Le Minnesota bannit les apps de nudification : xAI perd son recours

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Le Minnesota est devenu le premier État américain à interdire explicitement les technologies de « nudification », après qu’un juge fédéral a rejeté la demande de xAI, la société d’Elon Musk, visant à suspendre cette loi. L’entreprise invoquait le Premier Amendement, mais le tribunal a estimé que le retard dans le dépôt de la requête suggérait l’absence de préjudice immédiat.

🔑 En bref

  • Un juge fédéral a rejeté la demande de TRO de xAI le 31 juillet 2026
  • La loi du Minnesota interdit les technologies de « nudification » à compter du 1er août
  • Sanctions civiles jusqu’à 500 000 dollars par infraction
  • Une audience sur l’injonction préliminaire est prévue le 19 août

La décision de justice

Le juge Donovan Frank, du tribunal fédéral du Minnesota, a rejeté vendredi 31 juillet 2026 la demande de mesure de restriction temporaire (TRO) déposée par xAI. L’entreprise d’Elon Musk contestait la loi étatique qui interdit les applications de « nudification », des outils permettant de transformer par intelligence artificielle des photos de personnes en images pornographiques non consenties. Dans son ordonnance de deux pages, le magistrat a particulièrement relevé le délai de près de trois mois séparant la signature de la loi de la requête de l’entreprise.

« xAI filed the motion on July 29, 2026, nearly three months after the law was signed, and only three days before the law is set to take effect. Such a delay in bringing the action and the motion suggests that harm is not immediate. »

Juge Donovan Frank, Tribunal fédéral du Minnesota

Cette décision permet à la réglementation, adoptée par le Minnesota en mai 2026 et signée par le gouverneur Tim Walz après un vote quasi unanime des deux partis à la législature, d’entrer en vigueur samedi 1er août. Le procès au fond se poursuit néanmoins, et une audience est prévue le 19 août devant le tribunal fédéral de Saint-Paul pour déterminer si une injonction préliminaire doit être accordée.

Contenu et sanctions de la loi

Le texte interdit à toute personne possédant ou contrôlant un site web, une application ou un logiciel de permettre aux utilisateurs de « nudifier » des images de tiers. Il prohibe également la promotion ou la publicité de ces capacités. La loi définit une image « nudifiée » comme une image ou une vidéo altérée ou générée pour représenter une partie intime qui n’apparaissait pas dans l’original d’une personne identifiable, et ce, lorsque le résultat est suffisamment réaliste pour qu’une personne raisonnable croie que la partie intime appartient à cette personne.

DispositionDétails
Interdiction principaleTechnologies permettant la nudification de personnes sans leur consentement
Pénalités civilesJusqu’à 500 000 $ par accès, téléchargement ou usage illicite
Dommages-intérêtsPour détresse psychologique et sanctions punitives
Peines criminellesAucune (loi civile uniquement)
Actions en justiceProcureur général du Minnesota et victimes

Réactions politiques et juridiques

Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a qualifié la décision de « great news » et a déclaré : « I am extremely proud to be defending this law, and along with it, the dignity of the people of Minnesota. Ces applications de nudification, y compris Grok Imagine, ont été utilisées pour produire des contenus d’abus sexuels sur enfants et harceler des personnes de la manière la plus vilaine. Ce comportement répugnant n’est pas le bienvenu au Minnesota. »

Le gouverneur Tim Walz a publié un message sur X (anciennement Twitter) à l’encontre d’Elon Musk : « See you in court, creep. »

Du côté des libertés civiles, l’ACLU du Minnesota a indiqué que, bien qu’elle considère la création de technologies de nudification comme relevant du Premier Amendement, la version finale du projet de loi « ne trouve pas le juste équilibre » entre la liberté d’expression et la protection des victimes.

« While we believe that creating the technology to alter or ‘nudify’ photos of identifiable people is protected by the First Amendment, we also recognize that the non-consensual creation and dissemination of such material can inflict damage on people appearing in those images. »

ACLU du Minnesota

La Fondation pour les droits individuels et l’expression (FIRE) a également critiqué le texte. John Coleman, conseiller législatif pour l’IA et la liberté d’expression au sein de la fondation, a expliqué : « Minnesota’s law is supposed to stop AI-generated nude images, but it’s written so broadly that it could end up covering benign political memes too, like President Trump in a bikini or former President Obama in hotpants. Americans have a First Amendment right to joke about, criticize, and parody public figures. A law that reaches that expression deserves to be struck down by the courts. »

La genèse de la controverse Grok

La genèse de cette loi remonte à la sortie, en décembre 2025, d’une version du modèle de Grok intégrant la fonction « Imagine ». Celle-ci a permis aux utilisateurs de la plateforme X (elle-même liée à xAI et à SpaceX) de générer à grande échelle des images sexualisées de vraies personnes, y compris des mineurs, à partir de simples requêtes en langage naturel. Face à l’indignation mondiale, Apple a menacé de retirer l’application Grok de son App Store si des modifications n’étaient pas apportées.

En janvier 2026, xAI a révisé ses politiques pour interdire la création d’images nues ou sexualisées sans consentement. Néanmoins, des tests réalisés jusqu’en avril 2026 par plusieurs médias spécialisés ont montré que Grok continuait de produire des deepfakes nus de personnes sans leur accord, les utilisateurs cherchant activement à contourner les restrictions mises en place.

xAI a expliqué dans sa plainte que la loi Minnesota « impose une interdiction de contenu trop large, fondée sur le contenu, sur la liberté d’expression et sur les outils d’expression visuelle, dans une tentative maladroite de prohiber la ‘nudification’. » L’entreprise ne conteste pas l’intérêt de l’État à interdire la diffusion d’images nues générées artificiellement sans consentement, mais affirme que le texte « dépasse cet objectif, exposant un large éventail de discours protégés à des sanctions civiles et gouvernementales. »

La plainte cite des exemples d’images qui seraient interdites en vertu de la nouvelle loi, y compris une photo partagée par le président Donald Trump montrant des législateurs torse nu flottant dans le Reflecting Pool de Washington. xAI soutient que la création d’images et de vidéos via Grok Imagine relève du Premier Amendement et que la loi ne prévoit pas de « refuge sûr » pour les efforts de bonne foi des entreprises.

« La responsabilité s’attache même si les personnes représentées ont consenti ou ont elles-mêmes créé l’image, et même si l’image n’est jamais partagée. Elle s’attache également si l’image a une valeur artistique, scientifique, politique, satirique, éducative, médicale ou religieuse, et ce, même si l’entreprise a déployé des contrôles techniques quasi parfaits pour empêcher la génération d’images nues. »

Mémoire de xAI, Tribunal fédéral du Minnesota

Actions en justice et pressions sur les plateformes

Par ailleurs, SpaceX, la société mère de xAI, fait face à des recours collectifs de la part de plaignants affirmant que le chatbot Grok a créé ou partagé des deepfakes nus les représentant, enfants ou adultes, et que xAI n’a pas signalé les auteurs présumés aux autorités. En juillet 2026, l’avocat de la ville de San Francisco, David Chiu, a envoyé des lettres de cessation et desist aux géants Apple et Google, leur demandant de retirer les applications de nudification de leurs boutiques d’applications respectives.


Perspectives et suites de l’affaire

Avec l’entrée en vigueur de la loi samedi 1er août, le Minnesota devient le premier État américain à interdire explicitement les technologies de nudification. Cette avancée législative majeure pourrait inspirer d’autres États ou le Congrès fédéral dans la régulation de l’intelligence artificielle générative. L’affaire reste pendante et pourrait servir de précédent majeur dans le débat entre régulation de l’IA et liberté d’expression garanti par le Premier Amendement.

La prochaine audience du 19 août déterminera si le tribunal accepte d’imposer une injonction préliminaire bloquant temporairement l’application de la loi pendant l’examen du fond. Si xAI obtenait cette injonction, la loi serait suspendue jusqu’à la décision finale. Dans le cas contraire, elle restera en vigueur pendant toute la durée de la procédure, exposant potentiellement xAI et d’autres entreprises du secteur à des poursuites civiles.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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