Zach Pandl (Grayscale) : Bitcoin à 126 000 $ d’ici mi-2026, Ethereum prêt à surperformer

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Le marché des cryptomonnaies pourrait vivre un tournant majeur au cours des prochains mois. Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale Investments, a livré lors d’une interview accordée à Unchained ses prédictions pour le premier semestre 2026 : Bitcoin devrait atteindre un nouveau plus haut historique à 126 000 dollars, tandis qu’Ethereum est positionné pour continuer à surperformer le roi des cryptomonnaies. Des perspectives optimistes qui s’appuient sur des fondamentaux macroéconomiques solides, une clarté réglementaire croissante aux États-Unis, et l’intégration croissante des stablecoins dans la finance traditionnelle.

Bitcoin et Ethereum illustration

« Nous pensons que Bitcoin atteint un nouveau plus haut historique au premier semestre 2026 », a déclaré Zach Pandl. Son objectif de prix précis pour Bitcoin est fixé à 126 000 dollars d’ici le 30 juin 2026.

Bitcoin en route vers un nouveau record historique

Les fondamentaux qui soutiennent cette prévision haussière sont multiples et cohérents. Le premier pilier réside dans la demande macroéconomique pour des actifs alternatifs de préservation de valeur. Face aux déséquilibres persistants des économies occidentales — dette publique record, politique monétaire expansive, incertitudes géopolitiques croissantes — les investisseurs cherchent des refuges hors du système financier traditionnel. Bitcoin, avec sa supply limitée à 21 millions d’unités et sa décentralisation, s’est imposé comme le candidat naturel à cette fonction.

« Les flux de capitaux vers les ETF crypto proviennent massivement de la demande pour des actifs alternatifs de préservation de valeur », a déclaré Zach Pandl. « Je pense que ce sera une source très régulière de demande pour les flux entrants dans les ETF, créant un soutien persistant pour Bitcoin. »

Les données de JPMorgan citées par Pandl indiquent que les flux entrants dans l’écosystème crypto ont atteint environ 150 milliards de dollars l’année passée. Cette dynamique semble loin d’être épuisée. Pandl évalue la répartition entre les facteurs macroéconomiques et les flux liés aux ETF à environ 70-30 en faveur des premiers, suggérant que Bitcoin reste avant tout un actif macroéconomique.

Malgré cet optimisme, Pandl reconnaît que le chemin vers 126 000 dollars ne sera pas linéaire. Les détenteurs de Bitcoin sur le long terme ont accumulé des profits considérables depuis les creux de 2024-2025, et une partie de ces gains pourrait être réalisée avant la prochaine jambe de hausse.

Ethereum : le grand bénéficiaire de la clarté réglementaire

Si Bitcoin devrait performer, Ethereum pourrait faire encore mieux. C’est du moins l’analyse de Zach Pandl, qui voit la plateforme smart contract comme le grand gagnant de la nouvelle ère réglementaire qui s’annonce aux États-Unis.

« Mon point de vue est qu’Ethereum continue de surperformer », a déclaré Pandl. « La plateforme smart contract Ethereum bénéficie dans certains cas davantage de la clarté réglementaire que Bitcoin, qui en est encore à développer ses solutions de seconde couche. »

Cette position s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, Ethereum dispose déjà d’un cadre réglementaire plus établi grâce à la classification de l’ETH comme commodity par la CFTC. Deuxièmement, la plateforme a développé un écosystème DeFi et NFT massif qui attire désormais l’attention des acteurs institutionnels. Troisièmement, l’amélioration continue du réseau — avec notamment les progrès sur le scaling via les solutions de seconde couche — renforce sa proposition de valeur à long terme.

La perspective d’une législation bipartite représente une opportunité historique pour le secteur crypto. Le Genius Act, mentionné par Pandl, propose notamment de clarifier le statut juridique des jetons, en établissant une distinction claire entre securities et commodities. Cette clarification serait révolutionnaire pour les plateformes comme Ethereum, qui a davantage à perdre que certains autres acteurs si le cadre réglementaire reste flou.

« Si nous obtenons cette clarté réglementaire, les produits institutionnels basés sur Ethereum et d’autres tokens smart contract vont se multiplier rapidement », a prédit Pandl. « Les rendements de staking proposés aux détenteurs long-terme restent un argument solide. »

La stratégie d’Ethereum : qualité plutôt que quantité

Contrairement à certaines blockchains concurrentes qui misent sur la vitesse brute et les frais bas, Ethereum a adopté une stratégie de différenciation par la qualité de son espace de blocs. La plateforme vise une décentralisation maximale et une résilience accrue, plutôt que de concurrencer les réseaux centralisés sur le terrain de la performance transactionnelle pure.

« C’est vraiment le choix stratégique d’Ethereum : viser un espace de blocs de haute qualité, plus de décentralisation, plus de résilience », a expliqué Pandl. « C’est une approche qui paie à long terme quand les investisseurs institutionnels commencent à évaluer les actifs numériques de manière sérieuse. »

Cette orientation semble payante. Malgré une période difficile au premier trimestre 2026 — avec un plus-bas à environ 1 730 dollars en février après une chute de près de 50% depuis le sommet de janvier à 3 410 dollars — l’ETH a retrouvé le seuil des 2 000 dollars et pourrait clore mars 2026 sur sa première bougie mensuelle positive depuis août 2025. Historiquement, le mois d’avril a été favorable à Ethereum, avec des gains moyens de 18% et un rendement médian proche de 9%.

Les stablecoins deviennent mainstream dans la finance

Au-delà de Bitcoin et Ethereum, l’un des thèmes majeurs identifiés par Grayscale concerne l’intégration croissante des stablecoins dans la finance traditionnelle. Tether (USDT) et USD Coin (USDC) ne sont plus simplement des outils de trading : ils deviennent de véritables rails de paiement et des mécanismes de règlement transfrontalier.

« Les stablecoins sur les bilans des entreprises, déclarés auprès de la SEC, c’est quelque chose que nous allons voir arriver », a prévu Zach Pandl. « Les grandes entreprises pourraient commencer à émettre des jetons basés sur la blockchain dans le cadre de leur structure de capital. »

Les grandes banques américaines — JPMorgan, Bank of America, Citibank — travaillent activement sur des infrastructures crypto, refusant d’attendre une législation parfaite avant de se lancer. « Tout le monde construit et personne ne va attendre que la signature du président Trump appose la législation », a ajouté Pandl. Cette dynamisation des banques vers le secteur stablecoin constitue l’un des développements les plus significatifs de 2026.

La finance décentralisée face à la finance traditionnelle

Le secteur de la finance décentralisée (DeFi) est également dans le viseur de Grayscale. Pandl identifie deux domaines où la DeFi excelle déjà : les paiements transfrontaliers et le prêt collateralisé. La visibilité en temps réel et l’auditabilité offert par les protocoles décentralisés sont cruciaux pour la prise de décision et la conformité juridique, des domaines où la finance traditionnelle peine à suivre.

Ces avantages compétitifs font de la DeFi une menace réelle pour les institutions financières traditionnelles. Cependant, le secteur fait face à des défis réglementaires et opérationnels, notamment en matière de conformité KYC et AML, ainsi que sur la sécurité des smart contracts.

L’ère institutionnelle de la crypto

L’analyse de Grayscale pour 2026 va au-delà des simples prédictions de prix. La société qualifie cette année comme le début de « l’ère institutionnelle » pour les cryptomonnaies. Cette transition implique plusieurs changements structurels profonds.

Selon Pandl, moins de 0,5% de la richesse conseillée aux États-Unis est actuellement allouée aux cryptomonnaies. Ce chiffre, extrapolé à l’échelle mondiale, représente un potentiel de croissance considérable. Si chaque institution financière décides d’allouer ne serait-ce que 1% de ses actifs sous gestion à Bitcoin ou Ethereum, l’afflux de capitaux serait historique.

La clarté réglementaire réduira le risque de baisse pour les investisseurs, créant un environnement où les capitaux institutionnels peuvent entrer en toute sécurité. C’est précisément ce cadre que le Genius Act entend établir, avec des implications qui dépassent largement les frontières américaines.

Conclusion : un premier semestre 2026 chargé d’opportunités

Between macro pressures, regulatory clarity, and growing institutional adoption, the first half of 2026 could mark a turning point for the entire crypto market. Entre pressions macroéconomiques, clarté réglementaire et adoption institutionnelle croissante, le premier semestre 2026 pourrait marquer un tournant pour l’ensemble du marché des cryptomonnaies. Bitcoin visant 126 000 dollars représenterait un nouveau record historique, tandis qu’Ethereum est positionné pour bénéficier de multiples catalyseurs simultanément.

Pour les investisseurs envisageant une exposition à ce marché, la clé réside dans la différenciation entre la volatilité court terme — qui persistera certainement — et les tendances structurelles qui pourraient définir la prochaine décennie de l’adoption des actifs numériques. L’analyse de Grayscale suggère que le moment pourrait être venu de se positionner en conséquence, avant que la vague institutionnelle ne déferle pleinement.

Sources : Unchained (Bits + Bips avec Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale Investments), Grayscale 2026 Digital Asset Outlook, Glassnode, MEXC Research, Crypto.com Market Updates, CryptoRank

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