L’Iran réclame 2 millions de dollars par navire pour traverser le détroit d’Ormuz — et accepte le bitcoin

Share

Le détroit d’Ormuz vient de devenir le premier point de péage maritime au monde à accepter les cryptomonnaies. Selon plusieurs sources concordantes dont Bloomberg, l’Iran impose désormais aux tankers un droit de passage pouvant atteindre 2 millions de dollars par traversée, payable en yuan chinois ou en cryptomonnaies, principalement en stablecoins.

Un système de péage piloté par les Gardiens de la Révolution

D’après les rapports de Bloomberg, de Reuters et de plusieurs médias spécialisés, le dispositif a été acté par le Comité de sécurité nationale iranien le 30 mars 2026. Les armateurs doivent désormais contacter une société intermédiaire liée au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) avant toute traversée.

Cette intermédiaire exige la communication de nombreuses données : propriétaire du tanker, pavillon, manifeste de cargaison, destination, liste d’équipage, et informations du transpondeur AIS (système d’identification automatique des navires). Ces données sont transmises au commandement provincial de l’IRGC pour vérification — notamment pour s’assurer que le navire n’a aucun lien avec les États-Unis ou Israël.

1 dollar le baril, soit 2 millions par tanker

Le tarif négocié avec les transporteurs commence à 1 dollar par baril. Un tanker classique transportant environ 2 millions de barils se voit donc facturer près de 2 millions de dollars pour une seule traversée du détroit. Une fois le paiement effectué, l’IRGC délivre un code d’autorisation et dépêche un patrouilleur pour escorter le navire à travers le détroit.

15 à 18 tankers ont déjà payé en 24 heures

D’après les estimations de plusieurs médias cryptos, dont Cryptorank et Coin Edition, entre 15 et 18 tankers auraient acquitté ce droit de passage en l’espace de 24 heures, générant environ 36 millions de dollars de revenus pour l’Iran. Les paiements ont été effectués en yuans chinois et en stablecoins.

L’Inde proteste, les États-Unis restent silencieux

New Delhi a publiquement contesté cette mesure, affirmant que le droit de navigation gratuite à travers Ormuz est garanti par le droit international. Des sources diplomatiques indiquent que l’Inde envisage de soulever la question lors de discussions avec l’administration Trump. De leur côté, les États-Unis n’ont pas encore commenté officiellement la situation.

Une zone de vérification encore floue

Le média CoinPaper note toutefois que les détails sur les paiements en cryptomonnaie et le chiffre de 18 tankers « nécessitent encore une large confirmation indépendante« . Reuters confirme le contrôle iranien strict sur le détroit, mais ne corrobore pas explicitement les montants en crypto. La base légale de ce « péage iranien » et la question des assurances restent également des zones grises.

Le prix du baril déjà sous pression

Le détroit d’Ormuz représente environ 20 % du trafic pétrolier mondial. L’ajout d’un péage à 2 millions de dollars par traversée risque d’alourdir les coûts d’approvisionnement et de contribuer à la tension déjà existante sur les prix du pétrole. Les coûts d’assurance pour les tankers transitant par Ormuz ont par ailleurs fortement augmenté depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Sources

Lire la Suite

Articles