un plus haut de plus d’une semaine, augmentant le coût d’opportunité (le rendement obtenu ailleurs, ici sur les taux sans risque) de la détention d’or, métal qui ne verse ni coupon ni dividende. Cette hausse des rendements réels limite mécaniquement l’attractivité du métal jaune face aux placements à revenu fixe.

« L’incertitude au Moyen-Orient reste un facteur de risque persistant, car toute résurgence des tensions qui fait monter les prix du pétrole pourrait rapidement exercer une pression sur le métal jaune. »

Tim Waterer, analyste en chef du marché chez KCM Trade

Les anticipations de marché concernant une hausse des taux de la Fed en septembre se sont renforcées après la révision des chiffres de l’emploi. Selon l’outil CME FedWatch, les traders tablent désormais sur une probabilité de 52 % d’une hausse des taux en septembre, contre 44 % lundi. La probabilité d’une hausse lors de la réunion de juillet était tombée à 25,1 %, contre 74,9 % pour un maintien, d’après les prix du marché au 10 juillet. La gouverneure de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, a déclaré lundi qu’elle estimait que « le moment était venu de commencer à relever progressivement les taux d’intérêt afin d’éviter des hausses plus marquées par la suite ».

Pétrole et Moyen-Orient : un risque géopolitique à double tranchant

Les cours du pétrole ont progressé mardi après que le président américain Donald Trump a répondu aux conditions posées par l’Iran pour un éventuel accord de paix, en exigeant que Téhéran verse une compensation pour les personnes tuées dans les guerres, attaques et manifestations. Cette rhétorique alimente les inquiétudes concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du brut mondial.

« La hausse des prix du pétrole a dopé les rendements des bons du Trésor américain, ce qui pèse sur les prix de l’or », a souligné Hamad Hussain, économiste des matières premières chez Capital Economics. L’Iran a indiqué qu’il s’approchait d’un accord final avec Oman définissant de nouvelles routes maritimes à travers le détroit, tout en répétant que les États-Unis devaient satisfaire plusieurs conditions avant la réouverture de cette voie navigable stratégique.

IPC et IPP : les rendez-vous qui dicteront la trajectoire

Les investisseurs attendent désormais deux publications clés : l’indice des prix à la consommation (IPC) américain mercredi, suivi de l’indice des prix à la production (IPP) jeudi. Ces deux indicateurs fourniront des indices directs sur la trajectoire de désinflation et, par conséquent, sur le calendrier de la Fed.

Selon Hamad Hussain, un IPC plus chaud que prévu pourrait justifier une hausse des taux à la prochaine réunion du FOMC et exercer une pression supplémentaire à la baisse sur l’or. À l’inverse, Tim Waterer estime que « des lectures douces renforceraient le cas d’un maintien des taux et dégageraient la voie vers de nouvelles perspectives haussières pour l’or ». Rappelons que l’économie américaine a perdu des emplois de manière inattendue en juillet, tandis que les créations des deux mois précédents ont été fortement révisées à la baisse — un retournement qui a fait passer les probabilités de hausse en septembre de plus de 50 % à moins de 50 %.

Le reste du complexe métal : argent et platine sous pression

La prudence s’est aussi diffusée aux autres métaux précieux. Lundi, l’argent au comptant a cédé 0,2 % à 63,45 $/oz, le platine a reculé de 0,1 % à 1 742,50 $, tandis que le palladium a chuté de 1,1 % à 1 362,97 $. La baisse du palladium reflète la faiblesse de la demande industrielle, notamment dans le secteur automobile où il est utilisé pour les catalyseurs.

Le tableau ci-dessous récapitule les cours et variations de la séance :

MétalCours (USD/oz)Variation
Or (spot, mardi)4 371,92-0,4 %
Or (futures US, mardi)4 430,80+0,3 %
Argent (spot)63,45-0,2 %
Platine (spot)1 742,50-0,1 %
Palladium (spot)1 362,97-1,1 %

Conclusion : entre prises de bénéfices et soutien structurel

L’or évolue dans une zone d’équilibre fragile, entre prises de bénéfices techniques et soutien structurel lié aux attentes de politique monétaire. Le niveau psychologique des 4 300 $/oz semble tenir, mais la trajectoire des prochains jours dépendra quasi exclusivement des chiffres de l’IPC et de l’IPP. Trois scénarios se dessinent : un IPC tiède relancerait la hausse vers les 4 450 $ et au-delà, un IPC conforme aux attentes maintiendrait le range actuel, tandis qu’un IPC plus chaud que prévu ferait basculer les probabilités FedWatch vers une hausse quasi acquise et pousserait l’or vers les 4 250 $.

Le facteur géopolitique reste par ailleurs un joker : toute escalade autour du détroit d’Ormuz pourrait faire basculer simultanément le pétrole, les rendements et l’or dans une configuration chaotique. Dans tous les cas, la volatilité implicite sur le métal jaune devrait rester élevée jusqu’à la publication de mercredi.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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