Digest de marché du 17 décembre 2025

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Ce soir sur le marché crypto, un peu de tout : prix facturés, grosses avancées réglementaires, discussions sur la quantique, et même un royaume bouddhiste en train de faire discrètement circuler pour un milliard de dollars de Bitcoin.

Commençons par l’ambiance : après une flirt avec l’euphorie, le marché a connu une période difficile. Bitcoin (BTC), Ethereum (ETH), XRP et la plupart des autres ont chuté sous des niveaux clés, ramenant la capitalisation totale du marché crypto en dessous de 3 milliards de dollars. Les données sur les dérivés montrent que BTC est maintenu entre environ 85 000 dollars de support et 90 000 dollars de résistance, avec une volatilité compressée et un fort intérêt pour les contrats à terme. Les traders en options paient pour se couvrir, ce qui signe la prudence, même si les flux en chaîne et l’achat spot suggèrent qu’une rupture pourrait suivre cette stagnation. Les flux ETF n’aident pas le sentiment : les fonds Bitcoin aux États-Unis voient des sorties régulières, les produits Ethereum struggling à maintenir le discours des 3 000 dollars, tandis que les fonds XRP outperforment discrètement, sans encore de mouvement clair en prix.

Sur une vue macro, tout est en position de conduite. La Banque du Japon commence enfin à remonter ses taux, dénouant des années de financement ultra-cheap yen qui soutenait le célèbre carry trade. Avec la compression de l’effet de levier construit sur ce yen bon marché, les actifs à haut risque comme le Bitcoin subissent également cette pression, rappelant aux traders que la banque centrale de Tokyo peut déplacer le marché crypto presque autant que la Fed.

Par ailleurs, régulateurs et politiciens ne quittent pas des yeux ce marché. Au Canada, la Banque du Canada a établi des règles strictes pour les stablecoins adossés au dollar canadien : réserves pleinement fiat, parités 1:1, supervision à la manière bancaire. Le message est clair : si votre token doit agir comme un dépôt, il sera traité comme tel.

En bas, aux États-Unis, les sénateurs ont lancé le SAFE Crypto Act, une initiative bipartite pour faire coopérer le Trésor, le FinCEN, le Secret Service et autres agences contre la fraude. Elizabeth Warren a aussi appelé à une enquête nationale de sécurité sur les plateformes DeFi comme PancakeSwap (CAKE) et World Liberty Financial. Toutes ces actions indiquent que Washington se prépare à une approche plus stricte et coordonnée, même si les réformes plus structurelles du marché sont repoussées à 2026.

L’Europe, elle, a choisi la rapidité : la CNMV espagnole a publié une règle du MiCA très claire : obtenir une licence, respecter des standards stricts de protection des investisseurs, se soumettre à une supervision rigoureuse ou arrêter de servir les clients espagnols. Le marché devra faire un choix : se mettre en conformité ou sortir.

D’autres endroits renforcent leurs règles, limitant l’usage quotidien. La Russie a réaffirmé son interdiction totale de l’usage du crypto pour les paiements. Le rouble reste la seule monnaie légale ; Bitcoin et consorts sont autorisés uniquement en tant qu’investissement. Enfin, en République centrafricaine, un rapport indique que l’expérience crypto du pays a principalement permis aux élites politiques et économiques de s’enrichir, tout en invitant des réseaux criminels étrangers, sans apporter beaucoup aux citoyens ordinaires.

Côté stablecoins, deux actualités institutionnelles importantes : la FDIC a approuvé de nouvelles règles permettant aux banques d’émettre des stablecoins, et Visa a lancé des initiatives pour aider ces banques à les déployer. Avec un marché déjà au-delà de 250 milliards de dollars, c’est probablement le moment où les stablecoins vont passer d’un simple projet crypto à une composante du système financier traditionnel.

Tether, de son côté, tente de montrer qu’il n’est pas juste USDT. Il a lancé PearPass, un gestionnaire de mots de passe décentralisé et local, évitant le cloud et utilisant le cryptage de bout en bout, avec des clés gérées par l’utilisateur. C’est un signal fort en matière de sécurité, identité numérique et confidentialité.

Les institutions ne se limitent pas aux stablecoins : elles s’intéressent aussi à la tokenisation. La DTCC collabore avec Digital Asset et le Canton Network pour tokeniser les obligations du Trésor américain détenues au DTC, afin d’améliorer liquidité, conformité et efficacité. Securitize a aussi annoncé un projet pour 2026 : une plateforme réglementée où de vraies actions américaines seront échangées sur blockchain, avec propriété légale, gestion du cap table et autoserveillance, sans trackers synthétiques.

En DeFi, une étape importante : Aave (AAVE) a dévoilé un plan stratégique jusqu’en 2026, basé sur sa mise à jour V4, avec une architecture cross-chain pour augmenter l’échelle, un effort sur les actifs réels (environ 1 milliard de dollars) et une application mobile pour les utilisateurs. Le fondateur Stani Kulechov investit personnellement dans AAVE, même si la DAO peine encore avec ses tensions de gouvernance.

Sur un registre plus expérimental, Hyperliquid propose de brûler environ 1 milliard de dollars de HYPE (HYPE), pour tester la capacité d’une communauté à définir la valeur par consensus social, en traitant ces tokens comme définitivement retirés.

Le coin XRP (XRP) a aussi sa propre avancée institutionnelle : SBI Ripple Asia et Doppler Finance ont signé un protocole d’accord pour développer une infrastructure de rendement et une tokenisation d’actifs réels sur le XRP Ledger, avec la garde assurée par SBI Digital Markets, régulée par la MAS. Cela montre que RWAs deviennent une priorité pour attirer l’argent institutionnel.

Malgré la répression, certains passent à l’offensive : Caroline Pham, présidente par intérim de la CFTC et dernière commissaire, quitte l’agence pour rejoindre MoonPay en tant que directrice juridique et stratégique. C’est un symbole : une régulatrice américaine majeure du dérivé rejoint une entreprise de paiement crypto en forte croissance, illustrant la porosité entre régulation publique et innovation privée.

Sur le plan paiement, Bitcoin a discrètement continué à développer le réseau Lightning : sa capacité a atteint un nouveau sommet historique de 5 637 BTC (environ 500 millions de dollars), avec une adoption croissante par les échanges et institutions. Malgré la volatilité, les rails de paiement s’étoffent.

Bitcoin s’est aussi invité dans la géopolitique et la gestion de trésorerie des entreprises. Le Bhoutan s’engage à mettre jusqu’à 10 000 BTC (environ 1 milliard de dollars) de ses réserves dans un partenariat avec Cumberland DRW pour développer Gelephu Mindfulness City, un hub crypto durable. L’objectif : allier bien-être, tourisme et finance digitale. La petite monarchie himalayenne devient ainsi l’un des plus grands détenteurs de Bitcoin au monde.

Au Japon, une autre histoire : Norges Bank Investment Management, un fonds souverain norvégien détenant 0,3 % de Metaplanet, a voté pour la stratégie de trésorerie en Bitcoin de la société lors de sa réunion en décembre. Cela a permis de soutenir la valorisation de Metaplanet alors que le BTC tendait à la hausse, renforçant la place de Bitcoin dans les bilans d’entreprise.

Concernant la sécurité, Solana (SOL) a testé avec succès des signatures numériques résistantes aux quantiques sur un testnet, en partenariat avec Project Eleven. Bien que la menace quantique ne soit pas immédiate, cette mise à jour vise à anticiper la future évolution des wallets, validateurs et transactions.

En matière de politique et de société, HashKey en Hong Kong a levé 206 millions de dollars lors de son IPO, tranchant d’abord à la hausse avant de voir ses gains s’estomper. Aux États-Unis, Caroline Ellison, ancienne CEO d’Alameda et impliquée dans FTX, a été placée en confinement communautaire après 11 mois de sa condamnation à deux ans, en reconnaissance de sa coopération.

Enfin, dans un contexte électoral, la gouverneure de Californie Gavin Newsom a lancé un site internet critiquant le bilan de Donald Trump, en citant des pardons controversés et des alliés tels que CZ de Binance ou Ross Ulbricht, comme des « criminels » liés à la crypto. Une manière de faire de la politique avec le crypto.

Pour finir, même les grands exchanges font du ménage : Binance a lancé une grande campagne contre les faux « agents de listing » qui prétendent pouvoir faire inscrire des tokens contre paiement. La plateforme met en garde contre eux, menace de poursuites et offre jusqu’à 5 millions de dollars en récompenses pour les informateurs, tout en publiant un rapport de transparence sur le processus de listing.

En résumé, cette soirée sur le marché crypto, tout en présent intègre en mouvement : des prix qui oscillent, une réglementation qui se durcit, des infrastructures qui s’améliorent discrètement, et des États — du Bhoutan à l’Espagne en passant par les États-Unis — qui expérimentent dans des directions très variées. La volatilité est de retour, mais la construction aussi.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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