Le 29 janvier 2026 marque un tournant dans les marchés financiers mondiaux. Alors que Bitcoin enregistre son plus bas niveau annuel entre 85 000 et 88 000 dollars, l’or franchit des sommets historiques au-delà de 5 500 dollars l’once, et Microsoft provoque une chute de 2% du Nasdaq malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Cette confluence d’événements signale la fin de la phase « tout monte » et redessine le paysage macro pour le reste de l’année.
Bitcoin teste un nouveau plus bas annuel
Les données agrégées confirment que Bitcoin évolue dans une fourchette de 87 400 à 89 200 dollars le 29 janvier, avec une clôture autour de 87 500 dollars. Selon les communications officielles de Binance, le prix s’établit à environ 88 000 dollars à 11h UTC, marquant une baisse de 1,5% sur 24 heures. Le compte officiel Bitcoin sur X mentionne un prix intraday de 87 884 dollars à 13h43 UTC.

Ce mouvement ne constitue pas un crash isolé, mais plutôt une phase de respiration dans un marché haussier structurel. Après avoir atteint un sommet au-dessus de 95 000 dollars début janvier, Bitcoin subit une distribution progressive amplifiée par le contexte macroéconomique : volatilité des taux réels, tensions géopolitiques et rotation massive vers l’or.
L’or : un rallye quasi parabolique
L’autre protagoniste majeur de cette journée est l’or, qui affiche des performances spectaculaires. Les données de Trading Economics montrent un prix de 5 507 dollars l’once le 29 janvier 2026, en hausse de 1,6% sur 24 heures, après avoir atteint un plus haut historique proche de 5 608 dollars plus tôt dans le mois.
Les chiffres sont impressionnants : l’or gagne près de 97% sur un an et plus de 25% sur un mois seulement. Fortune rappelle qu’à 5 520 dollars l’once, le métal précieux a plus que doublé en l’espace d’une année. Reuters qualifie ce mouvement de « record-setting rally » alimenté par les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques croissantes.
Ce « debasement trade » – la fuite hors des monnaies fiduciaires et des obligations au profit d’actifs tangibles – explique en grande partie l’envolée spectaculaire de l’or. Les investisseurs qui avaient acheté l’or comme protection contre l’inflation et l’instabilité géopolitique commencent désormais à sécuriser une partie de leurs gains, créant une volatilité accrue sur l’ensemble des actifs.
Microsoft fait vaciller la tech américaine
Le troisième pilier de cette journée turbulente concerne Microsoft et son impact sur le Nasdaq. Malgré des résultats objectivement solides pour le T2 fiscal 2026 – 81,27 milliards de dollars de revenus et un BPA de 4,14 dollars, supérieurs aux attentes – l’action perd environ 6% à Francfort et plus de 5% à l’ouverture de Wall Street.
Trois facteurs expliquent cette réaction négative du marché :
- Ralentissement d’Azure : La guidance timide autour de 37-38% de croissance déçoit alors que le marché espérait davantage
- Explosion des dépenses IA : Un capex record de 37,5 milliards de dollars ce trimestre pèse sur les marges et suscite des interrogations sur le timing du retour sur investissement
- Narratif « l’IA coûte plus qu’elle ne rapporte » : Ce discours génère un mouvement de désengagement global sur les big tech, entraînant une baisse du Nasdaq d’environ 2%
Les marchés deviennent hypersensibles à la moindre nuance dans les perspectives de croissance du cloud et aux dépenses massives liées à l’intelligence artificielle. Cette nervosité se répercute directement sur les actifs à bêta élevé, dont Bitcoin fait partie.
Un nouveau régime macro se dessine
Le 29 janvier 2026 illustre parfaitement le nouveau régime de marché qui s’installe. Bitcoin n’évolue plus en isolation mais est désormais pris dans une matrice macroéconomique complexe. Ses mouvements sont synchronisés avec les taux réels, les flux vers l’or et l’appétit pour les valeurs technologiques.
L’or, avec un doublement de son prix sur un an, redevient un concurrent sérieux pour le narratif de « réserve de valeur » longtemps revendiqué par Bitcoin. Le « digital gold » doit maintenant coexister avec un « real gold » redevenu extrêmement performant dans un contexte de tensions géopolitiques et de défiance vis-à-vis des dettes souveraines.
Du côté de l’IA, l’enthousiasme des années 2023-2025 laisse place à une phase de digestion. Les investisseurs réalisent qu’il faudra financer des investissements colossaux avant de voir un retour sur capital tangible. Le marché sanctionne ce décalage temporel, augmentant la volatilité des indices et, par effet de contagion, celle des cryptomonnaies.
Perspectives pour les investisseurs crypto
Pour naviguer dans ce nouvel environnement, les investisseurs crypto doivent désormais intégrer plusieurs dimensions dans leur analyse :
- Surveillance de l’or et des taux réels : Ces indicateurs sont devenus indissociables de toute analyse de cycle Bitcoin
- Suivi des résultats des big tech : Les earnings des géants technologiques servent d’indicateurs avancés de l’appétit pour le risque
- Corrélation dynamique : Bitcoin se situe entre deux mondes – actif risqué mais porteur d’un narratif monétaire proche de l’or
Plusieurs scénarios se profilent pour les semaines à venir. Un rebond de Bitcoin reste possible si les marchés digèrent les investissements IA et si l’or consolide calmement. À l’inverse, une poursuite de la correction pourrait survenir si l’or poursuit sa phase de prise de bénéfices violente et si les valeurs technologiques restent sous pression.
Cette journée du 29 janvier 2026 n’est pas un simple accident de marché. Elle exprime l’émergence d’un nouveau régime où la corrélation entre cryptomonnaies, or et big tech devient un élément central du jeu d’investissement. Pour les investisseurs avisés, il s’agit moins d’une crise que d’une opportunité de repositionnement stratégique dans un paysage financier en pleine recomposition.


