Wall Street, Washington, et Web3 étaient tous présents ce soir — et ils ne sont pas venus en douceur.
L’histoire principale : Morgan Stanley adopte une approche full-stack concernant le Bitcoin (BTC). Gérant d’actifs de 9 trillions de dollars, la société construit sa propre infrastructure crypto : trading de Bitcoin au comptant sur E*TRADE, custodie native, échange interne, et à terme, produits de prêt et de rendement. En clair, ce n’est pas un simple ajout d’un ETF Bitcoin, mais une intégration directe du BTC dans leur système existant. Si cela réussit, cela rend Bitcoin beaucoup moins exotique et le considère comme un simple autre actif au sein d’un compte de courtage traditionnel.
Ils ne sont pas seuls. Citibank développe sa propre offre de custodial Bitcoin de type bancaire, ciblant une sortie en 2026 pour intégrer la crypto dans leur gestion d’actifs et leur banque de 30 trillions de dollars. Barclays, quant à lui, adopte une approche axée sur l’infrastructure : exploration de la compensation blockchain, des paiements, des stablecoins et des dépôts tokenisés pour concurrencer les géants comme JPMorgan. Ces trois grands noms financiers ne se demandent plus « si » ils s’engageront dans la crypto, mais « jusqu’où » et « à quelle vitesse ».
En élargissant la perspective à Bitcoin en tant que « or numérique », Michael Saylor tente de réécrire le récit. Sa dernière proposition : un « crédit numérique » adossé au Bitcoin, où BTC sert de collatère immaculé pour des instruments générant du rendement et des crédits programmables. Sa particularité : il intègre également des réseaux non-Bitcoin comme Solana (SOL) et Ethereum (ETH) comme rails pour déplacer ce crédit. Pour un maximaliste Bitcoin de longue date, c’est un changement notable. L’idée : au lieu d’attendre que le BTC volatile repose, les institutions pourraient l’emprunter, générer un revenu stable, et se connecter plus efficacement aux marchés mondiaux.
Le prix du Bitcoin n’aide pas vraiment. BTC rebondit autour de niveaux clés dans les bandes 68k–70k et 45k, avec des données macro, un support technique faible, et des liquidations massives qui secouent les traders. Les entreprises fortement exposées au Bitcoin ont connu des baisses significatives depuis octobre, et le marché ne sait pas encore si c’est le début d’une nouvelle hausse ou simplement un marché latéral chaotique. Les rails se construisent même si la route est encore glacée.
Dans le secteur des stablecoins, la concurrence s’intensifie avec une régulation accrue. Au Japon, SBI Holdings et Startale préparent le JPYSC, le premier stablecoin en yens garantis par une banque fiduciaire, prévu pour le deuxième trimestre 2026. Il sera lancé sous un nouveau cadre réglementaire clair pour les stablecoins, fusionnant banque traditionnelle et blockchain.
En Europe, Gate Technology a obtenu une licence d’institution de paiement PSD2 à Malte, permettant d’offrir des paiements en euro réglementés et des services de stablecoin à travers l’UE.
Du côté des entreprises, PayPal, MoonPay et M0 ont lancé PYUSDx, une plateforme pour créer des stablecoins multichaînes supportés par PayPal USD (PYUSD), permettant notamment aux fintechs et plateformes d’émettre des tokens de marque.
Par ailleurs, certains acteurs comme Grant Cardone envisagent de tokeniser leur portefeuille immobilier de 5 milliards de dollars, utilisant des réseaux comme Solana, Polygon ou Avalanche. L’objectif : transformer des biens immobiliers peu liquides en tokens échangeables, offrant de meilleures options de collatéral et de liquidité secondaire.
Dans le retail, des projets comme Flare (FLR) et Xaman tentent de réveiller XRP (XRP) avec une intégration en un clic dans des wallets XRPL, facilitant l’accès à la DeFi sans passer par des ponts manuels.
Le marché NFT se recentre. Magic Eden (ME) ferme ses marchés Bitcoin et EVM ainsi que son wallet multi‑chaînes, se recentrant sur Solana (SOL) et son jeu Dicey.
Côté scalabilité, ZKsync ferme définitivement ZKsync Lite en mai 2026, pour se concentrer sur ZKsync Era et le ZK Stack, marquant une transition de l’ancien vers le nouveau réseau.
Sur le plan politique, une loi bipartisane aux États-Unis encourage le développement blockchain en exemptant certains développeurs de poursuites sous la section 1960.
Cependant, des oppositions persistent : Elizabeth Warren veut retarder un projet de banque stablecoin, et le DOJ enquête sur Binance.
Au Royaume-Uni, la Gambling Commission sonde la possibilité d’autoriser les paiements crypto pour les jeux en ligne.
Au Minnesota, un projet de loi vise à interdire tous les distributeurs automatiques crypto pour lutter contre la fraude.
Les forces de l’ordre mondiales intensifient leurs actions contre la fraude crypto, saisissant plus de 580 millions de dollars en trois mois.
Mais des incidents comme la fuite d’une seed phrase d’un wallet de l’État sud-coréen rappellent que la sécurité doit rester une priorité.
Sur le marché, Shiba Inu (SHIB) montre des signes de faiblesse avec une baisse de l’intérêt ouvert et une montée des flux vers les échanges.
Les titres des entreprises comme Block d’Jack Dorsey annoncent aussi des restructurations importantes pour se recentrer sur l’IA, avec une hausse des cours.
En résumé, les grands acteurs ne font plus de expérimentations mais construisent un futur où la crypto est intégrée à la logique du système financier, sur le long terme.


