Digest de marché – 25 mai 2026

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Les maximalistes du Bitcoin ont vécu une journée intense.

Alors que les marchés continuaient de baisser et que les flux sortants des ETF maintenaient la pression sur les prix, certaines des voix les plus influentes du secteur ont renouvelé leur engagement envers une thèse bien ancienne : Bitcoin (BTC) ou rien.

Adam Back, PDG de Blockstream, a passé la journée à minimiser le potentiel des altcoins et memecoins, affirmant qu’ils finissent généralement par tendre vers zéro lorsque le battage médiatique s’estompe. Selon lui, la seule chose qui compte vraiment est la domination à long terme de Bitcoin, et chaque rallye de mèmes n’est qu’une étape sur le chemin de retour vers BTC. De l’autre côté, Mark Cuban est revenu à la charge avec sa critique habituelle : si Bitcoin doit servir de couverture contre l’inflation et le chaos géopolitique, pourquoi ne se comporte-t-il pas toujours ainsi ? Pour les investisseurs quotidiens, cela rappelle que même les vétérans ne s’accordent pas totalement sur la raison d’être de Bitcoin, au-delà d’être l’actif le plus important.

En parallèle, la grande baleine institutionnelle, Strategy, anciennement MicroStrategy, a discrètement mis la pédale douce. La société, qui est comme un ETF spot de Bitcoin avec un service logiciel en prime, a suspendu ses achats de BTC. La nouvelle orientation de Michael Saylor, le concept de « BitVac », indique un changement de tactique : au lieu d’accumuler, la société envisage de racheter ses obligations et dettes convertibles, d’émettre des actions préférentielles et de renforcer sa liquidité. La question est de savoir si Strategy utilisera le financement lié à Bitcoin pour gérer son bilan ou s’il envisagera même de vendre une partie de ses BTC. Saylor n’a pas évoqué une vente massive, mais l’arrêt des achats par la plus grosse baleine du secteur ne passe pas inaperçu.

Les marchés sont déjà nerveux. Bitcoin a chuté à un plus bas depuis plusieurs semaines, tombant sous la barre des 78 000 $. Les flux sortants des ETF spot américains ont atteint six jours consécutifs, dépassant 1,2 milliard de dollars. Cela remet en question la narration selon laquelle l’institutionnelle serait submergée par un FOMO massif, et réduit les flux nets pour 2026. Par ailleurs, certaines données montrent que BTC revient sur les plateformes d’échange comme Binance, un pattern souvent annonciateur de nouvelles ventes. Toutefois, il s’agit plus d’une rotation que d’un exode massif : certains grands acteurs réallouent ou se couvrent plutôt qu’ils n’abandonnent la classe d’actifs. Mais pour les traders, la baisse du prix ne laisse peu de place au contexte.

Ethereum (ETH), quant à lui, a suscité de la nervosité. Un portefeuille whale a ouvert une position courte de plus de 100 millions de dollars sur ETH, avec un levier de 23x, pariant contre l’actif autour de la zone 2117-2150 $. C’est une mise à haut risque, illustrant le sentiment baissier croissant et les sorties institutionnelles autour de l’ETH. La particularité : ETH a rapidement commencé à remonter vers la zone de liquidation. Avec un levier aussi élevé, même une petite remontée pourrait effacer ou liquider l’intégralité de la mise.

Par ailleurs, les infrastructures autour des cryptos et de l’IA ont connu une mise à niveau notable. Selon un rapport de Keyrock, les agents IA utilisent de plus en plus des stablecoins, principalement USDC, comme moyen de paiement préférentiel, avec environ 73 millions de dollars répartis sur 176 millions de transactions, en majorité inférieures au dollar. Au-delà du bruit, cela montre l’émergence d’un cas d’usage pratique discret : des machines qui payent d’autres machines en temps réel, utilisant des stablecoins comme lubrifiant.

Les États également s’intéressent aux stablecoins. Tether s’associe au gouvernement géorgien pour lancer GEL₮, un stablecoin adossé au lari, la monnaie nationale. Contrairement aux stablecoins privés habituels, celui-ci est conçu comme une monnaie numérique nationale utilisant la blockchain, pour réduire les coûts des paiements domestiques et transfrontaliers dans un cadre réglementaire. Si cela fonctionne, ce sera un exemple précoce d’une monnaie numérique publique, liée au lari, exploitée via l’infrastructure blockchain.

Une autre actualité concerne une campagne sophistiquée de malware, TrapDoor, visant les développeurs du secteur crypto et IA. En infiltrant des repositories populaires (npm, PyPI, Crates.io), TrapDoor tente de compromettre des environnements de développement et d’accéder à des wallets, clés API, clés SSH, identifiants cloud, et même des scripts pour pirater les assistants IA. Il s’agit d’une attaque à long terme visant la chaîne d’approvisionnement, où un seul développeur compromis peut impacter de nombreux projets.

Côté régulation, certains développements ont montré un tableau contrasté. L’enquête du New York Times sur la CFTC a révélé des responsables suspendus ou évincés après avoir soulevé des inquiétudes sur l’approbation de certaines sociétés comme Polymarket ou Crypto.com. La fusion de cette critique interne avec des mouvements dans l’industrie ajoute un climat d’incertitude. Par ailleurs, la SEC a temporisé sur son exemption d’innovation pour les actions tokenisées, retardant la possibilité d’un marché réglementé pour ces actifs. La législation sur les actions tokenisées reste donc en suspens.

Enfin, une affaire juridique insolite à New York : un plaideur pseudonyme, « Noah Doe », demande la reconnaissance légale de la propriété de 39 069 portefeuilles Bitcoin inactifs, représentant environ 3,79 millions de BTC, certains apparemment liés à Satoshi Nakamoto. La base de la requête : selon la loi new-yorkaise sur les biens abandonnés, si une propriété est abandonnée, le trouveur peut en devenir propriétaire. Mais appliquer cette logique à des clés privées et des adresses pseudonymes reste une zone inexplorée.

En résumé, cette journée confirme que le secteur est soumis à une épreuve de stress. Alors que Bitcoin voit ses champions rester engagés, Ethereum fait face à une position courte à fort levier, l’IA se standardise autour des stablecoins, les gouvernements expérimentent la monnaie blockchain, les développeurs sont vulnérables aux malwares, et les régulateurs avancent à pas feutrés. La nuit n’est pas encore tombée, mais la lumière sur ces enjeux commence à s’intensifier.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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