Donald Trump envisage d’accorder jusqu’à 250 grâces présidentielles pour célébrer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Au moins quatre fondateurs ou développeurs de l’écosystème crypto figurent parmi les candidats pressentis, alors que le processus de clémence soulève des interrogations quant à son intégrité.
🔑 En bref
- Trump prévoit 250 pardons pour le 14 juin ou le 4 juillet 2026
- Sam Bankman-Fried (FTX) a été écarté selon des sources
- Keonne Rodriguez (Samourai Wallet) dispose d’une petition à 16 082 signatures
- Ross Ulbricht, CZ et les fondateurs BitMEX déjà graciés depuis début 2025
- Le processus de grâce fait l’objet de critiques pour son opacité
Un plan de 250 grâces pour un anniversaire symbolique
Le Wall Street Journal et The Atlantic ont rapporté à la mi-juin 2026 que l’administration Trump envisageait d’accorder 250 pardons pour célébrer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Baptisé « 250 pardons for 250 years », ce projet pourrait être annoncé le 14 juin, jour de l’anniversaire de Donald Trump, ou lors des festivités du 4 juillet. Plus de 16 000 demandes de grâce officielles avaient été déposées l’an dernier, selon les données du département de la Justice. Le projet reste toutefois à un stade préliminaire et n’a pas encore été présenté au président, ont indiqué des responsables de la Maison-Blanche.
Alice Johnson, nommée « czar des grâces » en février 2026, et Edward R. Martin Jr., procureur général des grâces du département de la Justice, supervisent l’élaboration de cette liste. Des sondages internes suggèrent qu’une grâce massive pourrait être politiquement avantageuse, mais certains conseillers ont mis en garde contre un revers politique étant donné les faibles taux d’approbation de Trump et le recul du soutien chez les républicains du Congrès.

Les fondateurs crypto en lice pour une grâce
Depuis son retour au pouvoir, Trump a déjà utilisé son droit de grâce de manière massive. Le premier jour de son second mandat, il a signé plus de 1 500 pardons en faveur de personnes impliquées dans l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Plusieurs fondateurs de sociétés de crypto-monnaies et leurs soutiens lobbient désormais pour obtenir une clémence similaire.
Sam Bankman-Fried : l’espoir déçu
Sam Bankman-Fried, fondateur de la plateforme FTX, incarne l’un des cas les plus attendus par la communauté crypto. Condamné en 2024 à vingt-cinq ans de prison pour sept chefs d’accusation liés à l’effondrement de l’exchange, il a mené une campagne active sur les réseaux sociaux pour obtenir une grâce. Cependant, selon des sources proches du dossier citées par Cointelegraph, Trump aurait déjà écarté cette possibilité plus tôt cette année.
Keonne Rodriguez et Samourai Wallet
Keonne Rodriguez, développeur du protocole de mixage crypto Samourai Wallet, a également exprimé l’espérance d’une grâce. En décembre dernier, Trump avait déclaré qu’il examinerait son cas. Une petition en sa faveur recueillait 16 082 signatures au 12 juin 2026, d’après le Wall Street Journal.
Les fondateurs de Tornado Cash
Roman Storm et Roman Semenov, fondateurs du protocole de mixage Tornado Cash, font l’objet de deux pétitions ne comptant que 22 et 9 signatures respectivement. Roman Storm a été condamné en août 2025 pour avoir conspiré pour exploiter une entreprise de transmission d’argent non agréée et fait face à des accusations de blanchiment d’argent et de violation des sanctions. Roman Semenov est considéré comme en fuite et visé par un mandat du FBI. Contrairement à Keonne Rodriguez, Roman Storm n’a jamais demandé publiquement une grâce.
Les grâces déjà accordées dans l’écosystème crypto
Plusieurs acteurs du secteur ont déjà obtenu des grâces au cours de ce second mandat de Trump, établissant un précédent pour les demandes en cours.
| Personne | Platform | Date de grâce | Motif initial |
|---|---|---|---|
| Ross Ulbricht | Silk Road | 20 janvier 2025 | Marché darknet, peine à perpétuité |
| Arthur Hayes, Benjamin Delo, Samuel Reed | BitMEX | 27 mars 2025 | Violations de la Bank Secrecy Act |
| Changpeng Zhao (CZ) | Binance | 2025 | Enfreinte à la loi sur le blanchiment d’argent |
« C’était un cas trop persegué par l’administration Biden. Le président souhaite corriger ce dépassement et exercer son autorité constitutionnelle. »
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche
Ross Ulbricht, créateur du marché darknet Silk Road, a été pardonné le 20 janvier 2025 pour une peine de réclusion à perpétuité. Les co-fondateurs de BitMEX – Arthur Hayes, Benjamin Delo et Samuel Reed – ont été graciés le 27 mars 2025 après avoir plaidé coupables de violations de la Bank Secrecy Act pour ne pas avoir maintenu de programmes de lutte contre le blanchiment d’argent et de connaissance du client. Le fondateur de Binance, Changpeng « CZ » Zhao, a lui aussi été pardonné en 2025, alors qu’il avait déjà purgé une peine de quatre mois d’emprisonnement pour avoir enfreint la loi américaine sur le blanchiment d’argent.
« Je suis profondément reconnaissant pour cette grâce et pour le président Trump qui défend l’engagement américain en faveur de l’équité, de l’innovation et de la justice. »
Changpeng Zhao, fondateur de Binance
Un processus de grâce sous haute surveillance
La décision de gracier CZ a déclenché des réactions contrastsées dans le paysage politique américain. Le co-fondateur de Palantir, Joe Lonsdale, a estimé que le président avait été « terriblement mal conseillé » et que cela « donne l’image d’une fraude massive autour de lui dans ce domaine ». La sénatrice démocratique Elizabeth Warren a qualifiée la grâce de « sorte de corruption ».
« Binance a fermé les yeux sur ses obligations légales pour réaliser des profits. Ses échecs volontaires ont permis à de l’argent de transiter vers des terrorists, des cybercriminels et des abuseurs d’enfants. »
Janet Yellen, ancienne secretary au Trésor
Le processus de grâce a profondément changé sous l’administration Trump. Selon des avocats et des lobbyistes s’exprimant sous anonymat auprès de The Atlantic, le bureau du procureur général des grâces du département de la Justice a été largement contourné par un réseau informel d’intermédiaires.
« En trente ans de pratique juridique, je n’ai jamais rien vu de tel. On peut acheter une grâce pour 2 millions de dollars. »
Un pénaliste de premier plan, sous anonymat
Liz Oyer, ancienne procureure générale des grâces sous Biden et au début du second mandat de Trump, a estimé que « Donald Trump a transformé le processus de grâce en Hunger Games ». La porte-parole Leavitt a répondu que le président « trouve détestable que quiconque tente de profiter des grâces ».
Perspectives et scénarios pour l’annonce finale
Selon les sources proches du dossier citées par The Atlantic, les personnes condamnées par des juges désignés par Barack Obama ou Joe Biden seraient favorisées dans le processus de sélection, tandis que celles condamnées par des juges nommés par Trump pourraient être moins susceptibles de recevoir une grâce. Le département de la Justice a rappelé que « n’importe qui peut demander une grâce et que le président est le décideur ultime ».
L’annonce officielle des 250 grâces pourrait intervenir le 14 juin ou le 4 juillet, si le président donne son aval final. Le bureau de la Maison-Blanche a souligné l’existence d’un « processus d’évaluation rigoureux impliquant le département de la Justice et le bureau du conseiller juridique de la Maison-Blanche » avant que toute grâce ne parvienne sur le bureau du président. Il reste à voir si les fondateurs crypto figurent effectivement sur la liste finale, mais les précédents de 2025 suggèrent que l’administration n’exclut pas de gracier des acteurs majeurs de l’industrie.
Sources
- Cointelegraph – Trump weighs 250 pardons as crypto founders seek clemency
- The Atlantic – Trump’s 250 Pardons for America’s 250th Birthday
- U.S. Department of Justice – Clemency Grants under President Donald J. Trump
- White House – Presidential Actions
Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

