Kulipa cesse ses activités : 120 000 cartes stablecoins hors service

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Kulipa, l’émetteur parisien de cartes adossées aux stablecoins, a brutalement interrompu ses opérations, laissant plus de 120 000 cartes inutilisables et une vingtaine de partenaires fintech dans l’incertitude la plus totale. Cette défaillance éclair, survenue quatre mois à peine après une levée de fonds de 6,2 millions de dollars, relance le débat sur la viabilité des infrastructures crypto de taille intermédiaire.

🔑 En bref

  • Plus de 120 000 cartes stablecoins rendues inutilisables après l’arrêt brutal de Kulipa
  • Une vingtaine de partenaires fintech et wallets crypto affectés, dont Solflare et Ready (ex-Argent)
  • 6,2 M$ levés en avril 2026, soit 9,2 M$ au total, entièrement consommés en quatre mois
  • Kulipa affirme être en cours de rachat, et non en cessation de paiement
  • Le modèle d’auto-custody a permis de préserver les fonds des utilisateurs

Un arrêt brutal qui prend l’écosystème de court

L’annonce est tombée sans le moindre préavis. Solflare, le portefeuille Solana, a été l’un des premiers à communiquer sur la cessation d’activité de son partenaire Kulipa, qui éditait la Solflare Card. Le wallet a indiqué que l’émetteur avait stoppé ses opérations en raison de problèmes de solvabilité et n’était plus en mesure d’assurer le fonctionnement du programme de cartes.

Dans la foulée, le wallet Ready, anciennement connu sous le nom d’Argent, a confirmé la même situation. Ses équipes ont précisé que leur émetteur mettait fin à ses activités et qu’elles n’avaient reçu aucun préavis. Au total, environ 20 wallets et fintechs seraient affectés par cette interruption, dont 18 sociétés qui n’ont pas encore communiqué publiquement.

« Notre émetteur de cartes met fin à ses activités et n’est donc plus en mesure d’assurer le fonctionnement du programme de cartes. Nous n’avons reçu aucun préavis. Si vous comptiez utiliser votre carte aujourd’hui, vous l’avez probablement appris à peu près en même temps que nous. »

Équipe Ready (ex-Argent)

Une levée de fonds record consumée en quatre mois

Le timing rend la situation particulièrement troublante. En avril 2026, Kulipa avait annoncé une levée de 6,2 millions de dollars lors d’un tour de table co-dirigé par Flourish Ventures et 1kx, avec la participation de White Star Capital et Fabric Ventures. L’opération portait le total des capitaux collectés par la jeune pousse à 9,2 millions de dollars et devait financer l’expansion internationale de son service de cartes en marque blanche (whitelabel).

Quatre mois plus tard, la majorité de ces fonds avaient disparu. Le rythme de consumption interroge, d’autant que Kulipa n’opérait pas un modèle grand public : la société fournissait aux plateformes fintech une infrastructure B2B (business-to-business) d’émission de cartes adossées aux stablecoins, sans détenir elle-même les fonds des utilisateurs.

InvestisseurRôleDateMontant
Flourish VenturesCo-leadAvril 20266,2 M$ (avec 1kx)
1kxCo-leadAvril 20266,2 M$ (avec Flourish)
White Star CapitalParticipantAvril 2026
Fabric VenturesParticipantAvril 2026
Total tour6,2 M$
Total cumulé9,2 M$

Rachat ou cessation de paiement : la zone grise

Contactée par Cryptoast, la société Kulipa a livré une version sensiblement différente de celle communiquée par ses partenaires. Selon la direction, il ne s’agirait pas d’une cessation de paiement mais d’une procédure de rachat en cours, qui sera annoncée une fois finalisée.

« Nous ne sommes pas en cessation de paiement, mais en cours de rachat. Ce dernier sera annoncé une fois finalisé. Malheureusement nous n’avons pas pu éviter l’interruption de service par notre partenaire bancaire. Mais on est en train de voir comment le rétablir au plus vite, dans le nouveau contexte. »

Kulipa, direction

En clair, le blocage actuel serait la conséquence d’une procédure de migration vers un nouvel acquéreur qui n’a pas abouti assez vite pour éviter l’interruption du service bancaire sous-jacent. Interrogé sur le délai de rétablissement, un responsable a répondu, laconique : « C’est très difficile à dire. »

Un marché sous pression concurrentielle

Au-delà du cas Kulipa, c’est tout un segment de marché qui se trouve sous tension. Sur les douze derniers mois, le marché des cartes crypto a connu une intensification considérable avec l’arrivée d’acteurs d’envergure. Visa a lancé sa propre plateforme stablecoin, court-circuitant les émetteurs tiers. MoneyGram a déployé le MGUSD sur le réseau Stellar, ajoutant une pression supplémentaire à l’intersection des stablecoins et des rails de paiement traditionnels.

Le couperet MiCA

Kulipa opérait en tant que prestataire de services sur actifs numériques (PSAN). La période transitoire vers le statut de CASP (Crypto-Asset Service Provider) imposé par le règlement européen MiCA devait s’achever le 1er juillet 2026 pour les acteurs français. Un délai que la start-up n’a visiblement pas réussi à atteindre, ce qui aurait pourtant facilité une cession ou un partenariat avec un acteur déjà agréé.

Le fondateur et PDG Axel Cateland avait pourtant résumé la thèse d’investissement de manière limpide lors de la levée de fonds : « Les stablecoins ont démontré leur utilité comme couche de règlement, mais leur utilisation dans les produits financiers courants n’en est qu’à ses débuts. »

Les utilisateurs épargnés, les partenaires en difficulté

Du côté des détenteurs de cartes, le modèle d’auto-garde (self-custody) déployé par Kulipa a joué son rôle de protection. Les stablecoins n’étaient prélevés qu’au moment de la transaction effective et aucun solde n’était conservé sur la plateforme. Les actifs restent donc accessibles dans les wallets des utilisateurs, même si les cartes physiques ou virtuelles sont désormais inutilisables.

Pour les partenaires en revanche, la situation est plus délicate. Solflare et Ready doivent désormais trouver un nouvel émetteur ou suspendre leurs programmes. Pour les 18 autres sociétés impactées, dont la plupart n’ont pas encore communiqué, la transition vers une infrastructure alternative s’annonce complexe, tant les partenariats bancaires dans le secteur des stablecoins restent difficiles à nouer.


Conclusion : la consolidation du secteur s’accélère

La disparition brutale de Kulipa illustre la difficulté, pour les acteurs de taille moyenne, à subsister entre les giants bancaires qui déploient désormais leurs propres solutions stablecoin et les fintechs bien capitalisées qui intègrent la pile de bout en bout. La fenêtre de tir pour les pure players B2B du segment se referme, et la consolidation semble inévitable.

À court terme, deux scénarios se dessinent. Soit un repreneur finalise effectivement l’acquisition et relance le service dans les semaines à venir, soit les clients de Kulipa basculent vers des concurrents comme Wirex, Gnosis Pay ou les nouvelles offres Visa et MoneyGram. Dans tous les cas, l’épisode rappelle que l’infrastructure des paiements crypto reste un métier de cash, de conformité et de partenaires bancaires — trois maillons où le diable se cache dans les détails.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

Telemac
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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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