CLARITY Act : la crypto lance une campagne TV à 7 chiffres au Sénat

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L’industrie crypto déploie une campagne publicitaire à sept chiffres pour faire adopter le CLARITY Act avant le vote de clôture du Sénat américain prévu le 15 septembre 2026. Face à la résistance du secteur bancaire et aux blocages éthiques au Congrès, le texte joue sa survie politique.

🔑 En bref

  • Campagne TV financée par la Cedar Innovation Foundation, liée au super-PAC Fairshake
  • Trois spots : protection des consommateurs, lutte contre les arnaques aux aînés, attaque frontale contre les banques
  • L’ICBA riposte depuis le 11 juin 2026 pour défendre les banques communautaires
  • Le Sénat doit réunir 60 voix pour la clôture le 15 septembre
  • Risque de perte de 1,3 billion $ de dépôts si les stablecoins versent des rendements

Une opération médiatique à l’échelle nationale

La Cedar Innovation Foundation, un organisme à but non-lucratif de type 501(c)(4) rattaché au super-PAC Fairshake, pilote cette offensive publicitaire nationale. Le budget atteint sept chiffres et l’opération cible les chaînes câblées avec trois spots distincts, dont la diffusion doit culminer avant le vote de clôture du Sénat.

Deux des publicités mettent l’accent sur la protection des consommateurs et reprennent des soutiens extérieurs au secteur : le premier souligne l’appui de grands organismes de maintien de l’ordre, le second met en avant le soutien de l’AARP (la principale association américaine de retraités) à une disposition visant à lutter contre les arnaques aux distributeurs automatiques de cryptomonnaies ciblant les personnes âgées.

Le troisième spot s’en prend directement aux banques. Il les accuse de profiter d’un « festin de profits » tout en bloquant la concurrence, sur fond d’images de cochons se nourrissant à une mangeoire. La démarche vise à retourner l’opinion publique contre les lobbyistes bancaires qui tentent d’amender le texte, en particulier sur la question des récompenses versées par les stablecoins (jetons dont la valeur est indexée sur une monnaie fiduciaire).

La riposte des banques communautaires

L’Independent Community Bankers of America (ICBA) a riposté en lançant dès le 11 juin 2026 sa propre campagne de défense des « Main Street communities ». Sa présidente-directrice générale, Rebeca Romero Rainey, entend rappeler le poids économique des établissements locaux face à ce qu’elle qualifie de menace sur leur modèle d’affaires.

« Community banks are the backbone of Main Street. »

Rebeca Romero Rainey, PDG de l’ICBA

Les chiffres avancés par l’ICBA pèsent lourd dans le débat. Les banques communautaires représentent 4,1 billions de dollars de prêts locaux, soit près de 60 % des crédits aux petites entreprises de moins d’un million de dollars et plus de 80 % des prêts agricoles du secteur bancaire. L’association prévient que permettre aux plateformes crypto de verser des intérêts ou des rendements sur les stablecoins pourrait déclencher une perte potentielle de 1,3 billion $ de dépôts et une baisse de l’activité de prêt de 850 milliards $.

IndicateurValeur
Prêts locaux des banques communautaires4,1 billions $
Part des prêts aux PME (< 1 M$)~60 %
Part des prêts agricoles> 80 %
Perte potentielle de dépôts1,3 billion $
Baisse d’activité de prêt anticipée850 milliards $
Américains favorables aux décisions locales79 %

L’ICBA souligne par ailleurs que 79 % des Américains considèrent qu’il est important que les décisions de prêt soient prises localement, alors que la question crypto ne figure pas parmi les sujets prioritaires pour les électeurs selon les sondages internes.

Le calendrier législatif se rétrécit

Au Sénat, le projet de loi sur les actifs numériques (digital asset market structure) nécessite 60 voix pour invoquer la clôture (cloture, c’est-à-dire la procédure qui met fin aux débats) le 15 septembre. Or, les négociations patinent et le temps presse. La Chambre des représentants a déjà annulé les semaines de vote prévues plus tard en septembre, rendant probable un report de l’action finale au-delà des élections de mi-mandat (midterms) de novembre. Toute modification adoptée par le Sénat devra ensuite être approuvée par la Chambre avant d’atteindre le bureau présidentiel.

Les sénateurs républicains Mike Rounds et Thom Tillis ont indiqué que les perspectives s’étaient dégradées en raison du désaccord entre les démocrates et la Maison-Blanche sur les restrictions éthiques visant les intérêts du président Donald Trump et de sa famille. Deux assistants démocrates ont confié à Semafor que leur parti avait peu progressé sur cette disposition. M. Rounds a qualifié l’avenir du texte de « bleak » (morose), tandis que M. Tillis a estimé qu’il échouerait sans un effort supplémentaire de l’exécutif.

Le sénateur républicain Roger Marshall a pour sa part reconnu avoir reçu très peu de retours de ses administrés sur ce dossier, signe que la campagne intensive de lobbying à Washington ne s’est pas encore traduite en pression électorale dans les États.

Le bras de fer sur les stablecoins

La sénatrice Cynthia Lummis, l’une des plus ferventes avocates du secteur au Congrès, a présenté le scrutin comme un choix entre protéger l’innovation américaine en matière d’actifs numériques et laisser la Chine prendre de l’avance dans la finance numérique. Elle a mis en avant les dispositions destinées à protéger les clients en cas de défaillance des plateformes : les intermédiaires couverts devront séparer les actifs des clients et traiter les avoirs éligibles comme des biens appartenant aux clients en cas de faillite, réponse directe aux effondrements de FTX et Celsius.

« Un échec cette année pourrait repousser toute possibilité réelle de législation sur la structure du marché jusqu’en 2030. »

Cynthia Lummis, sénatrice républicaine du Wyoming

De l’autre côté, le sénateur John Curtis (républicain de l’Utah) a résumé la position de nombreux collègues modérés : « I want to support crypto, I like crypto. I also like my banks ». Le sénateur Rounds a ajouté : « They know us », soulignant les liens personnels tissés entre législateurs et représentants du secteur bancaire.

Côté crypto, Kara Calvert, vice-présidente de la politique américaine chez Coinbase, a jugé les craintes de fuite des dépôts infondées : « Deposit flight is a farce, and banks are promoting fear, not facts ». Le sénateur Bernie Moreno (républicain de l’Ohio) s’est dit « extraordinarily confident » que chaque républicain votera la motion de procédure.

Enfin, Kenneth Kelly, président de l’American Bankers Association (ABA), a annoncé que ses membres allaient contacter les sénateurs pendant les vacances d’août pour proposer des modifications ciblées sur les récompenses de stablecoins, se disant « optimiste » sur un texte amélioré en septembre. En guise de levier, MM. Lummis et Moreno ont co-parrainé le Credit Card Competition Act, un texte que les banques combattent depuis des années. M. Moreno n’a pas exclu de lier les deux projets de loi si la pression bancaire se prolonge.


Conclusion : un test pour l’influence crypto

Le vote de clôture du 15 septembre constitue désormais un test décisif pour déterminer si l’influence politique croissante du secteur crypto pourra se traduire en législation concrète. Les scénarios restent ouverts : un compromis sur les récompenses de stablecoins pourrait débloquer les 60 voix nécessaires, tandis qu’un échec repousserait toute avancée structurelle jusqu’en 2030, offrant un avantage compétitif majeur à la finance numérique hors des États-Unis.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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