World Liberty (Trump) obtient une charte fiduciaire pour l’USD1

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L’OCC a accordé une approbation conditionnelle préliminaire à World Liberty Trust Company, permettant à l’entreprise liée à la famille Trump de gérer directement l’émission et la garde du stablecoin USD1. Cette décision marque un tournant dans l’intégration des stablecoins au système bancaire régulé.

🔑 En bref

  • Approbation conditionnelle préliminaire le 14 août 2026
  • Capital minimum requis : 20 millions de dollars
  • Conformité au GENIUS Act exigée sous 18 mois
  • Zachary Witkoff nommé président de la fiduciaire

L’OCC ouvre la porte aux stablecoins sous charte fiduciaire

Le Bureau du contrôleur de la monnaie américain (OCC) a annoncé, le 14 août 2026, l’approbation conditionnelle préliminaire de World Liberty Trust Company, National Association. La nouvelle institution, basée à Bay Harbor Islands en Floride, pourra émettre et racheter l’USD1, le stablecoin adossé au dollar émis par World Liberty Financial. Elle reprendra ce rôle actuellement dévolu à BitGo, l’émetteur et dépositaire exclusif actuel.

La banque fiduciaire offrira également des services de garde d’actifs numériques (conservation de crypto-actifs pour le compte de tiers) et permettra aux détenteurs de stablecoins approuvés de convertir leurs avoirs en USD1. En tant que banque fiduciaire nationale (national trust bank), elle ne collectera pas de dépôts, ne sera pas assurée par la FDIC et ne disposera pas d’un compte maître à la Réserve fédérale pour le moment.

« Notre ambition est claire : construire le dollar numérique le plus fiable et le plus utilisé au monde tout en renforçant le rôle du dollar américain dans l’économie mondiale. »

Zach Witkoff, cofondateur de World Liberty Financial

Conditions de l’approbation et gouvernance

L’approbation est assortie d’exigences strictes. World Liberty Trust Company devra disposer d’un capital minimum de 20 millions de dollars, se conformer pleinement au GENIUS Act — la loi fédérale sur les stablecoins promulguée en 2025 — et recruter un responsable de l’audit interne qualifié. L’établissement dispose de 18 mois pour ouvrir ses portes.

La gouvernance reflète l’imbrication entre la famille Trump et l’écosystème World Liberty :

MembreFonction
Zachary WitkoffCofondateur de WLF, président
Robert WitkoffAncien cadre d’assurance, administrateur
Scott AlperPrésident de Witkoff Group, administrateur
Eric TrumpEngagement de passivité signé

Zachary Witkoff est également le fils de Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président Trump au Moyen-Orient, une proximité qui alimente les critiques sur les conflits d’intérêts potentiels.

Critiques politiques et batailles réglementaires

Le processus d’approbation n’a pas manqué de soulever des objections. L’OCC a indiqué avoir reçu des commentaires pointant des conflits d’intérêts potentiels impliquant le président, sa famille, les Witkoff et des investisseurs émiratis dans World Liberty, ainsi que des questions relatives à la Foreign Emoluments Clause (clause constitutionnelle interdisant aux hauts fonctionnaires d’accepter des émoluments d’États étrangers sans autorisation du Congrès).

Le régulateur a largement écarté ces préoccupations, estimant qu’elles dépassent son champ de compétence et que World Liberty Financial elle-même n’est pas partie à la demande. En réponse, le contrôleur de la monnaie Jonathan Gould, nommé par Trump, a déclaré que l’agence agirait sans considération politique.

« Ces institutions veulent échapper aux sauvegardes et obligations fondamentales qui accompagnent le statut de banque. »

Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts

Avec les sénateurs Angela Alsobrooks et Ruben Gallego, Elizabeth Warren prévoit de présenter l’Ending Presidential Corruption in Banking Act, un texte visant à empêcher les hauts responsables de posséder ou de contrôler une banque. Les négociations sur le Digital Asset Market Clarity Act restent par ailleurs au point mort au Sénat, les démocrates exigeant une disposition éthique obligeant le président à se séparer de ses activités crypto.

La National Community Reinvestment Coalition (NCRC), qui regroupe plus de 700 organisations communautaires, s’est également opposée à la demande. Elle juge que l’OCC n’a pas l’autorité légale d’émettre des chartes fiduciaires nationales à des entreprises de crypto et de stablecoins, arguant que cela dépasse les pouvoirs conférés par le National Bank Act et ouvrirait la voie à un arbitrage réglementaire.

USD1, un stablecoin au cœur d’un empire financier

Lancé en mars 2025, l’USD1 occupe désormais la quatrième place parmi les plus grands stablecoins par capitalisation boursière, avec environ 4 milliards de dollars en circulation. Reuters a estimé que la famille Trump a généré quelque 50 millions de dollars de revenus via ce stablecoin jusqu’à fin juin 2026. Au total, World Liberty Financial aurait transféré plus de 1,6 milliard de dollars au président américain et à sa famille depuis avril.

Plusieurs partenariats stratégiques ont consolidé la position de l’USD1 :

  • En mai 2025, MGX, une entreprise soutenue par le gouvernement d’Abu Dhabi dirigée par Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, a annoncé utiliser 2 milliards de dollars d’USD1 pour financer un accord avec la bourse Binance.
  • Une entité liée à la famille royale d’Abu Dhabi aurait ensuite acquis 49 % de World Liberty Financial pour 500 millions de dollars, quelques jours avant l’investiture de janvier 2026, une transaction non divulguée au public par World Liberty.
  • L’administration Trump a ensuite approuvé un plan permettant à l’une des entités de Tahnoun de recevoir des centaines de milliers de puces IA avancées, malgré les préoccupations de sécurité nationale.

L’approbation de World Liberty s’inscrit dans une vague plus large de chartes fiduciaires nationales accordées par l’OCC à des acteurs crypto, incluant Circle, Ripple, Paxos, Fidelity et BitGo, signe d’une normalisation progressive de l’intégration des actifs numériques au système bancaire régulé.


Conclusion

L’approbation conditionnelle de World Liberty Trust Company constitue une étape structurante pour l’écosystème des stablecoins adossés au dollar. Elle ouvre la voie à un modèle d’émission directement intégré au cadre bancaire fédéral, sous réserve de respect du GENIUS Act et des engagements de capital. Toutefois, les conflits d’intérêts potentiels et la bataille législative autour du Clarity Act pourraient freiner l’élan de l’administration Trump et déclencher de nouvelles auditions au Congrès.

À court terme, l’USD1 pourrait consolider sa part de marché et bénéficier d’un signal de crédibilité réglementaire. À moyen terme, son sort dépendra largement de l’évolution politique à Washington et de la capacité des régulateurs à trancher les questions de gouvernance éthique qui entourent cette approbation historique.

Sources

Cet article est publié à titre informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision.

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Passionné de nouvelles technologies, j’explore l’univers de la blockchain et des cryptomonnaies pour partager l’actualité et les innovations du secteur.

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