Le 9 février 2026 marque une date historique pour l’écosystème Ethereum : MegaETH déploie officiellement son mainnet public, introduisant une nouvelle génération de Layer 2 axée sur la performance temps réel. Après un stress test impressionnant ayant traité 10,7 milliards de transactions en une semaine, ce nouveau réseau promet de redéfinir les standards de vitesse et d’expérience utilisateur dans l’univers blockchain.
Un stress test historique qui repousse les limites
La phase de test intensive menée fin janvier 2026 a permis de valider les capacités exceptionnelles du réseau sous charge maximale. Pendant sept jours consécutifs, MegaETH a maintenu des vitesses soutenues de 35 000 transactions par seconde (TPS), traitant un volume supérieur à l’ensemble des transactions Ethereum depuis 2015.
Trois jeux Web3 ont participé au test en conditions réelles : Smasher, Crossy Fluffle et Stomp.gg. Simon Dedic, fondateur de Moonrock Capital et testeur sélectionné, a rapporté une absence totale de congestion ou de dégradation de l’expérience utilisateur. Le co-fondateur et CTO Lei Yang a confirmé la date de lancement du mainnet suite aux résultats concluants.

Architecture technique : la clé de la performance extrême
MegaETH se distingue radicalement des Layer 2 classiques comme Arbitrum, Optimism ou Base. Là où la plupart des rollups traitent les transactions séquentiellement avec des intervalles de blocs de 1 à 2 secondes, MegaETH vise des temps de bloc de 10 millisecondes, avec l’ambition d’atteindre 1 milliseconde à terme.
L’innovation centrale repose sur un système de nœuds hétérogènes qui répartit les tâches entre trois types spécialisés :
- Séquenceurs : nœuds haute performance qui ordonnent et exécutent les transactions en temps réel
- Nœuds complets : responsables de la synchronisation d’état sans ré-exécuter chaque transaction
- Prouveurs : vérifient les blocs dans le désordre via un mécanisme de rollup hybride
Ce modèle d’exécution parallèle et de consensus asynchrone permet de traiter des dizaines de milliers de transactions simultanément, offrant une finalité sub-seconde. Le réseau utilise également le calcul en mémoire (in-memory computation) pour éliminer les goulots d’étranglement liés au stockage sur disque.
Le « Streaming EVM » de MegaETH permet un traitement continu des transactions, supprimant essentiellement la limite de gas par bloc qui ralentit les autres chaînes.
Comparaison avec les Layer 2 existants
| Caractéristique | MegaETH | Arbitrum | Optimism | Base |
|---|---|---|---|---|
| TPS théorique | 100 000+ | ~4 000 | ~2 000 | ~2 000 |
| Temps de bloc | 10 ms | 0,25 s | 2 s | 2 s |
| Technologie | Rollup hybride + parallèle | Optimistic Rollup | Optimistic Rollup | Optimistic Rollup |
| Compatibilité EVM | Complète | Complète | Complète | Complète |
La différence majeure réside dans l’approche architecturale. Alors que les rollups optimistes traditionnels misent sur le batching et la compression, MegaETH combine parallélisme et asynchronicité pour offrir une expérience utilisateur comparable aux applications Web2.
Le token $MEGA et le modèle économique innovant
Le jeton natif $MEGA joue un rôle central dans l’écosystème avec une supply totale plafonnée à 10 milliards de tokens. Le projet a levé 450 millions de dollars lors d’une vente de tokens sursouscrite en octobre 2025, proposant environ 5% de l’offre totale.
Le modèle économique se distingue par un système de récompenses basé sur des KPI :
- 53,3% de la supply est allouée aux incitations de staking, débloquée uniquement lorsque des indicateurs de performance réseau sont atteints (TVL, TPS, décentralisation)
- L’équipe et les conseillers sont soumis à un cliff d’un an suivi d’un vesting linéaire de 3 ans
- Le token sert au staking des séquenceurs, à la gouvernance et à l’accès prioritaire pour les traders haute fréquence
La MegaETH Foundation a annoncé le 5 février 2026 qu’elle allouerait les revenus générés par le stablecoin USDm à des rachats systématiques de tokens MEGA, créant un mécanisme de demande intégré.
USDm : le stablecoin qui révolutionne les frais
En partenariat avec Ethena, MegaETH a lancé USDm, un stablecoin natif adossé initialement au fonds tokenisé de bons du Trésor américain de BlackRock (BUIDL) via Securitize. L’innovation clé : les rendements des réserves financent directement les coûts du séquenceur, permettant de tarifer le gas au prix coûtant.
Ce modèle inverse la logique traditionnelle des Layer 2, où le réseau profite quand les utilisateurs paient plus. Avec USDm, les frais de transaction tendent vers zéro pour les utilisateurs et les développeurs.
Écosystème et applications au lancement
Plusieurs projets sont prêts pour le jour du lancement :
- Teko : protocole de prêt en temps réel
- GTE : plateforme d’échange décentralisée (10,94 millions de dollars levés)
- XL Memecom : plateforme de création de memecoins
- Autonomous World Engine : moteur de jeux blockchain
- Smasher, Crossy Fluffle, Stomp.gg : jeux Web3 déjà testés sur le réseau
D’autres projets sont en liste d’attente, dont Noise, Valhalla Perps et Euphoria Finance.
Soutiens institutionnels de premier plan
MegaETH bénéficie d’un soutien institutionnel exceptionnel. Le projet est financé par les cofondateurs d’Ethereum, Vitalik Buterin et Joe Lubin, ainsi que par des fonds de capital-risque majeurs comme Dragonfly Capital, Figment Capital et Big Brain Holdings. MegaLabs, la société de développement, avait initialement levé 20 millions de dollars dans un tour de seed en 2024.
En juillet 2025, MegaETH a été ajouté à la liste des « actifs en considération » de Grayscale, signalant un intérêt institutionnel croissant.
Les défis à surveiller
Malgré l’enthousiasme, plusieurs questions restent ouvertes. Les performances en conditions réelles pourraient différer des résultats de test. L’exemple de Solana est parlant : avec un maximum théorique de 65 000 TPS, la blockchain traite en réalité environ 3 400 TPS en conditions normales.
Le projet a également connu des turbulences en novembre 2025, lorsqu’une vente de pré-dépôt de 500 millions de dollars a dû être annulée en raison de problèmes techniques, obligeant l’équipe à rembourser l’intégralité des fonds.
Enfin, la décentralisation reste un chantier en cours. Le réseau privilégie actuellement la performance avant d’élargir progressivement la participation des validateurs.
Un tournant pour l’écosystème Ethereum
Le lancement de MegaETH représente un moment charnière pour l’écosystème Ethereum. Si le réseau parvient à maintenir ne serait-ce que 50% de sa capacité testée, il sera le Layer 2 EVM le plus rapide en production. En résolvant le problème de la latence, il ouvre la porte à des catégories d’applications jusqu’ici impossibles on-chain : trading haute fréquence décentralisé, jeux compétitifs en temps réel, agents IA autonomes et applications sociales interactives.
Dans un marché Layer 2 déjà très concurrentiel avec l’arrivée prochaine de Monad et Berachain, MegaETH parie sur la vitesse brute et l’expérience utilisateur comme facteurs de différenciation ultime. La journée du 9 février dira si cette promesse résiste à l’épreuve du réel.


