Iran, Venezuela, Russie : quand les États sanctionnés font du bitcoin leur arme financière

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Iran, Venezuela, Russie : quand les États sanctionnés font du bitcoin leur arme financière

En avril 2026, quelque chose a profondément changé dans la géopolitique mondiale de la finance. Ce ne sont plus seulement des traders isolés ou des réseaux criminels qui utilisent les cryptomonnaies pour échapper aux sanctions internationales — ce sont des États souverains. La Russie, l’Iran et le Venezuela ont intégré les cryptomonnaies au cœur de leur infrastructure financière nationale, au point d’en faire un outil stratégique de politique étrangère. Et cette mutation structurelle change la donne pour l’ensemble de l’écosystème crypto, bien au-delà des habituelles questions de régulation.

Cette évolution n’est pas marginale ni anecdote. Elle concerne des montants qui pèsent sur les marchés, des infrastructures qui rivalisent avec celles des États, et des choix technologiques qui redessinent la carte du pouvoir financier mondial. Entre les mains de puissances sanctionnées par les démocraties occidentales, le bitcoin et les stablecoins sont devenus autre chose qu’un actif spéculatif : ils sont devenus une réponse structurelle à l’exclusion des systèmes de paiement traditionnels.

Une envolée de 694 % en une seule année

Les chiffres publiés par Chainalysis dans son rapport 2026 sur la criminalité crypto sont éloquents, pour ne pas dire alarmants. En 2025, les adresses sanctionnées par les États occidentaux ont reçu au moins 104 milliards de dollars en cryptomonnaies, soit une hausse stupéfiante de 694 % par rapport à l’année précédente. Le volume total des transactions illicites sur la blockchain a atteint un record historique de 154 milliards de dollars, en hausse de 162 % sur un an.

Ces chiffres ne représentent pas l’activité de petits réseaux de blanchiment opérationnels. Derrière cette explosion, on retrouve des acteurs étatiques qui ont fait de la blockchain un élément central de leur stratégie financière pour contourner les sanctions occidentales. Comme le résume Andrew Fierman, responsable du renseignement sur la sécurité nationale chez Chainalysis : « Les États-nations utilisent les cryptomonnaies depuis un certain temps, mais cela se passe aujourd’hui à une échelle radicalement différente. »

Il ne s’agit plus d’expérimentations ponctuelles ou de solutions de fortune. Les États ont industrialisé leur utilisation de la blockchain à des fins de contournement des sanctions, au point de parler d’une véritable infrastructure d’État pour certains pays. Le volume de fonds déplacés par ces acteurs est désormais comparable à celui de grands groupes multinationaux, ce qui change la donne pour les autorités de régulation du monde entier.

La tendance est d’autant plus préoccupante que l’année 2025 a également été marquée par une activité réglementaire intense du côté occidental. OFAC, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont tous pris des mesures sans précédent pour tenter de juguler ce phénomène. Malgré cela, la courbe n’a pas faibli — ce qui suggère que les sanctions traditionnelles perdent de leur efficacité face à des adversaires qui s’adaptent plus vite que les cadres réglementaires.

La Russie et son stablecoin A7A5 : 93 milliards de dollars en dix mois

Le cas russe est probablement le plus emblématique de cette nouvelle ère. En réponse aux sanctions occidentales qui ont coupé le pays de l’essentiel du système bancaire international — après l’exclusion de nombreuses banques russes de SWIFT en 2022 —, Moscou a développé sa propre infrastructure crypto étatique avec une rapidité et une ampleur inattendues.

En 2024, une législation historique a été adoptée pour autoriser explicitement l’usage des cryptomonnaies dans les paiements internationaux, remplaçant progressivement les circuits financiers classiques rendus inaccessibles par les sanctions. Cette décision a marqué un tournant : pour la première fois, un membre du G20 intégrait officiellement les cryptomonnaies dans sa politique de commerce extérieur.

Puis, en février 2025, la Russie a lancé son stablecoin adossé au rouble, l’A7A5. En moins de dix mois, ce jeton a traité près de 93,3 milliards de dollars de transactions, devenant ainsi le pilier d’un système financier parallèle permettant aux entreprises russes d’accéder aux marchés mondiaux malgré les sanctions les plus lourdes jamais imposées à un pays en temps de paix. Le succès de l’A7A5 dépasse les projections les plus optimistes des analystes : il représente aujourd’hui une part significative du commerce extérieur russe avec les pays non alignés sur les sanctions occidentales.

Deux plateformes d’échange créées au même moment que l’A7A5 — Grinex et Meer — ont respectivement traité au moins 4,76 milliards et 305 millions de dollars en 2025 avant d’être sanctionnées par les autorités occidentales. Ces chiffres, qui ne représentent que les transactions ayant pu être documentées par Chainalysis, constituent probablement la partie émergée de l’iceberg.

L’Union européenne a adopté des mesures ciblant explicitement les fournisseurs de services crypto russes et le stablecoin A7A5 dans le cadre de son vingtième train de sanctions contre la Russie. Cette décision illustre la détermination des Européens à endiguer ce nouveau canal de contournement, mais aussi les difficultés pratiques auxquelles font face les régulateurs : comment sanctionner un jeton qui opère sur une blockchain — donc sur un protocole théoriquement résistant à la censure — alors même que les transactions sont difficiles à attribuer à un État spécifique ?

Le manque à gagner pour les économies occidentales reste difficile à quantifier, mais les analystes s’accordent à dire qu’il se compte en dizaines de milliards de dollars de commerce qui échappent désormais aux circuits financiers traditionnels. C’est autant de marge commerciale pour les entreprises russes qui contournent les sanctions — et autant de recettes fiscales potentielles perdues pour les pays qui imposent ces mêmes sanctions.

L’Iran : le Gardien

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de la révolution au cœur du système

L’utilisation des cryptomonnaies par l’Iran est montée en puissance de manière tout aussi spectaculaire, mais selon une dynamique radicalement différente. Là où la Russie a développé une infrastructure étatique formelle avec l’A7A5, l’Iran a vu son écosystème crypto être progressivement capturé par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), jusqu’à devenir un instrument de financement du terrorisme et de la prolifération régionale.

En 2025, l’Iran est devenu un foyer majeur d’activité crypto liée à la finance illicite, avec un rôle central joué par le CGRI et ses réseaux de proxy au Moyen-Orient. Selon les données de Chainalysis, les adresses liées au CGRI ont représenté plus de la moitié de toute la valeur reçue par les entités iraniennes au quatrième trimestre 2025. Sur l’ensemble de l’année, les transferts dépassent les 3 milliards de dollars, servant à financer les réseaux de milices régionales, faciliter les ventes de pétrole illicites et acquérir des équipements à double usage — y compris potentiellement des technologies liées au programme nucléaire de Téhéran.

Les organisations terroristas alignées sur l’Iran — le Hezbollah libanais, le Hamas et les Houthis du Yémen — utilisent désormais les cryptomonnaies à des échelles sans précédent pour financer leurs opérations militaires, selon le rapport Chainalysis. Le lien entre l’écosystème crypto iranien et ces groupes armés est devenu si structuré que les analystes parlent d’une véritable militarisation de la blockchain par Téhéran.

Cette évolution n’est pas anodine sur le plan de la sécurité internationale. Le Hezbollah, le Hamas et les Houthis mènent des opérations qui déstabilisent des régions entières — du Proche-Orient au Yémen — et les fonds qui transitent par la blockchain iranienne alimentent directement ces activités. L’utilisation des cryptomonnaies par ces groupes rend leur financement plus difficile à tracer et à bloquer pour les services de renseignement occidentaux, ce qui accroît considérablement les risques sécuritaires dans plusieurs zones de conflit.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, est devenu un terrain d’essai concret de cette nouvelle réalité. Selon des sources du secteur, les navires empruntant ce détroit stratégique doivent désormais régler leurs transactions en cryptomonnaie plutôt que par les canaux bancaires traditionnels — un changement qui altère fondamentalement le paysage des sanctions internationales dans cette zone géographique cruciale pour le commerce énergétique mondial.

Le Venezuela : le bitcoin comme bouée de sauvetage d’un État en faillite

Le Venezuela offre un cas d’école différent mais tout aussi significatif. Embourbé dans une hyperinflation chronique qui a détruit la valeur de sa monnaie nationale au point de faire du bolivar l’une des devises les moins fiables au monde, le pays d’Amérique du Sud a vu sa population se tourner massivement vers les cryptomonnaies comme alternative au système bancaire local défaillant et peu fiable.

Cette dynamique s’est rapidement développée au fil des années. Face à l’impossibilité d’utiliser les services bancaires traditionnels pour préserver l’épargne, des millions de Vénézuéliens ont ouvert des comptes sur des plateformes d’échange internationales et utilisent quotidiennement des stablecoins comme l’USDT pour effectuer des transactions, payer des salaires ou tout simplement stocker de la valeur. Le passage au dollar numérique — sous forme de stablecoins — est devenu pour beaucoup la seule façon de survivre économiquement dans un pays où l’inflation atteint des niveaux records.

Le gouvernement vénézuélien a tenté d’institutionnaliser l’usage du crypto localement, notamment via le Petro, sa propre cryptomonnaie nationale lancée en 2018. Cependant, les citoyens ordinaires et les acteurs affiliés au régime préfèrent massivement l’accès aux plateformes d’échange internationales et aux rails peer-to-peer pour préserver et transférer de la valeur, contournant ainsi les contrôles de capitaux imposés par Caracas. Le Petro, malgré le soutien officiel, n’a jamais réussi à s’imposer comme un moyen de paiement crédible auprès de la population.

Des rumeurs circulent également sur les réserves bitcoin de l’État vénézuélien, certains médias évoquant un « shadow reserve » de près de 60 milliards de dollars — un montant qui, s’il était confirmé, en ferait l’un des plus gros détenteurs publics de bitcoin au monde. Bien que ces chiffres soient impossibles à vérifier indépendamment et que les sources soient sujettes à caution, ils témoignent de l’importance stratégique que les cryptomonnaies ont prise dans la stratégie financière du régime Maduro.

L’évolution récente a également été marquée par un allégement partiel des sanctions américaines sur le secteur pétrolier et gazier vénézuéliens sous l’administration Trump, une décision qui illustre la complexité croissante de la politique de sanctions américaines dans la région et les difficiles arbitrages auxquels font face les décideurs politiques occidentaux.

La Corée du Nord : 2 milliards de dollars de crypto volés pour financer les armes

Les revenus tirés du vol de cryptomonnaies par la Corée du Nord ont atteint un niveau record en 2025, confirmant la tendance identifiée depuis plusieurs années par les analystes de la blockchain. Selon le rapport Chainalysis, Pyongyang a dérobé plus de 2 milliards de dollars en actifs numériques au cours de l’année, en faisant son exercice le plus prolifique jamais enregistré en matière de vol crypto. Ces fonds seraient destinés au financement du programme d’armes de destruction massive du régime — un enjeu de sécurité internationale qui dépasse largement la seule sphère financière.

La méthodologie nord-coréenne a considérablement évolué, avec des opérations de plus en plus sophistiquées utilisant des vulnérabilités zero-day et des réseaux de blanchiment multi-échelons pour faire disparaître les fonds volés avant que les victimes — souvent des plateformes d’échange ou des protocoles DeFi — ou les autorités ne puissent réagir. Cette industrialisation du vol crypto étatique représente une menace systémique pour l’ensemble de l’écosystème numérique.

Les analystes de la threat intelligence notent que la Corée du Nord dispose désormais de capacités en matière de cyberattaques ciblées sur l’écosystème crypto qui n’ont rien à envier aux meilleures agences de renseignement étatiques. Les groupes de hackers liés au régime — Lazarus en tête — sont devenus des acteurs permanents du paysage de la cybersécurité mondiale, capables de mener des opérations d’une sophistication technique remarquable.

Les stablecoins au cœur de l’économie illicite : 84 % du volume

Un point revient de manière insistante dans l’ensemble des analyses et mérite une attention particulière : les stablecoins — ces cryptomonnaies adossées à des devises traditionnelles comme le dollar ou l’euro — dominent écrasément l’économie illicite liée aux cryptomonnaies, représentant 84 % de tout le volume de transactions illicites.

Cette domination s’explique par une convergence de facteurs techniques et économiques. Les stablecoins offrent les avantages incontournabilités des cryptomonnaies — rapidité de transfert, absence d’intermédiaires bancaires, transactions difficiles à tracer — sans la volatilité qui rend les autres cryptomonnaies peu pratiques pour le commerce international et la préservation de valeur. Un million de dollars en USDT peut être transféré à l’autre bout du monde en quelques minutes, sans passer par une seule banque sanctionnable.

C’est précisément cette caractéristique qui fait des stablecoins l’outil idéal pour des États comme la Russie, l’Iran ou le Venezuela, qui ont besoin de stabilité de valeur pour leurs échanges commerciaux internationaux tout en échappant aux réseaux financiers traditionnels. Le USDT (Tether) et l’USDC (Circle) sont devenus les véritables devises de cette nouvelle finance géopolitique, au-delà même du bitcoin lui-même.

Cette réalité pose une question fondamentale aux régulateurs : comment séparer l’usage légitime des stablecoins — qui permettent notamment aux populations non bancarisées des pays en développement d’accéder à des services financiers — de leur utilisation par des acteurs étatiques malveillants ? Les réponses réglementaires peinent à apporter cette nuance, ce qui risque de créer un cadre trop rigide qui affecterait de manière disproportionnée les utilisateurs légitimes sans véritablement entraver les activités illicites.

La réponse réglementaire internationale s’organise enfin

Face à cette évolution structurelle, les autorités réglementaires du monde entier ont nettement renforcé leur réponse coordonnée en 2025, même si les résultats restent en demi-teinte. Le Bureau américain de contrôle des actifs étrangers (OFAC), l’Union européenne, le Bureau britannique de mise en œuvre des sanctions financières (OFSI) et les nations alliées occidentales ont tous pris des mesures significatives pour tenter de freiner l’utilisation crypto par les États sanctionnés.

L’OFAC a continué de désigner des acteurs et infrastructures crypto liés aux réseaux de ransomware, aux opérations d’évasion de sanctions liées à des États et aux services de contournement de sanctions. Les autorités américaines ont également sanctionné Grinex et Meer, les deux plateformes russes ayant facilité l’activité du stablecoin A7A5 — une première dans l’histoire des sanctions américaines qui montre que Washington prend la menace au sérieux.

En mars 2025, l’OFAC a toutefois provoqué une onde de choc dans la communauté crypto en retirant officiellement Tornado Cash de sa liste de nationaux spécialement désignés (SDN), à la suite d’une décision de justice estimant que ses smart contracts autonomes et décentralisés ne pouvaient être traités comme des biens soumis à sanctions. Cette décision a soulevé les débats juridiques profonds en cours sur le statut des protocoles décentralisés dans le cadre du droit américain — et ouvre la porte à de nouvelles batailles judiciaires sur la régulation des protocoles blockchain.

Au niveau européen, le vingtième train de sanctions contre la Russie inclut des mesures sans précédent ciblant spécifiquement les infrastructures crypto russes, démontrant la volonté de l’Europe de ne pas rester à la traîne face à cette nouvelle forme de guerre financière. La Commission européenne a proposé plusieurs textes législatifs visant à renforcer la surveillance des actifs numériques au sein de l’Union, mais ces propositions se heurtent encore à des divergences entre États membres sur la meilleure façon de mettre en œuvre ces contrôles.

Implications pour l’écosystème crypto mondial

Cette intégration des cryptomonnaies dans les stratégies étatiques soulève des questions fondamentales pour l’avenir de l’écosystème numérique. La première est celle de la légitimation : quand des États voyous utilisent les mêmes rails que les investisseurs institutionnels traditionnels, où tracer la ligne ?

Les partisans des cryptomonnaies font valoir que l’immense majorité des transactions restent parfaitement légitimes — le volume illicite représentant moins de 1 % du total — et que la technologie blockchain offre au contraire des outils de traçabilité plus puissants que les systèmes financiers traditionnels pour identifier les comportements suspects. Le registre public des transactions blockchain est, selon cette logique, bien plus transparent que les circuits financiers traditionnels basés sur des bilans bancaires opaques.

Les critiques, en revanche, soulignent que cette utilisation géopolitique des cryptos risque de provoquer un durcissement réglementaire sans précédent dans les démocraties occidentales, qui pourraient être tentées de régul er bien plus strictement — voire d’interdire — certains usages des actifs numériques. Les conséquences pour l’innovation dans le secteur seraient considérables, préviennent les acteurs de l’industrie.

Les marchés prédictifs reflètent cette incertitude structurelle. Sur les plateformes de contrats prédictifs, la probabilité que le bitcoin atteigne 100 000 dollars d’ici la fin 2026 était cotée à 35,5 % début avril 2026, en hausse par rapport aux semaines précédentes. Les acteurs de marché semblent partagés entre la peur d’un encadrement réglementaire dur et l’espoir d’une adoption institutionnelle croissante qui pourrait faire grimper les prix à long terme.

Conclusion : la crypto est devenue une arme géopolitique

Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, le fait est là : en 2026, les cryptomonnaies ne sont plus un actif de niche réservé aux spéculateurs et aux libertariens. Elles sont devenues un instrument de politique étrangère, un outil de contournement des sanctions et un élément de la stratégie de sécurité nationale de plusieurs puissances mondiales.

La Russie, l’Iran et le Venezuela ont montré la voie. Leurs expérimentations avec les stablecoins, les plateformes d’échange offshore et les systèmes de paiement blockchain prouvent que la technologie blockchain offre des possibilités réelles de structurer un système financier parallèle aux réseaux traditionnels — et que ces possibilités sont désormais exploitées à l’échelle de véritables politiques d’État.

Pour les régulateurs, les entreprises crypto et les investisseurs, la question n’est plus de savoir si cette réalité va disparaître, mais comment y répondre dans un cadre qui préserve l’innovation tout en limitant les usages malveillants. L’adoption par les États-nations, même sanctionnés, est un phénomène qui ne disparaîtra pas. Il doit être intégré dans les stratégies de conformité, dans les cadres réglementaires et dans les analyses de marché.

La seule certitude est que la prochaine phase de l’histoire des cryptomonnaies ne se jouera pas dans les salons de la finance traditionnelle, mais dans les couloirs de la géopolitique. Et les prochaines nouvelles importantes que nous lirons sur le bitcoin et ses pairs pourraient bien venir de Moscou, de Téhéran ou de Caracas — bien loin des tours de la finance de marché.

*Sources : Chainalysis 2026 Crypto Crime Report, Fortune, Crypto Briefing, Steptoe International Law, Norton Rose Fulbright, Bloomberg Crypto*

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